CHRONIQUE PAR ...

73
Dimebag
le 13 février 2013




SETLIST

The Algorihtm

pas vu pas entendu
déso les potes
mais écoutez tout de même sa musique
elle vaut le coup
le garçon est bourré de talent

Cancer Bats

Pneumonia Hawk
Trust No One
Bricks & Mortar
Lucifer's Rocking Chair
Sleep This Away
Sorceress
Road Sick
Darkness Lives
Pray for Darkness
Drunken Physics
Sabotage
(Beastie Boys cover)
Hail Destroyer
R.A.T.S.

Enter Shikari

System...
...Meltdown
Sssnakepit
Antwerpen
Gandhi Mate, Gandhi
Sorry, You're Not a Winner
Destabilise
Return to Energiser
Warm Smiles Do Not Make You Welcome Here
Gap in the Fence
Juggernauts
Arguing with Thermometers
Mothership

Rappel :

Constellations
Pack of Thieves
Zzzonked

AFFILIÉ

Cancer Bats
Hellfest (Clisson)
(16 juin 2012)

The Algorithm
Lille - La Péniche
(22 mars 2016)
Paris - Le Batofar
(22 décembre 2013)

25 janvier 2013 - Paris - La Cigale


Cancer_Bats_-_Enter_Shikari_-_The_Algorithm_Paris_-_La_Cigale_20130125

Mais qu'il fait froid, en ce 25 janvier 2013, dans le nord de Paris ! Indécente cette température. En plus votre serviteur a fini trop tard le taff pour pouvoir choper The Algorithm (ça commence à bien gaver, les concerts parisiens qui commencent à 19h pétantes, même si c'est assez justifié, au final...), qu'il souhaitait ardemment voir jouer, et s'est en plus fait alpaguer sur la route par une vieille bourgeoise de 50 ans qui simulait des malaises vagaux et a « forcé » votre aimable serviteur à l'accompagner (ou plutôt la trainer) à l'entrée d'un hôtel où elle séjournait, soit disant. Ça sentait le vieux plan pute et je n'avais pas que ça à foutre, c'est donc passablement énervé et nettement frigorifié que je rejoins mon frangin et des potes à la Cigale. Dieu merci, Cancer Bats et Enter Shikari se chargeront de me faire oublier ce bien vilain début de soirée.

Bref, le temps de rentrer, de faire un peu le tour des lieux (déjà vus mais dans une autre configuration, pour Midlake, sacrément plus calme comme ambiance!), de choper une pinte (8€ avec un vilain gobelet consigné, enculés! Mais bon, c'est les prix...), de passer déposer les affaires de taff à la consigne (et allez, 2€ par article et 20 min de queue), Cancer Bats avait déjà joué la moitié de son set... Mais bon, pas très grave, les potes trouvaient ça trop bourrin et personnellement je les avais déjà vu, donc ça passe. Gros kiff quand même, devant l'énergie et la bonne humeur toujours présentes des canadiens, groupe tout de même assez limité sur CD mais tellement kiffant à voir en live. Quelques gros litres de sueur et de morceaux de bravoure plus tard (notamment les excellentissimes "Sleep This Away" ou "R.A.T.S", ainsi que la bien cool reprise des Beastie Boys, "Sabotage"), les canadiens laissent les planches devant un public un peu demi-teinte car très (trop?) djeunz pour y connaître quoi que ce soit à ce genre de groupe un peu poilu (bien que Cancer Bats soit, du côté des trVe métalleux ou coreux, considéré comme une belle bande de poseurs). Donc en gros la fosse bougeait, ça criait, mais personne ne semblait trop connaître les compos de ce groupe pourtant déjà bien installé depuis quelques années. Bref on l'aura compris, ce soir il n'y en avait que pour Enter Shikari, et un tas de djeunz se presse donc dans la fosse dans une ambiance de joyeux bordel délétère pour accueillir un groupe certes un peu trop émo/ ado/ indie/ hipster sur les bords, mais TELLEMENT talentueux. Et cela va se vérifier très vite, car avant d'être la machine de guerre colorée qui a conquis l'Angleterre puis l'Europe à coups d'énormes tubes électro/ punk-hardcore/emo, Enter Shikari est avant tout un sacré bon groupe, hyperactif depuis les 15 ans de ses membres, auteurs d'un fabuleux premier album à 17-18 ans (l'énorme Take To The Skies, ou ce qui s'est fait de mieux en électro-métalcore pendant des années).
Bref les mecs sont plus jeunes que votre serviteur (ils ont environ 24 piges maintenant, et déjà 3 gros albums à leur actif) et sont littéralement bourrés de talent. Restait à voir comment ils arrivaient à gérer toutes leurs couches de son en live. Et là, le doute de la partie playback se fait jour. Entre les samples, les grattes, la batterie, les beats, les synthés, la basse et les multiples couches de chant, on se demandait un peu ce que ça allait donner...On sera vite rassurés. Nul artifices, que des purs musiciens, et ça passe : bon, le groupe balance tout de même pas mal de samples pré-enregistrés, mais ça n'empêche pas Roughton « Rou » Reynolds, fabuleux frontman, de passer la moitié de son temps à bidouiller des sons et improviser furieusement devant son massif double-mur de matos électro (mange toi ça, Skrillex et ton macintosh) empli de claviers, de boites à rythme et autres objets imbitables pour le profane. Bref, tout cela est hyper carré et maitrisé. Pour le reste, Rob Rolfe est une foutue MACHINE, ce batteur est juste incroyable, passant du punk à la jungle, du dubstep au hardcore et du gros métalcore groovy au rock indé comme qui rigole. Ah et il fait les chœurs aussi. Le gratteux Rory Clewlow est tout aussi bon, jonglant entre ses multiples pédales d'effets, gérant parfaitement ses temps faibles en dansant comme un débile et en foutant une ambiance de fou (le mec ne joue pas toujours sur toutes les compos, on parle là d'Enter Shikari et ces mecs se cognent des conventions d'écriture), enchainant gros beatdowns et leads techniques avec un brio certain, et apportant enfin un punch de fou aux chœurs avec sa voix hurlée. 
Mention spéciale au bassiste Chris Batten, deuxième vocaliste du groupe et surtout LA voix claire, fidèle au son de l'album et hyper à l'aise en live (bon, son micro semblait réglé bien bien fort, mais tout de même !), en plus d'être technicien hors pair capable de jouer de l'électro breakée à mort autant que du métalcore hargneux, le tout en sautant absolument partout. On a déjà parlé des grandes compétences de Rou derrière les machines, il faudra se rappeler que le mec a fait ça pendant 1h30 tout en assurant parfaitement bien ses parties de chant lead, qu'elles soit hurlées, rappées à la The Streets (sur un "Constellations", c'est flagrant), ou chantées voire haranguées (une de ses spécialités, en témoigne l'écrasant "Ghandi Mate, Ghandi", grand moment). Bref, un sacré frontman pour un sacré groupe. Côté répertoire, la quasi totalité des tubes du groupe sont joués, avec pour seul regret l'absence de l'éponyme "Enter Shikari", tiré du premier album, ainsi que de quelques autres morceaux de bravoure du même Take To The Skies, moins joué que ce que l'on aurait penser, au détriment du deuxième skeud des anglais (nettement le moins bon de leurs trois opus à mon sens, mais c'est celui qui les a fait exploser...). Flash Flood Of Colour, la vraie machine à tubes des brits, est évidemment largement interprété, avec pas moins de huit morceaux joués (neuf si on considère "Destabilise", ce tube de fou, comme un morceau à part entière de l'album alors qu'il fut sorti des mois avant et présent seulement sur certaines versions collector de l'opus, tout comme 'Quelle Surprise', pas jouée ce soir hélas). Bref, un set assez génial, ponctué de très grands moments (l'excellente "Warm Smiles", visiblement un des chouchous du public et une compo des plus intéressantes, la violente "Sssnakepit", qui ce soir portait parfaitement bien son nom, le pétage de câble général sur le premier final "Mothership") 
Niveau ambiance, ce fut également grandiose. Le public était peut-être légèrement juvénile, complètement déchiré et la moitié avait l'air de venir à son premier concert, mais bon dieu, ces adulescents désinhibés savent foutre l'ambiance ! Un des plus gros pits qu'il m'ait été donné de voir, ça pogotait, ça sautait, ça se bastonnait du premier au dernier rang de la fosse, de long en large, et en travers. L'énergie de la jeunesse quoi. Un pote bien baraqué aura d'ailleurs tenté l'aventure de la fosse « pour se tester comme au bon vieux temps», il en reviendra 15 minutes plus tard, trempé de sueur, déclarant « c'est hallucinant, ils sont tous petits et secs mais ils sont juste infatigables, ils m'ont buté ». Ahhhh, le cardio, veule ennemi de la prise d'âge...Votre serviteur préférera, pour cette fois, les loges de l'étage et leur vue imprenable sur la scène de cette salle majestueuse (La Cigale est un très, très bel endroit, indubitablement) afin de garantir son intégrité physique des débordements de ces petits barges. Respect, kids. Un mot sur le son, enfin. Si Cancer Bats joua, comme à son habitude, avec un son à la limite de l'acceptable (heureusement que leurs compos sont finalement hyper simples, sinon on reconnaitrait que dalle), Enter Shikari fut pour sa part doté d'un son de compétition, laissant leur due place à tous les instruments (notamment les samples multiples et les voix), avec peut-être un petit bémol sur les parties les plus techniques/aiguës à la guitare, qu'on entendit moins (sur "Pack Of Thieves" par exemple, c'est dommage parce que ce break métalcore en fin de morceau est juste din-go). Mais dans l'ensemble ce fut très bon ! 


Bref, un sacrément bon concert, alors qu'on aurait pu s'attendre à bien moins de la part d'un groupe aussi jeune tout en étant déjà aussi renommé. Léger bémol sur la durée, à peine 1h30 pour Enter Shikari, mais c'est complètement dans la norme des concerts parigos qui doivent, de toute manière, s'arrêter à 22h30 sous peine de sérieuses emmerdes avec le voisinage, les flics et finalement la allmighty préfecture de police (qui délivre les autorisations d'ouvertures de ce genre d'établissements, et manie avec dextérité la menace de suspension/fermeture dès que quelques boulets gueulent un peu trop fort devant la salle après le concert...). Ce fut donc une confirmation pour moi : ce groupe déchire, et ceux qui les jugent hâtivement à leur côté trop poppy devraient se pencher sur leur musique, qui vaut sacrément le coup. Un groupe que je ne manquerais pas de revoir, si ils daignent passer un peu plus d'une fois tous les 3-4 ans en France. « What the hell will happen now? I really don't know man! ». Juggernauts.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6