CHRONIQUE PAR ...

67
Silverbard
le 08 décembre 2013




SETLIST

Obscura:

The Anticosmic Overload 
Choir of Spirits 
Incarnated 
Imaginative Soul
Septuagint 
Ocean Gateways 
Drum Solo 
Centric Flow

Death:

Flattening of Emotions 
Leprosy / Left to Die 
Suicide Machine 
In Human Form 
Spiritual Healing / Within the Mind 
Bass Solo
Cosmic Sea 
(Chuck Schuldiner Tribute Video) 
Zombie Ritual / Baptized in Blood 
Together as One 
Crystal Mountain
Spirit Crusher
Lack of Comprehension 

Rappel: 
Pull the Plug

AFFILIÉ

Death
Paris - Trabendo
(05 mars 2015)
Hellfest (Clisson)
(20 juin 2014)

Obscura
Paris - Le Divan Du Monde
(26 octobre 2016)

25 novembre 2013 - Paris - Trabendo


Death_-_Obscura_Paris_-_Trabendo_20131125

Il existe des moments qu'on ne prévoit pas, où l'annonce d'un événement prend tout sens dans l'excitation et l'attente qu'elle créé immédiatement. Ce fut le cas de votre serviteur lorsqu'il découvrit l'affiche de ce soir… Bordel, Death quoi ! Le groupe fondateur de tout un genre dont il laissera à la postérité le nom ! Un groupe que j'étais résigné à ne jamais voir en live suite à – est-il encore nécessaire de le rappeler ? – la disparition prématurée en 2001 de son leader / guitariste révolutionnaire, le très regrété Chuck Schuldiner… Ne jamais dire jamais.

Loin de tout opération marketing du plus mauvais goût, on a là affaire à un hommage, quasi-processionnel du génie sus-nommé. Un hommage à son groupe, sa musique, son œuvre. DTA pour Death To All, voilà le nom donné à ces tournées "tribute", sous l'initiative de sa propre famille, de son manager… et de ses musiciens. On le sait, le bonhomme avait coutume de renouveler très largement pour chaque album ses camarades zicos l'accompagnant. Mais s'il est un line-up qui a marqué à vie tous les fans du groupes, c'est bien celui de Human, sorti il y a précisément 20 ans. C'est en toute logique qu'on retrouve ce soir les deux têtes pensantes de Cynic à la guitare (Paul Masdival) et derrière les fûts (Sean Reinert) ainsi que le légendaire bassiste Steve Di Giorgio. Et qui pour remplacer Chuck me direz-vous ? La lourde tâche a été confiée à Max Phelps, guitariste accompagnant actuellement Cynic en live.
Mais avant tout place aux premières parties, loin de ternir l'affiche puisqu'on retrouve sous Death, le logo d'Obscura ! Quelle joie de trouver les Allemands de la partie quand on connaît leur immense talent et leur inspiration non cachée par les travaux du sieur Schuldiner. Tout en bas de l'affiche est rajouté Darkrise, groupe de brutal death à tendance technique dont je ne pourrais plus vous parler que cette description car ayant débuté et fini leur set très tôt. Mais qu'importe, la soirée ne fait que commencer et il est temps de bien se placer dans ce Trabendo à la configuration vraiment mal adaptée aux concerts métalliques. Avec son balcon de côté, proche de la sortie vers l'extérieur et qui fait entonnoir, et sa fosse ridiculement petite en taille et surtout très basse puisque quasiment au même niveau que la scène, on est quasiment obligé de se placer en retrait sur les gradins pour à la fois voir pas trop mal la scène et avoir un son correct…

Obscura est visiblement toujours en promotion de son dernier album Omnivium - datant pourtant d'il y a deux ans – à en juger du backdrop à son effigie. Le concert s'ouvre pourtant sur une setlist quasi-exclusivement dédiée à Cosmogenesis, son deuxième effort qui a définitivement mis le quatuor sous le feu des projecteurs. Choix logique cependant par son aspect plus direct et accrocheur – et plus simple dans l'exécution, donnée non négligeable dans le death metal ultra-technique pratiqué ! Et premières impressions : le son est très bon et pas fort, ce qui est très appréciable. On discerne bien la basse dont le jeu est particulièrement intéressant, se détachant souvent complètement des guitares, la batterie est parfaitement réglée et les soli sont tout à fait audibles ! Toutes les conditions sont donc réunies pour profiter à fond avec un Steffen Kummerer très souriant et joueur avec le public.
Souriant oui, car depuis son récent lifting capillaire – le rendant beaucoup trop beau gosse pour un growler de death metal soit dit en passant – on peut distinguer son visage, ce qui n'est pas le cas de son compagnon six-cordistes Christian Münzner (ex-Necrophagist, Spawn Of Possession) dont on peut se demander à juste titre s'il distingue les cordes qu'il joue à travers sa longue crinière… Excessivement bluffant, ce dernier reproduit sans difficulté et à la note près les soli pondus sur album. A dénoter, un nouveau morceau du futur album dévoilé au public, intitulé "Imaginative Soul", semblant pousser le bouchon encore plus loin qu'Omnivium, à savoir encore plus technique dans ses parties brutales et encore plus aérien et jazzy dans ses parties mélodiques. Enfin, on pourra noter l'étrange choix que de jouer "Ocean Gateways", qui fait figure quelque peu d'OVNI sur Omnivium avec sa rythmique très lente mais qui passe finalement mieux en live qu'en studio. Le final "Centric Flow" était par contre particulièrement bien vu.
Sans plus tarder, place à la faucheuse Death qui va d'entrée mettre tout le monde d'accord dès "Flattening of Emotions" et son intro cultissime de batterie. Et plus particulièrement à partir du premier riff marteau-piqueur qui lance Human… Mon Dieu, ce son ! Pas facile à se rendre compte quand on connaît les versions studio des années 90s, avec les tics de mixage de l'époque (qui creusait beaucoup les mediums entre autres pour un rendu assez froid). Et redécouvrir le morceau en live avec un son très gras (et assez fort pour le coup), quel jouissance ! Une belle part de la setlist sera ainsi dédiée à Human malgré la volonté du groupe de n'éclipser aucun album. Ce qui permet de (re)découvrir comment peuvent sonner les titres de Leprosy et Spiritual Healing. Mais vous vous doutez de la réponse, la déferlante de riffs fait très très mal. Car Chuck savait non seulement composer de très bonnes chansons mais aussi y ajouter ce groove et ce feeling qui font que l'on ne s'emmerde pas une seconde entre ces couplets au chant rapeux et cette rythmique qui condamne l'audience au headbang permanent.
Une pause sera effectuée en milieu de set (qui durera finalement 1h15 en temps de jeu, pas énorme mais suffisant vu la dose de décibels et d'énergie qu'on y laissera), montrant sous forme de mini-documentaire photo des images du grand absent de la soirée. Documentaire bordélique car sans cohérence chronologique ou autre, des photos à la suite en fondu, grandes, petites, bien cadrées, mal cadrées, noir et blanc, couleur… Comme si on avait tiré au sort dans toutes les photos mettant en scène Chuck… Souvent des clichés sans grand intérêts, comme pour démystifier le génie… Une transition un peu bizarre avec une musique qui ne l'était pas moins. Finalement, le seul point noir de la soirée s'il fallait en chercher un. Car il ne faudra pas chercher du côté de l'interprétation absolument démente entre un Masdival surexicité et qui sautait partout (difficile à imaginer quand on ne l'a vu que dans Cynic), un Reinert toujours au top et un Di Giorgio qui en impose en charisme avec sa bûche en main. Seul Max Phelps livrera une performance juste honnête, à relativiser avec le boulot (chant+guitare) qu'il avait à assumer et la grandeur de l'homme qu'il avait à remplacer.

Anecdote amusante, le changement de line-up sur les titres post-Human, à savoir Hannes Grossmann, batteur d'Obscura qui viendra squatter pour "Crystal Mountain" (ce riff !) et "Spirit Crusher" (ce riff !). Sur ce dernier, on aura même Steffen Kummerer en bonus afin de s'adapter au chant plus black de The Sound Of Perseverance ! Un beau geste, très appréciable, avant de retrouver le line-up du début pour un double final extraordinaire "Lack of Comprehension" puis "Pull the Plug" en rappel. Quelle soirée ! L'émotion est palpable dans les regards de chacun en sachant qu'on vient de vivre quelque chose de rare et d'unique. On vous donne rendez-vous sans faute au Hellfest !


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 7 polaroid milieu 7 polaroid gauche 7