CHRONIQUE PAR ...

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Sebrouxx
le 20 décembre 2010




SETLIST

Intro


There’s Blood Offshore


The Man You're Not


The Nightfall and All Its Mistakes


Black Smokers (752 Farenheit)


The Fall of Men


It's All About Time


Degree Zero


Waves of Doom


Livin' Dead


I Sea Red





Rappel:





Maniak


The Things Within


The White Guy (Suicide)

AFFILIÉ

Dagoba
Hellfest (Clisson)
(21 juin 2014)
Paris - Bataclan
(12 février 2014)
Paris - Nouveau Casino
(04 28 2006)
Paris - Trabendo
(12 septembre 2008)
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2009)

20 décembre 2010 - Paris - La Maroquinerie


Dagoba_Paris_-_La_Maroquinerie_20101220

Ma claque des comparaisons dans ce pays. Et untel joue mieux qu’untel. Et untel, bein, c’était mieux avaaaaant. Non pas que l’angélisme et l’amour inconditionnel doivent régner en maître, mais pourquoi se déplacer un samedi soir, bien frisquet de surcroît, et tenter de comparer Dagoba - les visiteurs du jour - avec d’autres formations (Gojira entre autres pour ne pas la citer) qui n’évoluent pas dans le même registre tant musical que scénique. Dagoba a d’autres chats à fouetter et d’autres scènes à martyriser lors de cette Death Crusade / Poseidon Tour, et s’impose non plus comme une simple pointure du Metal hexagonal mais comme une figure majeure du Metal tout court. Alors, still cruisin’ !

Les Marseillais de Dagoba vont dévaliser ce soir la Maroquinerie mais une chose est sûre : ils ont laissé le soleil et la chaleur aux phocéens. L’attente se fait relativement pressante à l’heure indiquée sur le billet, mais les allers-retours de quelques courageux à la supérette du coin ont vite permis de réchauffer quelques gosiers et estomacs anesthésiés par le froid. Serait-ce aussi une manière d’évacuer la déception de l’absence de Mnemic, originellement prévu en ouverture ? Nul n’ira jusque-là, mais cette annulation - connue néanmoins depuis quelques jours - envahit bon nombre de conversations à l’entrée. Les portes s’ouvrent enfin et comme d’un seul homme, ou plutôt d’un seul spartiate, le public s’engouffre dans la salle hurlant le « Wa-houuu » extrait du film 300. Bon goût, quand tu nous tiens… Certes dans la salle, nulle trace de Leonidas et de ses hommes taillés dans le marbre, mais quelques clones tous vêtus de noir, coutumiers du Gymnase Club ou de la salle de sports installée chez papa/maman. Le gros du public s’avère en effet assez jeune, plutôt jovial avec son tee-shirt de circonstance, parce que ce soir, c’est le grand soir.
Quand ce n’est pas le premier soir (de concert, sans accompagnant plus âgé) d’ailleurs. Référence faite à deux compagnons de premier rang, éblouis par tant de matos sur scène, tant de lights perchées et désireux d’enfin vivre un circle pit autrement que via YouTube. Ils ont bien choisi leur soir, remarquez, parce que leur vocabulaire s’est aussi enrichi des termes moshing, Crowd surfing, Wall of death et autres réjouissances à forte dépense calorique. En voilà au moins deux qui sont sortis contents ! Quant aux autres ? Même tarif, pardi. Dagoba, c’est une évidence, et pour reprendre les termes de l’ami Gazus présent lors de précédentes dates du groupe, « ça beute sur scène. » Vers l’infini et au-delà. Ca beute d’autant plus que, vite remplie, la Maroquinerie s’impose comme une salle de plus en plus exigeante et qui offre un confort d’écoute extrêmement appréciable (vivement Mass Hysteria en avril prochain soit dit en passant !) Alors imaginez donc : des Marseillais, en déplacement à Paris, qui jouent en terrain conquis, à la limite du « à domicile », ça force le respect. Certes, leur tournée promo de Poseidon (chronique ici) a débuté il y a deux mois et le show est bien rôdé, pour ne pas dire pompeusement carré. Mais une cohésion non-simulée semble être le point fort du groupe scéniquement et en découle une énergie que bien des formations supposées plus confirmées peuvent leur envier (deuxième couche, deux).
L’envie de bien-faire est aussi une constante sur cette tournée, à en croire mes quelques collègues présents aux dates bordelaise et toulousaine. La parisienne ne dérogera pas à la règle. Tout est réglé comme du papier millimétré, à l’image de du jeu de batterie de Franky qui sera le premier à entrer sur scène pendant l’intro pour haranguer du Parigots en ébullition et clamant, je cite, que « ce soir on vous met le feu ». Alors double-pédale et fire ! Shawter (chant), Izakar (guitare) et Werther (basse, et le mec fait honneur à l’instrument) déboulent ensuite pour asséner le parfait opener que constitue “There’s Blood Offshore”, forcément extrait de leur quatrième et dernier album. Et forcément, sans surprise au regard des dates précédentes, la setlist va principalement reposer sur Poseidon… tout en opérant quelques va-et-vient sur What Hell Is About. Mon tout, là encore, offre une cohésion sonore des plus aboutie, Shawter poussant sa voix comme il le faut quelque soit le titre (saluons au passage sa bonne performance sur l’efficace “Wave of Doom”). Les collègues sont à l’avenant, entre un Werther qui ne tient pas en place plus de deux mesures et un Izakar dont le mur de son pouvait difficilement être plus conséquent (“Black Smokers” et surtout “ The Nightfall and All Its Mistakes”). Ce dernier morceau d’ailleurs fait sacrément plaisir à (ré) entendre puisque seul rescapé de l’album Face The Colossus, dont feront méchamment défaut le titre éponyme (une bonne beigne et bon souvenir de la précédente tournée) ou encore “Sudden Death.” Soit un menu détail. Alors, messieurs, faites aussi bien au Whisky A Go Go de Los Angeles, le 5 janvier. Ce n’est pas offert à tout le monde…


Pour l’heure, « Ici, c’est Paris », rappelle Shawter. Mais à Paris comme sûrement ailleurs, quelques parents, fébriles, attendent leur progéniture à la sortie et poussent un ouf de soulagement, une fois leur chérubin extirpé des décombres. Mon « biquet » (transpirant) a l’air d’avoir passé une excellente soirée, les habitués plus âgés aussi…


Crédit Photos: Sebrouxx
(Galerie Photos ici)


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