CHRONIQUE PAR ...

92
Carsten
le 19 juillet 2011




SETLIST


(sic) 
Eyeless 
Wait and Bleed 
The Blister Exists 
Liberate 
Before I Forget 
Pulse Of The Maggots 
Purity 
Left Behind 
Psychosocial 
Disasterpiece 
The Heretic Anthem 
Duality 
Only One 
Spit It Out 

People = Shit 
Surfacing 



AFFILIÉ

Slipknot
Hellfest (Clisson)
(19 juin 2015)

08 juillet 2011 - Sonisphere France


Slipknot_Sonisphere_France_20110708

Avec Slipknot, ces derniers temps, on ne sait plus trop si c'est du lard ou du cochon. Entre Corey Taylor pour qui cela semble de plus en plus une corvée de revêtir le costume et qui s'interroge publiquement sur l'avenir du groupe, et Joey Jordison qui le reprend de volée en disant que le groupe continuera avec ou sans lui, l'ambiance semble plus tendue que jamais au sein du groupe dont l'histoire a souvent été tumultueuse. En attendant, les 9 (ou désormais 8) de Des Moines sont à Amnéville, bien décidés à faire le show.

Et comme d'habitude, à ce niveau-là, les fans ont été servis. C'est sûr, on en a pris plein les yeux : le kit de percu du clown monté sur vérins, la batterie qui pivote brièvement en fin de set, le moment de folie collective en intro de "Spit It Out" où Taylor fait s'asseoir les fans avant de lancer un jump maousse… Le DJ se paiera même un slam modèle géant, puisqu'il est carrément arrivé jusque dans la seconde fosse : comment a-t-il fait pour franchir le fossé ? C'est les gars de la sécurité qui l'ont porté ? En tout cas, le spectacle s'est poursuivi dans la fosse, avec un public au taquet qui a foutu une ambiance de feu. Les fans ont répondu massivement présents et s'en sont donnés à cœur joie, maîtrisant à la perfection le répertoire du groupe et notamment l'album éponyme, mis à l'honneur ce soir avec presque la moitié du set rien que pour lui.

Ce fut en revanche beaucoup plus difficile pour les profanes. La musique de Slipknot est en effet difficilement saisissable en live quand on ne la connaît pas sur le bout des doigts,comme c'est le cas de votre serviteur (désolé, il faut bien faire des choix).  Les gros refrains à la "Psychosocial", "The Heretic Anthem" ou "People = Shit" ne sont pas légion, les mélodies marquantes à la "Wait And Bleed" ou "Duality" non plus, et ce que l'on retient au final, c'est essentiellement une sensation de bruit et de fureur incessante. Ce côté bordélique ne les incitera probablement pas à se convertir, mais même eux ne pourront nier le fait que Slipknot a foutu un beau bordel, et qu'aucun groupe n'a su autant remuer la fosse que les Ricains tout au long de ce week end, alors qu'on aura vu un sacré nombre de pointures sur scène.

Ceci dit, cela ne les empêchera pas non plus de continuer à s'interroger sur les raisons d'un succès qui repose davantage sur l'image que sur la musique. C'est évident, la configuration scénique est hors du commun avec ces 8 mecs en combinaison (et une autre sur un cintre pour honorer la mémoire de Paul Gray), dont 4 qui ne servent à rien sinon à faire les zouaves (les 2 percussionnistes) ou simplement de la figuration (le DJ et le claviériste, dont les interventions sont de toute façon noyées sous les guitares). D'une certaine façon, ça en impose ; mais musicalement, cela reste quelque chose d'assez imbitable. Dire que certains aigris reprochent à Slipknot de céder à la facilité dans ses compos… Il faut vraiment être d'une mauvaise foi confondante… ou déblatérer sans avoir jamais posé une oreille sur la musique du groupe.

Vous le savez sans doute, Slipknot a perdu son bassiste Paul Gray l'année dernière. Cette tournée lui est dédicacée, comme la rappelle Corey Taylor en intro de "Duality", au moment où est érigé en fond de scène un grand backdrop flanqué du numéro 2. Ce discours semble rebooster les fans qui donnent de la voix comme jamais sur le refrain de ce véritable hit. Et encore, ce n'est rien à côté de "People = Shit", incontestablement l'hymne du groupe en live, digne d'une scène d'émeute qui se déroule sous l'œil ravi de Corey Taylor. Comme sur tous les concerts ce dette tournée, c'es "Surfacing" quia été choisie pour clore les débats. Slipknot peut alors tirer sa révérence, après un show intense qui n'aura pas laissé transparaître les tensions existant au sein du groupe. Rien à redire, professionnels jusqu'au bout des ongles ces mecs.


Avec le Big 4 à l'affiche, les vieux cons comme moi pensaient que le festival était mort, que le public viendrait uniquement pour eux et que le vendredi serait un fiasco. Et là, l'organisation a sorti la carte Slipknot, qui a tout simplement tout démonté. Y a-t-il eu plus d'ambiance pour Slipknot que pour Metallica ? Joker… parce que je suis de trop mauvaise foi pour répondre oui. Si l'avenir de Slipknot n'était pas aussi sombre, on pourrait presque dire qu'on a assisté à la passation de pouvoir entre le plus grand groupe d'hier et le plus grand groupe d'aujourd'hui. Le Sonisphere, ou le choc des générations…


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