CHRONIQUE PAR ...

92
Carsten
le 19 juillet 2011




SETLIST

Disciple
War Ensemble
Hate Worldwide
Postmortem
Dead Skin Mask
Snuff
Dittohead
Mandatory Suicide
Chemical Warfare
South Of Heaven
Raining Blood
Black Magic
Angel Of Death

AFFILIÉ

Slayer
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09 juillet 2011 - Sonisphere France


Slayer_Sonisphere_France_20110709

On nous avait promis le Big 4, mais c'est en fait le Big 6 (expression autrement plus savoureuse, vous en conviendrez !) qui a pris ses quartiers à Amnéville. Après Anthrax qui nous a amené un petit bout de Sepultura avec Andreas Kisser, c'est Slayer qui fait participer Exodus à la fête avec la présence de son inoxydable leader Gary Holt, en remplacement d'un Jeff Hannemann toujours convalescent. Et on va finir par se demander s'il ne s'agit pas d'une bénédiction pour Slayer…

En effet, après des shows globalement décevants ces dernières années, digne d'un groupe en préretraite, il semblerait bien qu'on ait retrouvé le grand Slayer, et l'intérim de Holt n'y est pas étranger. Le petit père Gary fait comme à la maison : il bouge, défie les fans avec son regard plein de fierté, jamme avec Lombardo et n'hésite pas à se réapproprier certains solos plutôt que de les jouer note à note. Bref, il se donne à fond… et les autres se trouvent bien obligés de faire pareil, surtout Kerry King. Le guitariste au look inimitable fait preuve de beaucoup plus d'implication que d'habitude et n'hésite pas à quitter son pré carré pour voir si les fans sont plus dechaînés de l'autre côté de la scène. Mieux encore, il nous gratifie de son célèbre regard menaçant à vous faire chier dans votre froc. Et Tom Araya dans tout ça ? Certes, le bonhomme ne peut plus headbangeur comme un damné, mais il est loin d'être fini. Il chante encore impeccablement (il suffit de comparer avec Mustaine juste derrière…) et c'est toujours un monstre de charisme. Toujours aussi peu causant, il lui suffit juste d'observer un long silence et de toiser le public avec arrogance pour déclencher des salves de « Slay-er ! Slay-er ! » A plusieurs reprises, on le verra arborer un large sourire entre les morceaux, signe qu'il a visiblement bien apprécié l'accueil.

D'entrée de jeu, les Californiens font étalage de leur puissance de feu avec le très costaud "Disciple", seul survivant  de l'ère God Hates Us All. Ce mid tempo implacable en appelle d'autres : "Postmortem" d'abord, "Dead Skin Mask" ensuite, qui semble avoir été jouée un peu au ralenti, sans oublier le classique de chez classique "Mandatory Suicide", dont on regrettera que les parties de double pédale aient largement écrasé le reste sur le final. Si la puissance est une des caractéristiques majeures de Slayer, l'autre est sans aucun doute l'agressivité. Et de ce point de vue-là aussi, on aura été servi. Première décharge avec "War Ensemble" qui lance définitivement ce set : quelle tuerie, et quelle performance de Lombardo ! Et "Dittohead" alors ? Et "Chemical Warfare", c'est pas la grosse fessée déculottée ça ? Parmi cet étalage de vieux classiques, Slayer n'oublie de glisser quelques nouveaux morceaux. "Hate Worldwide", on commence à être habitués, et ce serait à peine étonnant si le groupe continuait à la jouer dans les années qui viennent ; mais en guise de deuxième extrait, les Californiens ont préféré conserver "Snuff" plutôt que "World Painted Blood" ou "Americon", eux aussi fréquemment interprétés sur la dernière tournée… et c'est un excellent choix ! Ce refrain hargneux comme à la grande époque, c'est un vrai régal en live.

Vous l'aurez compris, on l'aura donc eu, ce show de Slayer au taquet qu'on désespérait de revoir un jour. Le public ne s'y trompe pas et… ah ben si quand même, c'était quand même drôlement mou dans la fosse vu la qualité du show proposé par le groupe. Certes, il y a eu de nombreuses ovations entre les morceaux, mais c'était bien calme pendant. La faute en grande partie à ce système de double fosse du festival : les fans de Slayer se sont retrouvés un peu éparpillés dans la deuxième, sans avoir la possibilité de créer un vrai moshpit ; et dans la première, c'est bien simple, il n'y avait que des fans de Metallica. Et il semble bien que quand on est fan de Metallica, cela signifie qu'on aime que Metallica et qu'on s'en cogne du reste. Raison de plus pour Ben Barbaud de ne pas les programmer au Hellfest : en plus de bouffer tout le budget, leurs fans vampirisent littéralement le public. C'est donc le calme plat devant, y compris pendant une tuerie comme "South Of Heaven"… jusqu'à l'arrivée de "Raining Blood". Les fameux trois coups de toms électrisent instantanément la fosse, qui se lance dans un gigantesque wall of death (visible ici). Dommage que ce soit déjà la fin, parce que là, c'est de la folie pure et simple. Surtout que Slayer a pris récemment l'habitude d'enchaîner directement sur "Black Magic", et à l'entame de ce riff mythique, c'est reparti pour un tour avec deux circle pits maousses (visibles ici). Et avec "Angel of Death" derrière, c'est carrément l'éjaculation !


Ouh, la méchante claque que voilà ! Après quelques années de vaches maigres, le grand Slayer a reposé ses flightcases en France et nous a administré une branlée mémorable. Poussés au cul par Gary Holt, Araya et King se sont enfin réveillés, tandis que Lombard s'est révélé une nouvelle fois égal à lui-même. La prochaine fois que le Big 4 sera réuni, il faudrait songer à modifier l'ordre de passage : parce qu'en cette année 2011, Slayer a massacré Megadeth et s'est affiché comme l'adversaire le plus sérieux de Metallica.


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