CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
le 28 décembre 2007




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

MayheM
Hellfest (Clisson)
(17 juin 2011)
Rouen - Le 106
(14 décembre 2016)

17 décembre 2007 - Paris - La Locomotive


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Un début de semaine n’est pas une date très commune pour malmener ses tympans et ce n’est pas un moment pour sortir un blackeux dehors. Pourtant, c’est bien un Lundi que MayheM passe à Paris. Il faudra donc faire avec et rassembler toute son énergie manquante pour profiter des (trop) rares concerts que MayheM donne. Le groupe est accompagné de Balrog et Pantheon I pour cette date.

C’est Balrog qui ouvre les hostilités dans la petite Loco. La salle semble lui aller comme un gant puisqu’elle s’avère très correctement remplie et elle offre un son tout à fait correct. Suffisamment correct pour distinguer des riffs efficaces et des blasts très rapides et très nombreux. Le résultat sonne pas trop mal mais il faut bien avouer que tout cela est très convenu et vraiment pas varié. Une sorte de mise en bouche apéritive qui ne fera absolument pas office de plat de résistance. C’est ensuite au tour de Pantheon I d’investir la scène, de la grande Loco cette fois. On remarque la présence d’une violoniste sur scène. Groupe original en vue ? Point du tout. Certains riffs sortent de l’ordinaire du black et une chanson s’amusera à enchaîner les riffs et les arrêts brutaux, mais dans l’ensemble on reste dans le schéma riff simple/blast si cher au black. Toutefois, il faut noter la présence d’un bassiste qui délivre de jolies et subtiles lignes de basse. Armé d’une technique tout à fait correcte, il s’est permis de finir le concert en jouant aux doigts, ce qui ne peut qu’être le signe qu’il s’agit d’une bonne personne. Bref, la star de cette soirée côté Pantheon I. Car il faut bien avouer que la violoniste n’a eu droit qu’à la portion congrue. Déjà, elle n’a pas grand-chose à faire sur scène à part accompagner la musique d’un headbanguage de circonstance, mais en plus elle était totalement couverte par les autres instruments. Toutefois sa condition est allée en s’améliorant au fil du concert puisque d’anecdotique elle est passée à audible. Un concert correct de black traditionnel avec quelques côtés plus contemporains donc.

Enfin, le tour du tant attendu Messie Noir. Et aussi LA question de la soirée : Mais comment Attila sera grimé cette fois ? La réponse c’est faite quelque peu attendre car les préparatifs ont duré une bonne demi-heure mais lorsque les rideaux se sont écartés, ils ont fait place à … un maréchal Pétain ! Et oui, Attila avait revêtu ses atours de collabo pour cette date parisienne. Incontestablement de très mauvais goût, aussi bien qu’incontestablement MayheM. Très bon donc. Il était accompagné d’un globe posé sur une petite table entouré de deux coupes (une étant remplie d’eau, la seconde étant remplie de terre apparemment) et de bougies. Le décor ne se limitait pas à ça. Car outre l’énorme drumkit de Hellhammer, il y avait aussi quatre barres de fer au bout desquelles étaient scotchés quatre papiers représentant respectivement le croissant turc, la croix juive, la croix chrétienne et un autre signe obscur qui a échappé à votre serviteur. Ambiance, ambiance donc. Tout cela ne doit pas faire oublier la partie musicale de ce concert. Et là on retrouve un MayheM particulièrement violent. Hellhammer se démène derrière ses fûts et restitue sans coup férir tout ce qu’il propose sur album. D’ailleurs, il est tellement bien entouré de ses toms qu’il est strictement impossible de l’apercevoir. Il aura donc passé le concert en sous-marin ; très dommageable. Blasphemer est resté un peu en retrait, se contentant d’assurer ses parties de guitare. Néanmoins il pourrait participer un peu plus à la communication avec le public. Il s’est cantonné à son coin. Necrobutcher lui est fidèle à lui-même, c’est-à-dire au bon gars de service, au look camionneur et balançant ses lignes de basse sans fioritures.

Attila enfin. Attila est en spectacle permanent sur scène. D’une, vocalement, il retranscrit toutes ses parties album. Il arrive aussi à pousser dans les criards black metal classique et reprend le chant clair de Maniac à sa sauce, pas vraiment claire, pas vraiment black non plus. Ensuite, il joue avec le globe terrestre à sa disposition, tend sa main vengeresse à son sommet, lui verse eau et terre dessus. Il place sa paume près des flammes des bougies aussi (pour sentir le feu de la vie ?). Et il met le feu aux quatre papiers représentatifs des religions. Et les quatre se consumeront. Bref, entre son déguisement de Pétain et son jeu scénique, il accapare l’attention. La setlist elle, fera le tour d’à peu près tous les albums avec "Deathcrush", "Pure Fucking Armageddon", l’inévitable "Freezing Moon" jouée assez tôt dans le concert (histoire d’expédier l’affaire courante ?) et agrémentée d’un solo revu et corrigé par Blasphemer. "Ancient Skin" passe par là aussi, "Grand Declaration of War" prouve que sa martialité est particulièrement adaptée au concert, "My Death" sera l’unique relique d’un Chimera dont on peut penser qu’il n’est pas spécialement chéri du groupe, et le petit dernier Ordo Ad Chao sera représenté par deux titres. A ce sujet, l’ambiance de cet album est redoutablement difficile à retranscrire en concert. Basé sur les silences, les quasi improvisations et un son glauquissime, il manque le coche en concert car il nécessite l’isolement (impossible en concert), la concentration (très dure à conserver dans une fosse) et un son noir et froid que ce show ne procurera pas. Car oui, le son était un peu brouillon et la reconnaissance des titres sera difficile. Il contribuera à enlever de la magie à ce concert, magie nécessaire à la réussite d’une représentation de MayheM.


Autant l’avouer, ce concert ne m’a pas emballé pour tous ces petits détails. On a eu droit à un groupe qui a bien joué, à un chanteur qui attire les regards et tamise l’ambiance, mais il aura clairement manqué cette touche invisible et indispensable à un concert de black et particulièrement de MayheM : l’aura noire et mystique. Alors bon concert, mais pas inoubliable. D’ailleurs, rayon oublis, pas de "Funeral Fog" ni de "I Am Thy Labyrinth".


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