CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
le 24 mars 2014




SETLIST

Darkane : 
The Sinister Supremacy 
Innocence Gone
Insurrection Is Imminent
Mechanically Divine
Chaos Vs. Order
Layers Of Lies
Ostracized
Third
Convicted


Soilwork :
This Momentary Bliss
Like the Average Stalker
Overload
Weapon Of Vanity
Spectrum Of Eternity
Black Star Deceiver
Parasite Blues
Distortion Sleep
Bastard Chain 
Let This River Flow 
Long Live the Misanthrope
Tongue 
Nerve
The Living Infinite I 
Rise Above the Sentiment 

Rappels :

Late for the Kill, Early for the Slaughter
Stabbing the Drama

AFFILIÉ

Soilwork
Dunkerque - 4 Ecluses
(13 décembre 2015)
Hellfest (Clisson)
(22 juin 2014)
Marseille - Espace Julien
(13 octobre 2007)
Wacken (wacken)
(01 août 2008)

09 mars 2014 - Paris - Le Divan Du Monde


Soilwork_Paris_-_Le_Divan_Du_Monde_20140309

20 février 2013. Cette date lointaine est celle du dernier concert auquel s'était rendu votre serviteur. Putain. Une année entière sans connaître les joies de la musique live, de la bière à 4 euros le gobelet, des lumières qui s'éteignent sous les hourras. Trois cent quatre-vingt deux jours passés loin de la fosse. C'est trop, c'est beaucoup trop. Il était temps de replonger. Et pourquoi ne pas le faire avec de bons vieux potes de toujours, les suédois de Soilwork ? 

C'est dans un Divan du Monde très rempli que je débarque sur le coup des 19h30. System Divide ayant annulé, l'autre première partie, Darkane, dispose d'un plus grand temps de scène. Comme beaucoup, je ne connais pas du tout ce groupe. Mais pas de panique, on navigue clairement en territoire connu. Ce groupe suédois joue du... death mélodique, vous l'avez brillamment deviné. Préambule logique à la venue de Soilwork. Et à moins d'être de mauvaise foi ou totalement hostile au genre pratiqué (dans ce deuxième cas : que foutez-vous encore là ?), faut avouer que Darkane a mis une bonne ambiance, et permis au pit de s'échauffer tranquillement. Le vocaliste, un genre d'ogre barbu frôlant l'obésité, fait tout son possible pour maintenir la foule attentive et impliquée. Et il s'en sort bien, le public français montre un bel enthousiasme. Après neuf morceaux, Darkane se retire, manifestement ravi de l'accueil qu'on lui a réservé. La soirée commence vraiment bien.

Un t-shirt acheté et une pinte de bière éclusée plus tard, c'est l'heure d'aller se placer au milieu d'une foule bien compacte. Et de piétiner d'impatience. Heureusement, l'attente sera loin d'être interminable. Après un soundcheck (trop ?) rapide, les lumières s'éteignent. Une intro, hem... bizarre retentit, la tension est là, dans l'air, quasiment tangible. Le Divan du Monde retient son souffle, il attend la claque. Et c'est parti avec le virtuose "This Momentary Bliss" pour foutre tout le monde à genoux en dix secondes. Mais où est Björn ? Le petit coquin laisse l'intro débouler, avant de s'emparer du micro et d'entamer son couplet à la dernière seconde. L'animal fait une entrée remarquée, avec la manière ! Et il ne faudra pas longtemps pour constater qu'il est très en voix, le refrain de "This Momentary Bliss" est parfaitement chanté ! Toute la salle a déjà commencé à jumper dans tous les coins, de la pure folie. 

On déchante légèrement au moment du deuxième morceau, le génial "Like the Average Stalker", issu du surpuissant "A Predator's Portrait". Le morceau est exécuté avec brio, les riffs assénés font headbanguer l'assemblée comme jamais. Alors, qu'est-ce qui coince ? Le SON, bordel de merde ! Il se révélera malheureusement très brouillon au cours du set. Les guitares sifflent, le chant de Speed éprouve parfois des difficultés à se faire correctement entendre, aucun instrument ne surnage vraiment. Ce souci sonore s'est surtout révélé emmerdant dans les morceaux les plus bourrins, tels que "Late for the Kill" ou "Bastard Chain", où les intros se sont métamorphosées en bouillie. Ce reproche sonore ne pèse toutefois pas bien lourd face à la puissance et à l'énergie folle dégagée par ce concert. 

A peine remis de "Like the Average Stalker", un petit bruit stridulant se fait entendre. Tou-di-tidou, tou-di-tidou... Ce petit bruit, les fans de Soilwork le connaissent bien. C'est l'intro de "Overload". Cinq secondes plus tard, le pit s'est transformé en concours de qui fera la plus belle imitation d'un kangourou sautant sur place, tandis que les pogos commencent sérieusement à éclater dans les premiers rangs. Je pourrais passer en revue chacun des dix-sept morceaux de cette soirée tant chacun a représenté un excellent moment : "Parasite Blues", ni plus ni moins qu'une invitation à un headbang frénétique ; le dernier rappel "Stabbing the Drama", une immense boucherie avec un moshpit complètement hors de contrôle (on a frôlé le Wall of Death d'ailleurs, à deux reprises !). Comment oublier encore la démentielle "Spectrum Of Eternity", dont l'intro aux violons a été reprise à grands coups de "Woooh woooh" par un Divan du Monde surchauffé ? 

L'ami Speed fera peu d'interventions entre les morceaux. Il nous rappellera tout de même à plusieurs reprises que cela fait près de six ans que Soilwork n'était plus venu brûler les planches françaises. Effectivement, c'était au Trabendo, le 22 novembre 2008, j'y étais. Le temps passe définitivement trop vite. En tous les cas, au vu de la réceptivité de la foule ce soir, la bande à Speed y réfléchira à deux fois avant d'abandonner aussi longtemps son public français. Parlons-en, du public. Il fut très bon enfant et extrêmement motivé. Quelle joie de se livrer à des duels d'air guitar avec de parfaits inconnus pendant les soli de Coudret et d'Andersson, ou encore d'aller mosher comme un fou pendant la title track du dernier album, tuerie certifiée sur disque comme sur scène. Parmi mes voisins de pit, il y avait même deux tarés portant des genre de masques de paintball. Si vous me lisez les gars : changez rien, vous déchirez !

On pourra toujours pinailler sur la qualité médiocre du son, ou le fait que quelques classiques aient manqué à l'appel ("Follow the Hollow" ? "Rejection Role" ?), mais merde. Soilwork était de retour et l'a fait savoir de la façon la plus tonitruante possible. Speed a donné une performance vocale de premier ordre, en chant clair comme en growls. Le frontman a assuré le show d'un bout à l'autre, avec une conviction inébranlable et une énergie bouillonnante ! Les autres musiciens, plus discrets, se sont contentés de faire le taf avec classe et précision. Bravo, et merci Soilwork. Plus jamais une année entière sans concerts.

Galerie photos : Das Silverfoto


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