The Murder Of My Sweet

Entretien avec Angelica Rylin (chant) - le 04 décembre 2009

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Cosmic Camel Clash

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Flower King

Une interview de




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Les Eternels n'ont pas pour habitude d'accorder des interviews aux groupes qu'ils n'ont pas trop aimé... mais les choses pourraient changer, car l'exercice se révèle finalement assez satisfaisant. Après la vaste blague HolyHell que votre serviteur a pris plaisir à exposer, le cas The Murder Of My Sweet est plutôt succulent. Dans le genre « cul entre deux chaises » l'album Divanity (chronique ici) est assez fortiche, coincé qu'il est entre les vélléités de succès commercial affichées par son chef d'orchestre Daniel Flores et le background progressif ambitieux du bonhomme. Une fois la lecture de cette interview achevée, vous devrirez comprendre de quel côté de l'équation se situe sa chanteuse Angelica...


Cosmic Camel Clash : On va commencer l’interview par une question que personne n’a dû te poser aujourd’hui, à savoir : l’historique du groupe ! J’ai lu la bio, et il semble que le producteur Daniel Flores soit tombé sur toi par hasard, et qu’il ne te connaissait pas auparavant. Comment vous-êtes vous rencontrés alors ?

Angelina : C’est vrai, nous ne nous étions jamais rencontrés avant. Daniel avait auditionné quelques chanteuses, mais aucune ne correspondait au projet qu’il voulait monter. Je pense qu’il avait entendu des bruits à mon sujet, de diverses sources, et il était curieux de me connaître. Donc il m’a appelé, et je l’ai rejoint au studio. Il y a un peu de hasard, oui, car je n’évoluais pas du tout dans le milieu musical avant cela, je ne faisais que chanter pour le fun avec des amis, chez moi… j’imagine qu’il avait épuisé toutes ses possibilités lorsqu’il m’a appelé.

Cosmic Camel Clash : Mais si tu n’étais pas dans le milieu de la musique, si tu ne chantais dans aucun groupe, comment est-ce possible qu’il ait entendu parler de toi ?

Angelina : Tu sais, la Suède n’est pas un grand pays ! Nous vivons tous les deux à Stockholm, et il s’avère que même si nous ne nous connaissions pas, nous avions des amis communs, nous adorions tous les deux la musique. Mais étrangement, nous n’avions jamais été présentés avant ce coup de fil. Je pense donc qu’il a entendu parler de moi via des amis.

Cosmic Camel Clash : OK. Mis à part le côté "chanteuse du dimanche", quel était ton background musical? Pratiquais-tu le chant depuis de nombreuses années ?
Angelina : Non, je chantais juste pour le plaisir. Je suppose que j’ai eu des cours de chant à l’école, mais rien de plus sérieux. J’aime chanter depuis que je suis petite, à l’époque j’avais l’habitude de chanter, danser en me promenant ici et là… Je n’ai pas de « background » musical. À l’époque, chanter dans un groupe était sûrement un de mes rêves d’enfance ; mais pouvoir le faire aujourd’hui, en tant qu’adulte, c’est la plus belle chose au monde !
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Cosmic Camel Clash : Oui, j’imagine... En tant que mélomane, est-ce que tu aimais la mouvance rock/metal avant de rejoindre le groupe ?

Angelina : En fait, non. Je préférais la musique pop, mainstream (rires), peut-être un peu de soul music… Quand Daniel m’a appelé, pour être honnête, j’étais assez sceptique. Il m’a expliqué en gros de quoi parlait sa musique et je lui ai dit : « Ouais, je ne suis pas sûre que ce soit mon genre de musique, mais je suis une fille curieuse alors, allons-y ! Je vais venir au studio, écouter les chansons et essayer. » Je crois que c’est grâce à mon immense curiosité que je suis allé jusqu’au studio, et lorsque j’ai entendu ces chansons, que j’ai commencé à les chanter, je suis totalement tombé sous leur charme ! La musique, les compositions, l’orchestration… et puis Daniel et moi, nous travaillons très bien ensemble. Je pense qu’il est tombé amoureux de ma voix là où je suis tombé amoureuse de sa musique, et depuis ce moment, nous travaillons ensemble.

Cosmic Camel Clash : OK, ça semble être un couple qui fonctionne !

Angelina : (rires) Oui, nous étions faits l’un pour l’autre !

Cosmic Camel Clash : Et donc, as-tu écouté d’autres groupes de la scène rock/metal depuis ?

Angelina : Oui, bien sûr, j’ai été influencé par les autres groupes, par les mecs de mon groupe, et ils m’ont fait découvrir tout plein d’autres artistes, que je n’ai pas tous adorés. Mais en général, je suis amatrice de « bonne musique » plutôt que tel ou tel groupe. J’aime les bonnes chansons. Je suis plus sensible aux orchestrations et aux paroles, et si la chanson raconte une bonne histoire, ça me plaira, j’imagine.

Cosmic Camel Clash : Est-ce que, par hasard, tu as pu écouter les groupes qui ont influencé The Murder Of My Sweet ? Je pense à Evanescence ou Nightwish.

Angelina : Oui, j’ai écouté deux-trois morceaux de ces groupes, et je trouve qu’ils sont super ! Ils ont d’excellentes chanteuses et des musiciens extraordinaires. Ce sont des super groupes.

PhotoCosmic Camel Clash : Tu as dit tout à l’heure que tu aimais travailler avec Daniel. Comment s’est réparti ce travail ? Est-ce que toutes les paroles et lignes vocales étaient déjà écrites ou as-tu pu apporter ta touche personnelle ?

Angelina : En fait, Daniel et moi avons travaillé ensemble sur presque toutes les chansons. Une ou deux d’entre elles étaient déjà terminées quand j’ai rejoint le groupe, mais nous avons écrit pratiquement tout l’album. Par exemple, Daniel va trouver un refrain, un rythme, qu’il va ramener dans le studio, et moi je vais y ajouter des mélodies, des paroles. Dès que la chanson a une épine dorsale solide, nous la présentons aux musiciens qui ajoutent leur grain de sel : Daniel Palmqvist (guitare) apporte la force et le son metal de ses riffs, par exemple… et après ça, Daniel Flores met la touche finale avec ses arrangements de cordes hyper créatifs.

Cosmic Camel Clash : Donc les orchestrations ne sont pas écrites par le claviériste ?

Angelina : Il en a écrit beaucoup sur l’album, mais Daniel a tout de même fait la plupart. Il est excellent, il pourrait faire un grand compositeur de musiques de films. L’ambiance qu’il parvient à donner à ces morceaux… c’est beau.


Cosmic Camel Clash : Ok. Puisque tu t’occupes des paroles (elle acquiesce) comment as-tu choisi les thèmes que tu voulais aborder ?

Angelina : C’est une bonne question ! La plupart du temps, c’est la vie de tous les jours qui m’inspire. Les gens que je rencontre, les situations dans lesquelles je me trouve, un livre que j’ai lu ou un film que j’ai vu… ou même quelque chose que j’ai entendu dans le métro (rires). Une personne peut dire une phrase cool qui me fait penser: « Wow ! Ça pourrait faire un super titre de chanson !» ou qui m’inspire pour un refrain. Certaines chansons sont de la fiction, d’autres s’inspirent d’une expérience que j’ai eue ou dont j’ai entendu parler… la vie de tous les jours, donc.

Cosmic Camel Clash : Prenons un exemple: le single "Bleed Me Dry". Est-ce de la fiction ou te plains-tu d’une chose qui t’est réellement arrivée ?

Angelina : Ça ne m’est pas arrivé, c’est plus l’idée générale du « je ne suis pas comme toi, je suis différente ». Certaines personnes veulent suivre leur propre route. Il y a des enfants qui se rebellent contre leurs parents qui ont déjà tracé leur chemin pour eux. La chanson parle de s’écarter de ce chemin et de dire « je ne suis pas comme toi, tu ne peux pas me forcer à faire ce dont tu as envie, je vais suivre ma voie, merci ». Ce n’est pas personnel, mais c’est une épreuve que traversent beaucoup de personnes. Et le fait de tracer sa propre route, de faire ce que l’on veut, ça demande un gros effort. Mais une fois qu’on l'a fourni, ça ouvre beaucoup de portes.

Cosmic Camel Clash : Ce genre de message plaît beaucoup à un public jeune, un public d’adolescents en crise… (elle acquiesce) c’est ce que tu avais en tête ?

Angelina : Je n’y pensais pas quand j’ai commencé à écrire la chanson ; mais c’est sûr que nous y avons tous pensé dans le groupe quand nous l’avons terminé. Et les commentaires que nous avons reçus sur le myspace correspondent exactement à ce que tu viens de décrire. « Je peux me voir dans votre chanson », « Écouter votre titre m’aide beaucoup et me donne la force de faire quelque chose »… Beaucoup de jeunes, et aussi des moins jeunes, peuvent s’identifier dans ce thème.

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Cosmic Camel Clash : Est-ce pour cela que cette chanson en particulier sort en single ?

Angelina : Peut-être, je ne suis pas sûre. C’est aussi un titre assez catchy (rires)

Cosmic Camel Clash : Mais tous les titres de l’album sont catchy !

Angelina : Tu trouves ? (rires) Pour cette chanson, nous l’avons trouvée suffisamment forte, et nous avons pensé qu’elle parlerait aux gens et qu’elle pourrait les faire découvrir ce qu’est The Murder Of My Sweet. Toutes nos chansons sont différentes, mais il y a un thème qui les relie. Elles sont toutes différentes et sonnent pareil à la fois. "Bleed Me Dry" est peut-être le bon moyen de montrer à tous de quoi parle notre musique.

Cosmic Camel Clash : Dans l’album, il y a une chanson qui ressort particulièrement, car elle est plus complexe, moins directe. Ça reste accrocheur, mais les orchestrations sont plus riches. Je parle de "Revolution". Elle est un peu plus longue que les autres titres, aussi. Est-ce une démarche volontaire, est-ce que vous vous êtes dit « Ok, faisons un morceau plus complexe !»

Angelina : Non. Nous avions composé une vingtaine de chansons pour l’album, et nous n’en avons inclus que douze, les douze meilleures. Mais quand nous avons composé ces chansons, on ne s’est pas dit : « faisons ce type de morceau, il nous en faut un comme ça ». Nous jouons, nous chantons, et ensuite on voit si c’est bon ou pas, si ça vaut le coup de continuer à travailler dessus. Nous avons composé tous les titres de cette manière. C’est juste venu comme ça.

Cosmic Camel Clash : Ok. C’est assez surprenant de voir la couverture médiatique dont vous jouissez alors que votre premier album n’est pas encore sorti !

Angelina : Je sais ! C’est extraordinaire ! (rires)

Cosmic Camel Clash : Oui ! D’après toi, qu’est-ce qui explique cet intérêt des media ?

Angelina : Je ne suis pas sûre d’avoir une explication pour ça, parce qu’on ne s’y attendait pas du tout. Nous sommes très heureux que tant de personnes aiment déjà nos chansons, écoutent ce que nous faisons et ont acheté notre single. Nous avons atteint le Top 20 des charts britanniques ! Le single était en rupture la première semaine. Je crois que ça a pu expliquer l’intérêt des médias. Et nous avons reçu tellement de feedback positif sur le myspace, de fans du monde entier, des gens nous écrivent des e-mails, postent des commentaires chaque jour, écoutent nos chansons, nous demandent quand l’album va sortir… cette présence médiatique a été une surprise, une agréable surprise. C’est quelque chose que nous souhaitions depuis longtemps. J’espère que quand l’album sortira (le 29 janvier), l’impact sera aussi énorme qu’actuellement (rires) et que les gens vont aimer. Qui sait ce qui peut se passer ?
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Cosmic Camel Clash : Bonne chance en tout cas ! Puisque tu parlais du myspace : l’espace photos du groupe comprend des albums dans lesquels ne figurent que des photos de toi. Par exemple, l’album « My Pictures » comprend certaines photos dans des poses suggestives et des tenues plutôt sexy… tu ne penses pas tomber dans le cliché du groupe à chanteuse ?

Angelina : Je ne sais pas. (hésitante) Des tenues sexy… je pense que chacun doit porter les tenues dans lesquelles il se sent bien, celles qui épousent votre corps, et dans mon cas, qui épousent la musique que je fais. Est-ce un cliché ? Je ne sais pas. (sèche) Je suis une fille, et si j’ai envie de porter une jupe ou une robe, ça ne devrait pas poser de problème.

Cosmic Camel Clash : Ok. Comment êtes-vous parvenu à avoir ces enfants pour les chœurs de "Death of a Movie Star" ?

Angelina : Oh, ils étaient si mignons ! Quand nous avons écrit la chanson, nous avions des tas d’éléments que nous souhaitions rajouter, et nous nous étions mis d’accord pour inclure deux jeunes enfants qui chanteraient le début et la fin du titre, à la manière d’un film d’horreur. The Murder of My Sweet, il y a les deux facettes, la face sombre et la face douce… des voix d’enfants peuvent produire cet effet sur les gens. C’est effrayant pour eux d’entendre des bambins chanter de cette manière. Ma sœur travaille à l’école maternelle, et nous a amené ces deux petites filles, toutes mignonnes, qui aimaient la musique rock ! (rires) Le courant est bien passé entre nous, c’était génial.

Cosmic Camel Clash : La fin de l’interview approche et je termine toujours de la même façon : on s’arrête là si tu n’as rien à ajouter, mais si tu as quelque chose à dire, profites-en !

Angelina : J’espère juste que tout le monde aimera l’album, et que les gens tripperont dessus, qu’ils l’écouteront, que ça les fera pleurer, ou qu’ils feront l’amour en l’écoutant… et qu’ils prendront autant de plaisir que nous en avons eu à l’écrire et l’enregistrer. S’il vous plaît, si vous aimez nos chansons, achetez l’album, ne le téléchargez pas, car il y a un très beau livret avec des photos superbes. Et venez vous amuser avec nous !




Crédit photos : www.myspace.com/themurderofmysweet


Questions : CCC

Traduction / transcription : FK


 


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