CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 14 novembre 2011




SETLIST

Dystopia
Angels Holocaust
Slave To The Dark
V
Stand Alone
When The Night Falls
Damien
Dark City
Anthem
Declaration Day
Tragedy And Triumph

Rappels :

Dante's Inferno
Iced Earth

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Iced Earth
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08 novembre 2011 - Paris - L'Alhambra


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Et bien voilà, du côté de Iced Earth, la page Barlow semble cette fois définitivement tournée. Pas forcément un mal, puisque le bilan de son second passage se résume à un album relativement médiocre et une activité scénique plutôt réduite. L'année 2011 marque donc un nouveau départ pour la bande à Schaffer, avec l'arrivée de Stu Block au chant. Le volet studio n'aura pas totalement convaincu, avec un nouvel album correct mais pas aventureux pour un sou. Quid du volet scénique ?

Avant de connaître la réponse, il aura fallu patienter devant un plateau assez faiblard, qui aura probablement pesé lourd au moment de chercher les raisons de l'affluence assez moyenne (pas plus de 400 personnes à priori). Sachant que le même soir se produisait Alice Cooper au Zénith et Dark Tranquility au Bataclan, il aurait mieux valu se pointer avec des premières parties capables de rameuter un peu de monde. Pour ouvrir le bal, le trio Fury U.K., originaire de Manchester. Quand je vous disais que c'était faiblard… J'ai beau me tenir bien informé de l'actualité de la scène metal, voilà un nom que je n'avais jamais entendu jusqu'alors, et visiblement je ne suis pas le seul. Ca commence plutôt pas mal avec "I See Red", qui s'appuie sur une base heavy très classique mais plutôt bien foutue, et un solo à rallonge, histoire de montrer le niveau. Malheureusement pour eux, il n'est jamais aisé de se produire devant des gens qui ne connaissent pas votre musique, et qui retiendront essentiellement que l'intro de "Saviour" est une repompe de celle de "Wasted Years". Devant l'absence de réaction du public, deux réactions possibles : soit on se donne à fond comme la bassiste, soit on baisse les bras comme le guitariste / chanteur, qui tirera la gueule pendant quasiment tout le show. Même lorsqu'il tente de faire participer la foule, il ne le fait avec aucune conviction, d'où un échec total. Et que dire de sa tronche blasée lors du solo final très démonstratif de "Death By Lightning", qui le fait passer pour un poseur arrogant. Avec une attitude aussi merdique, faut être gonflé pour donner rendez-vous ensuite au stand de merch'…

Place ensuite aux Californiens de White Wizzard. Voilà une drôle de bande pas franchement raccord niveau look : le chanteur a les cheveux courts, un bandana bleu à la Suicidal Tendencies et un t-shirt Kingston, Jamaica, un des guitaristes porte un bermuda en jean et arbore une mèche improbable et le bassiste a un stetson vissé sur le crâne et des tatouages à gogo, tel un fan de Mötley Crüe. Sur le papier, ça ne faisait déjà pas tellement rêver ; dans les faits… c'est encore pire. Malgré des influences évidentes, Fury UK avait au moins le mérite de se battre avec ses armes ; White Wizzard, lui, a décidé de ne pas se compliquer la vie avec de telles considérations. Tout est résumé avec le t-shirt du bassiste Jon Leon, principal compositeur du groupe, à l'effigie d'Iron Maiden. Pendant les premières minutes, on se dit que la ressemblance provient surtout du fait que White Wizzard compte dans ses rangs un vrai bassiste et non un gars qui se contente de suivre la guitare ; et puis à mesure que défilent les compos, les ressemblances sont vraiment trop flagrantes : "Over The Top", "40 Deuces", "Iron Goddess Of Vengeance", qui repompe "Alexander The Great" sans vergogne, "High Speed GTO"… autant de compos qui reprennent quasiment tous les gimmicks de la Vierge de Fer. Le deuxième album Flying Tigers ne semble pas changer la donne, puisque le morceau titre est dans la lignée de ses aînés. Et ce chanteur, qui cherche à pousser le public mais toujours à contretemps et qui prend vent sur vent… A l'entendre sur "Starchild", on l'imaginerait plus dans le rock US à la Daughtry que dans un groupe de heavy. Bref, un vrai scandale ce groupe.

Pas aidé par ses premières parties, il aura donc fallu que Iced Earth se débrouille tout seul pour hisser cette soirée au niveau d'excellence attendu, et ce fut chose faite en grande partie grâce à la prestation de son nouveau chanteur. Sur le plan de l'interprétation, Stu Block fut quasiment impérial : hormis un plantage sur le final de "Dark City", où il était complètement désynchronisé par rapport aux musiciens, rien à redire. Le Canadien s'est même payé le luxe d'aller botter le cul de Ripper sur son propre terrain, en atteignant une hauteur ahurissante sur le dernier couplet suraigu de "Declaration Day". La ressemblance vocale avec Barlow est beaucoup moins marquée que sur album et concerne uniquement les graves, comme sur le début de "Dante's Inferno" ou sa façon de chanter "Angels Holocaust", plus proche de la version réenregistrée par le rouquin que de la version originale interprétée par John Greely. Mais c'est surtout sur le plan de l'attitude scénique que Block a marqué des points. Plus dynamique que Barlow, moins emprunté que Ripper, Block est tout simplement le meilleur frontman de la carrière du groupe. A l'évidence, ce mec sait comment tenir une scène et dynamiser le public, même quand celui-ci est un peu mou comme ce soir : pour ce qui est de chanter, c'est comme pour maquiller les comptes publics, on est loin d'égaler les Grecs ! J'imagine que certains diront qu'il en fait un peu trop avec ses mimiques ou dans son trip metalleux, toujours prêt à lever le poing et à gueuler « Hey », mais c'est aussi (et surtout) ça qui met l'ambiance et qui fait tout l'intérêt d'un concert. Une chose est sûre, ce mec est déjà chez lui.

Côté setlist, Iced Earth a décidé de s'appuyer largement son nouvel album Dystopia, dont la moitié des titres figure au programme du jour, parfois même plus (mais on y reviendra). En ce qui concerne les anciens titres, pas mal de surprises à signaler : déjà, le groupe a choisi de se passer de la trilogie Something Wicked, généralement considérée comme un des sommets de son œuvre ; à la place, retour du punchy "Stand Alone" et de "Slave To The Dark", et surtout dépoussiérage de deux véritables monuments : d'abord "Damien" et son final monstrueux, puis  l'incroyable "Dante's Inferno", annoncé comme un des grands moments de cette tournée 2011. Je me demandais bien comment ces 16 minutes allaient passer sur scène, et bien c'est un pur régal. Arrivée au bout, les fans éblouis par cette performance hors du commun réservent au groupe une véritable ovation, comme à un sportif qui dépasse ses limites. En fin de compte, les seuls regrets ne portent pas sur ce qu'on a eu, à savoir un très bon concert d'1 heure 30, mais plutôt sur ce que l'on a pas eu : il faut en effet savoir que bon nombre des concerts de cette tournée, comme la date lyonnaise du lendemain, comportait 17 ou 18 titres au lieu des 13 de ce soir. Sabrer 1 ou 2 titres à cause du couvre-feu, OK, mais 5, faut quand même pas déconner ! Quand on sait que dans ce lot figure des tueries comme "Pure Evil" ou "Burning Times" et des raretés comme "The Last Laugh", ça pique un peu. Iced Earth a dû tellement tailler que le pauvre Stu Block était tout perdu, commençant un speech d'intro pour "When The Night Falls" avant que Schaffer vienne lui chuchoter à l'oreille qu'il fallait d'abord jouer "Stand Alone"…


Les motifs de satisfaction étaient plutôt nombreux : un groupe en très grande forme, à commencer par un Schaffer apparemment en bonne santé, une superbe salle avec un super son, une setlist reliftée… Hormis un public peu démonstratif, il y a avait tout pour passer une excellente soirée. Ce fut le cas, mais celle-ci aurait pu être carrément exceptionnelle si on avait pu jouir du même programme que lors des autres soirs… Enfin bon, on se consolera avec nos souvenirs de "Dante's Inferno", qu'on ne reverra probablement pas de sitôt !


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