CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 05 octobre 2011




SETLIST


KEEP OF KALESSIN :
Kolossus
The Awakening
Judgement
Dragon Iconography
Dark As Moonless Night
The Divine Land
Ascendant


MELECHESCH :
Illumination : The Face Of Shamash
Sacred Geometry
Ladders To Sumeria
Grand Gathas Of Baal Sin
Triangular Tattvic Fire
Ghouls Of Nineveh
Rebirth Of The Nemesis


SAMAEL :
Luxferre
Rain
Baphomet's Throne
Of War
Slavocracy
Reign Of Light
Into The Pentagram
Flagellation
Western Ground
Soul Invictus
Shining Kingdom
In The Deep
The Truth Is Marching On
Infra Galaxia

Rappels :

Ceremony Of Opposites
Antigod
My Saviour



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01 octobre 2011 - Rennes - L'Antipode


Samael_Rennes_-_L'Antipode_20111001

Bien souvent, on lit que pour compenser la chute des ventes d'albums, la seule planche de salut pour les musiciens est de multiplier les concerts. Je ne connais pas personnellement le dessous des cartes, mais quand je vois pas moins de six groupes allier leurs forces pour écumer de petites salles de province, je me dis que ce n'est pas forcément un bon signe : soit ils rognent sur leurs cachets, soit leur but est de répartir au maximum les frais à engager nécessairement pour tourner, quitte à proposer des shows plus courts un peu frustrants pour les fans…

Avec le package proposer ce soir, il y en avait quasiment pour tous les goûts : du deathcore avec Six Reasons To Kill, du  thrash avec Dead Shape Figure, du black avec Noctem, Keep Of Kalessin et Melechesch et de l'indus' avec Samael. Sacré programme en perspective ! Les obligations familiales étant ce qu'elles sont, votre serviteur manquera les deux premières prestations de la soirée, n'arrivant sur place que pour la fin du set de Noctem. Juste le temps de s'apercevoir que le black metal des Espagnols ne brille pas par sa grande originalité, mais que l'aspect visuel est plutôt sympa, notamment le chanteur avec ses lentilles façon yeux révulsés et sa capuche lui cachant une grosse partie du visage (comme Skeletor dans les Maîtres de l'Univers, pour ceux qui ont connu Récré A2, l'ancêtre du Club Dorothée). Quand on n'a pas grand-chose à dire musicalement, on se rattrape comme on peut !

Les choses sérieuses commencent vraiment avec le passage de Keep Of Kalessin, le premier gros morceau de la soirée, dont on guettait la réaction après un Reptilian moyennement reçu. Sur l'attitude scénique, rien à redire : les Norvégiens se sont donnés à fond, Thebon et Obsidian C. terminant avec la chemise complètement trempée ! Par contre ne disposant que de 40 minutes de jeu, il a fallu faire des choix, et les regrets porteront sur la setlist. Deux titres de Kolossus pour débuter et terminer le show, et cinq titres de Reptilian entre temps. Et oui, Armada est complètement passé sous silence, et on aura assisté à une pluie de samples sur quasiment tous les refrains afin de restituer convenablement les compos du dernier album. Seul "Dark As Moonless Night", avec son tempo plus lent, se différencie du reste du set très homogène, dont on retiendra avant tout le monumental "Ascendant".

C'est ensuite le tour de Melechesh. Perso, je ne connais que de nom, mais c'est à se demander s'il ne s'agit pas de la tête d'affiche du soir pour certains, qui seront d'ailleurs bien frustrés de ne les voir jouer que 40 minutes. L'avis du néophyte que je suis est le suivant : dès que le groupe met en avant les fameux éléments orientaux qui font son originalité, comme sur "Illumination : The Face Of Shamash" ou "Rebirth Of Nemesis", ça tue ; sinon, c'est déjà beaucoup plus commun. Ashmedi est un leader très charismatique, qui fait l'effort de parler en français autant que possible (ses « Allez-y » sont très fun !). Derrière lui, ça assure aussi avec le bassiste Rahm, qui assure à plusieurs reprises des parties vocales, et le guitariste Moloch, qui débute le concert la tête dissimulée par un foulard façon combattant du jihad, avant de le retirer au bout de 2 morceaux (c'est qu'il doit faire chaud là-dessous !). Pas mal du tout au final.

Il est environ 23h45 quand la tête d'affiche de la soirée entre en scène. Et là, petite surprise (surtout pour ceux qui, comme moi, sont avant tout venus pour voir Samael), une bonne partie de la salle déserte purement et simplement. D'une affluence très correcte pour un concert de metal extrême en province (200 / 250 personnes à vue de nez), on passe en un clin d'œil à une audience clairsemée, amputée d'un bon tiers. Autant dire qu'on est loin de se marcher sur les pieds dans le public. Question : est-ce que la maman du metalleux rennais lui a interdit de rentrer après minuit ? Ou est-ce que le metalleux rennais ne jure que par le black metal et n'a pas apprécié l'évolution de la carrière de Samael ? Auquel cas il faudrait se remettre un peu à la page, car pas mal de titres du nouvel album, sans marquer un retour aux sources comme Above, voit les Suisses revenir à une musique plus sombre et violente à mi-chemin entre Passage et Ceremony Of Opposites.

Et ce nouvel album, Samael est prêt à le défendre bec et ongles. Après "Luxferre" en ouverture, Vorph nous le dit clairement dans son premier speech de la soirée, au moment d'introduire "Of War" : « On est super content de revenir chez vous en France, et on a plein de nouveaux titres à vous jouer ». En effet, c'est carrément la moitié de Lux Mundi qui va y passer, et le résultat est très probant : pour un ou deux morceaux moyens, comme "Soul Invictus" ou un "Antigod" un peu balourd, c'est une poignée d'authentiques tueries qui nous est offerte en contrepartie, comme "Luxferre", "Of War" ou "The Truth Is Marching On". Sans compter quelques surprises comme "Western Ground", loin d'être le titre le plus flashy de Solar Soul, ou "Reign Of Light", issu de l'album du même nom, pas vraiment celui qui a le plus marché. On notera d'ailleurs qu'en à peine 1h15, Samael aura revisité quasiment tous ses albums, exception faite de Blood Ritual et Above.

Pour le reste, on aura eu droit à du classique de chez classique : les plus grands titres sont là, notamment ceux issus de Ceremony Of Opposites et Passage. On pourra juste regretter l'absence de "The Cross", habituel moment de communion où Vorph lâche sa guitare pour endosser le rôle du gourou, même si "Infra Galaxia" aura fait un remplaçant plus qu'honorable. Pour la configuration scénique, là encore rien de neuf  : Xy bidouille ses machines et maltraite de temps à autres son kit de batterie sans grosse caisse, Makro et l'éternel ado Mas assure leur rôle avec le sourire, et au milieu, le maître de cérémonie de cérémonie Vorph attire tous les regards. Son élégante tenue rouge, et notamment sa désormais traditionnelle longue jupe, en font une sorte de sage qui transpire la sérénité, mais qui serait tout à fait capable de vous coller une trempe si vous lui soufflez de trop près dans les narines. Un peu comme Steven Seagal jadis quoi…


Un plateau de qualité, des groupes qui assurent, une tête d'affiche en très grande forme : comme aurait pu le dire Jean-Pierre Foucault (oui je suis d'une humeur très années 80), on a passé une sacrée soirée ! Et en plus on s'est même marré quand Vorph s'est emmêlé les pinceaux en annonçant le trip rétro "Into The Pentagram" / "Flagellation", en disant « On va se replonger dans le passé et jouer two… euh, two titres ! » De la haine et de la rigolade dans la même soirée, c'est ça le black metal en live !


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