CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 30 janvier 2011




SETLIST

Teutonic Terror
Bucket Full of Hate
Starlight
Love Child
Breaker
New World Comin'
Restless and Wild
Son of a Bitch
Demon's Night
Metal Heart
Neon Nights
Bulletproof
Losers and Winners
Aiming High
Princess of the Dawn
Up to the Limit
No Shelter
Burning

Rappels :

Fast as a Shark
Pandemic
Balls to the Wall



AFFILIÉ

Accept
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PPM Fest
(07 avril 2012)
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18 janvier 2011 - Paris - Elysée Montmartre


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Mai 2011 : les retrouvailles entre Accept et Paris sont annulées au dernier moment, officiellement pour cause d'un virus contracté par plusieurs membres du groupe, dont le nouveau chanteur Mark Tornillo. Officieusement, plusieurs rumeurs contradictoires circulent : certains prétendent que le groupe a préféré privilégier son concert prévu le lendemain à Hanovre en première partie d'AC/DC, d'autres avancent un problème de préventes décevantes. Difficile à croire aujourd'hui au vu d'une Élysée Montmartre très bien garnie par un public qui semble n'avoir pas tenu rigueur au groupe de ce rendez-vous manqué. A moins que ce ne soit l'effet Blood Of The Nations, sorti entre temps et qui a balayé tous les doutes sur le niveau actuel d'Accept en dépit de l'absence d'Udo…

Avant la grand-messe, il faut prendre son mal en patience avec Steelwing. Ce groupe suédois est en passe de devenir un habitué des lieux puisqu'il s'y était déjà produit en ouverture de Blind Guardian en septembre dernier. Foncièrement, je n'ai rien contre la vague de heavy revival qui voit de jeunes groupes jouer une musique tout droit sortie des années 80 ; cela nous a même permis d'assister à la naissance de formations plutôt sympa comme Enforcer ou Crystal Viper. Mais il y a une différence entre jouer une musique du passé et tenter de revivre par procuration une époque que l'on n'a même pas connue. Pour se pointer sur scène en 2011 en spandex pour le chanteur et avec la panoplie complète de la tenue de scène d'Adrian Smith pour le guitariste, il ne faut quand même ne pas avoir peur du ridicule. Ce handicap sérieux en terme de crédibilité s'avère beaucoup trop lourd à surmonter pour Steelwing, dont la musique ne casse pas trois pattes à un canard. La moitié des titres semblent sortir des premiers Maiden, que ce soit dans l'utilisation des guitares ou les tics à la Clive Burr dans le jeu du batteur. L'autre moitié n'est guère plus convaincante, et il faut supporter en plus les difficultés récurrentes dans les aigus d'un chanteur visiblement pas dans un grand soir. Bref, pour le moment, on a beaucoup de mal à imaginer comment Steelwing pourrait devenir autre chose qu'un éternel groupe de première partie…

Il est 20h15 lorsque Accept prend possession de la scène, pour le plus grand plaisir d'une salle qui sait qu'elle va donc assister, compte tenu de l'habituel couvre-feu qui régit les lieux, à un show de 2 bonnes heures. Au passage, on remarquera que malgré la très grande qualité de Blood Of The Nations, Accept n'a pas vraiment réussi à renouveler son public, qui affiche une moyenne d'âge assez élevée (même si on est loin de celle du public de Saxon, me souffle un connaisseur éclairé). Votre serviteur a beau voir la trentaine approcher désormais à très grands pas, il a quand même eu l'impression de faire partie des jeunots ce soir. Remarquez, c'est tout de même rafraîchissant de constater qu'avoir la cinquantaine bien tassée n'empêche pas de ressortir le perfecto à l'occasion pour prendre un bon shoot de heavy. Mieux encore : les gars d'Accept nous prouvent qu'on peut avoir la cinquantaine et embraser une salle de concert avec maestria. Wolf Hoffmann semble aussi affûté qu'à la grande époque et ne cesse de faire le con avec les premiers rangs ; malgré un peu d'embonpoint, Baltes n'est lui non plus pas trop marqué par les années et tient lui aussi une forme des plus enviables à son âge ; en fait, le temps ne semble avoir eu de prise que sur Herman Frank, dont le visage buriné trahit quelques excès, ce qui lui donne des allures de baroudeur (et son bonnet… un petit air de ressemblance avec le leader de Soldat Louis !).

Une chose est sûre, les Allemands sont vraiment confiants dans le potentiel de Blood Of The Nations. Ils n'hésitent pas à en interpréter cinq extraits, dont les deux premiers morceaux du show. On ne peut que leur donner raison d'ailleurs : "Teutonic Terror" est parfaite pour lancer les hostilités, "New World Comin'" dispose d'un refrain redoutable en live et "Pandemic" ne fait absolument pas tache en rappel, même coincé entre deux des titres les plus emblématiques d'Accept. Un peu plus inattendue, "Bucketful of Hate" a su parfaitement trouver sa place : en casant ce titre agressif en deuxième position, le groupe nous montre rapidement qu'il n'est pas là pour rigoler. Au final, seul "No Shelter" se prend un peu les pieds dans le tapis, victime du syndrome « double pédale qui bouffe tout le reste », auquel "Fast as a Shark" échappera de très peu. Mais on s'en doute, les fans attendent beaucoup plus impatiemment les titres de l'ère Udo, histoire de voir si Tornillo a les épaules pour assumer l'héritage. Celui-ci nous cause une grosse frayeur pour commencer : sur "Starlight", le lutin prend le refrain très bas et sans grande conviction. Heureusement, tout rentre rapidement dans l'ordre et Tornillo se montrera impérial sur tout le reste du show. On le sent même déjà parfaitement à l'aise avec le public, avec une gestuelle et surtout un petit air roublard qui n'est pas sans rappeler Brian Johnson.

Ceci dit, les deux leaders d'Accept sont plus que jamais Hoffmann et Baltes. Le tandem, qui nous offre un numéro de duettistes bien rôdé sur "Bulletproof" en  alternant les solos avec humour, agit comme le moteur d'un concert « à l'ancienne » : de la sueur (l'état de la chemise de Baltes à la fin du show…), du fun et surtout beaucoup de talent. Quel plaisir de voir un groupe revisiter ses compos en live, avec une version de "Princess of the Dawn" absolument magique, ou encore proposer des chœurs authentiques. Quand c'est Wolf qui s'en charge, le résultat n'est pas le même que lorsque c'est Baltes ou Frank. Ça semble idiot, mais ça nous change des chœurs inaudibles, qu'on retrouve sur la grande majorité des concerts, ou carrément bidons comme chez Motley Crüe ou WASP… Niveau setlist, souvent le point de discorde chez les fans, Accept aura sûrement satisfait tout le monde en privilégiant sa période dorée du début des années 80. Avec 2 heures de show, tous les plus gros classiques sont là. D'ailleurs, davantage que ces titres entendus et réentendus un millier de fois, ce sont souvent les outsiders qui tirent leur épingle du jeu, comme "Neon Nights" ou "Restless and Wild" livrés dans des versions impeccables.  Bien sûr, on trouvera forcément des grognons qui regretteront l'absence de "I'm a Rebel", "Flash Rockin' Man" ou "London Leatherboys", mais si c'était le prix à payer pour avoir droit à l'excellentissime "Aiming High", alors banco !


Quand Accept a annoncé son nouveau comeback, je ne vous cache pas que je faisais partie des très nombreux sceptiques qui, au-delà de la défection d'Udo, craignaient surtout que l'histoire ne bégaye après un premier retour magistralement raté... Et bien aujourd'hui, je dois faire amende honorable : Blood Of The Nations nous avait déjà rassuré sur le niveau du groupe, un concert comme celui de ce soir dissipe quant à lui les derniers doutes quant à la motivation du groupe, qui est la plus simple et la plus saine : le plaisir. Je ne vais pas faire le coup du concert de l'année alors qu'on est seulement fin janvier, mais il faut quand même avouer qu'on tient là un sérieux client. Le Priest et Maiden ont intérêt à s'accrocher, car Accept vient de placer la barre très haut !


Crédit Photos: Nidhal Yog (un grand merci!)
http://www.facebook.com/pages/YoG-Photography/


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