CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
le 02 juillet 2015




SETLIST

XIX
Sarcastrophe
The Heretic Anthem
Psychosocial
The Devil in I
AOV
Vermilion
Wait and Bleed
Before I Forget
Duality
Eyeless
Spit It Out

Rappel:
742617000027 
Sic 
Surfacing

AFFILIÉ

Slipknot
Sonisphere France (Snowpark, Amnéville)
(08 juillet 2011)

19 juin 2015 - Hellfest


Slipknot_Hellfest_20150619

Terminer la première journée du festival sur la Mainstage par Slipknot est, non seulement une chouette sensation, mais aussi intéressant pour une programmation Best-Of. Programmé à 00h45, le groupe dispose d'une grosse heure pour déglinguer les festivaliers et tenter de fatiguer les derniers jumpers qui auront déjà bien donné. Avec la sortie d'un cinquième album (5 : The Gray Chapter) étonnement bien accueilli globalement et un bon passage au Zénith, quelle allait être la prestation façon Clisson ?

Il reste beaucoup monde pour voir les hommes masqués lorsque commence "XIX" en guise d’intro ..   « walk with me, walk with me » ... Le public tangue et la tension devient palpable jusqu’en milieu de fosse, on le sent prêt à démarrer comme à la grande époque d’une tournée de Slipknot ou d’Iowa. Et le tout dure (mais dure... trois minutes qui en paraissent quinze) jusqu’au début de "Sarcastrophe". Les musiciens ont pris le relais et sont installés en scène. Le riff démarre enfin, les deux percussionnistes sont déjà montés à trois mètres de hauteur sur le kit monté sur vérins et frappent sur les fûts comme des dératés. Hélas, le son est très mauvais et les quelques brises n’ajoutent rien. La bouillie sonore dure deux bonnes minutes, mais globalement le son ne sera pas de la partie pour le set des Moisneaux (oui oui, un mec de Des Moines est un Moineau). Le groupe a démarré sur les chapeaux de roues comme à son habitude et va accélérer les choses dès le troisième titre en enchaînant sur  "The Heretic Anthem".
Le show et les clowneries commencent et, malgré les années et l’histoire du groupe, on apprécie l’énergie. Il est toujours agréable et difficile de voir tous les personnages, ces derniers occupant largement la scène et bougeant régulièrement, sauf le batteur et la tête d’épingle qui, par contre ne semble jamais avoir cessé d’headbanguer durant le show. Coté public, on s’éloigne des furieuses fosses que le groupe avait il y a au moins dix ans (déjà), mais cette furie est largement remplacée par un public chanteur et hurleur sur quasiment toutes les compositions, non seulement les « ultra-classics » à  la "Wait And Bleed", mais aussi les titres du derniers albums comme l’opener. L’échange est réel avec Corey qui admet la joie du groupe de revenir sur le Hellfest (accueilli cette fois ci de manière différente de son ancêtre FuryFest du pays des Rillettes, chacun en conviendra). Plus le concert avance et plus on se dit que Slipknot rejoint les groupes gigantesques et immenses qui, malheureusement, ont connu leur apogée de par le passé. Certes, celui ci reste un phénomène tant scénique que studio, mais les chansons se succédant, l’affreux chant gueulé de Corey (la parties claires étant finalement moins pire), les singeries usuelles des troubadours du groupes, laissent une légère et amère impression que la tuerie n'est plus.
Pourtant le groupe démonte toute la Mainstage et, une fois bien chaud, envoie sa célèbre agressivité et sa violence que les jeunes combos titillent à peine ;  une très bonne triplette "Before I Forget", "Duality" et un old school "Spit it Out" l'affirme. Le titre reprend au passage le public pour un « jump da fuck up » très suivi partout - genou à terre - en attendant le signal pour se mettre à sauter sur le refrain final. Exquis pour les nouveaux spectateurs et fans investis, hélas mal restitué ou mieux vécu lors de concerts passés par les vieux maggots. Ne faisons pas la fine bouche, certaines « légendes » réussiront bien moins leur prestation sur la même scène durant les trois jours. Un raisonnable rappel avec, une fois de plus, la longue attente sur le code barre (ndlr :"742617000027 ") pour déguster, avant d'aller boire un dernier coup (vite fait vers le Corner, car les bars sont fermés sur le festival), "sic" et  un toujours solide "Surfacing". Quelques adieux bien américains clôturent la soirée.


Le festivalier qui avait le courage de rester jusqu'au dernier concert pour découvrir Slipknot n'aura absolument pas été déçu : monstrueux, agressif et (presque) retrouvé, le groupe a rempli son contrat et se placera dans les bonnes prestations du cru 2015. Mais... (il y a un mais), les connaisseurs du début, même s'ils prennent toujours un pied énorme à voir le groupe, ne se surprendrons pas de la nostalgie présente durant le set. A suivre avec curiosité.



Crédits photo :
Nidhal Marzouk
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