MZ

Entretien avec Markus Fortunato (basse) - le 25 juin 2010

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Lucificum

Une interview de




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MZ, groupe français de heavy-metal néo-classique, nous est revenu avec dans sa besace l'album Heavenwards (chronique ici) qui, s'il s'est avéré inégal, est soigné et parfois très inspiré. Il fallait donc en savoir un peu plus sur cette formation, et surtout tailler le bout de gras avec un bassiste de talent et, comme votre serviteur, un fan de néo-classique. Discussion entre deux passionnés...


Lucificum : Peux-tu nous présenter le groupe, et sa carrière jusqu’ici, même si ça n’est sans doute pas la partie la plus passionnante pour toi ?

Markus Fortunato (basse) : (rires) Eh bien…je suis Markus, bassiste du groupe MZ. MZ a 11 ans d’existence maintenant, et nous venons de sortir notre 7e album. Notre particularité est que nous faisons du métal néo-classique, ce qui est assez rare en France, et surtout, nous avons commencé par être un groupe instrumental durant cinq albums. Nous avons recruté un chanteur en 2005 nous sommes donc maintenant un groupe plus… « classique », avec des morceaux plus structurés et du chant quasiment tout le temps.

PhotoLucificum : Peux-tu nous présenter ce nouvel album, comme si tu souhaitais le vendre à quelqu’un ne connaissant pas MZ ?

Markus : Notre nouvel album est un album de hard rock très mélodique s’inspirant soit des grands musiciens suédois soit la musique classique. Pour quelqu’un ne connaissant pas trop le hard-rock, MZ est peut être le bon groupe pour découvrir cette musique, car c’est mélodiquement assez abordable.

Lucificum : Comment fonctionne le processus d’écriture chez MZ ?

Markus : Eh bien écoute, nous faisons toujours un petit peu la même chose, c’est-à-dire que celui qui compose un morceau montre un premier jet aux autres membres du groupe, puis en fonction des envies de chacun, on arrange, on modifie ce que nous a montré le principal compositeur, et une fois que tout le monde est a peu près content, nous le jouons et Jean-Jacques essaie de créer une ligne de chant dessus en yaourt. Lorsqu’elle est faite, nous écrivons le texte pour qu’il colle dessus.


Lucificum : C’est principalement Zan et toi qui composez, non ? Ou bien tout le monde y met les mains ?

Markus : Tout le monde a la parole, même si c’est souvent moi qui amène le premier jet. Mais ça n’a pas d’importance, chacun peut amener autant d’idée qu’il veut, et si tout le monde est d’accord pour se faire critiquer ouvertement – toujours très poliment, bien sur ! – il n’y a aucun problème, c’est ainsi que ça marche dans MZ.

Lucificum : De quelle manière ta façon de composer a changé avec l’arrivée de Jean-Jacques ?

Markus : J’essaie toujours de trouver un refrain qui tient la route. C’est super important quand il y a du chant. Avant, quand nous faisions de l’instrumental, je partais dans tous les sens et ça ne m’embêtais pas plus que ça. Maintenant, à une exception près sur l’album – le morceau "Heavenwards", où effectivement ça part dans tous les sens et où il n’y a aucune répétition de texte et qui fait presque 10 minutes – j’essaie de structurer le morceau pour que l’auditeur s’y retrouve, je fais une chanson, tout simplement…

Lucificum : Et c’est plus une contrainte, pour toi, ou bien ça reste naturel ? Car pour moi, dans cet album, le morceau "Heavenwards" détonne par rapport au reste, et c’est pour moi de loin le meilleur morceau de la galette…justement parce qu’il part un peu dans tous les sens que Jean-Jacques a suivi le mouvement…Est-ce que composer du couplet/refrain, couplet/refrain, c’est naturel, ou bien tu le fais sciemment ?

Markus : Eh bien…les deux. Ça me facilite les choses. C’est vraiment plus facile de composer comme cela. Avant, la musique, tu as vu…ça n’était pas de la musique classique car c’est un bien grand mot, je ne me prends pas pour un grand compositeur, loin de là…mais ça prenait du temps, tous ces arrangements…Maintenant, nous pouvons nous permettre de composer plus de morceau et d’en mettre à la poubelle. Pour cela, c’est bien. Mais j’ai tenu à ce qu’il y ait dans Heavenwards ce morceau-là, dont tu viens de parler, que moi je trouve super intéressant, mais il est possible que des gens étant habitués à écouter du rock « normal » soient un peu perdus par ce genre de morceau. Nous n’en avons mis qu’un sur l’album, ça n’aurait été que moi, nous en aurions mis quatre.
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Lucificum : J’aurais apprécié, car c’est un superbe morceau ! Je t’encourage à continuer à composer dans cette voie-là, c’est très bon !

Markus : Merci !

Lucificum : Quels sont les thèmes de prédilections abordés par MZ, maintenant qu’il y a du texte ?

Markus : J’essaie de parler de ma spiritualité, de ce qui compte vraiment pour moi, c'est-à-dire ne pas être matérialiste, prendre plaisir à la réflexion…j’essaie d’être assez poétique. Et puis je parle aussi un peu de médiéval-fantastique car ça me tient à cœur. Le morceau "Heavenwards" est inspiré des Deux Tours, du film et des bouquins (ndlr : livre de Tolkien et film de Peter Jackson). Je parle aussi de grands personnages historiques, comme de Napoléon sur "Long For Dominate".

Lucificum : Tu écris seul les paroles, ou bien Jean-Jacques participe également ?

Markus : Non, c’est moi. De temps en temps, les autres me disent qu’ils aimeraient bien parler de ceci ou de cela, et ça me fait un fil directeur. Je me renseigne puis j’essaie d’écrire quelque chose qui plait à tout le monde.

Lucificum : Qu’est ce qui t’a plu dans le chant un peu atypique de Jean-Jacques ? Car sa voix est un peu à double tranchant : soit on aime soit on déteste…c’est vraiment différend des chanteurs les plus répandus (Stratovarius, Malmsteen…) avec des voix assez lisses…

Markus : Eh bien, je suis comme toi, personnellement j’adore son timbre qu’on ne peut pas oublier et qui me fait par moment penser au premier chanteur d’At Vance (ndlr : Olivier Hartmann). Ça fait des années que nous nous connaissons tous : j’ai connu Jean-Jacques en 93 quand j’écrivais des textes pour le groupe dans lequel il jouait avec Laurent (ndlr : Bourgin), le batteur de l’époque. Ca ne date donc pas d’hier, que j’écrive des textes ! (rires) Je ne faisais pas partie du groupe, je ne touchais pas à la musique. Nous nous étions dit qu’un jour, nous ferions quelque chose tous les deux. C’était comme une espèce de pacte. Mais au début de MZ, et de mes autres groupes, il me disait qu’il trouvait ça trop progressif, que ça partait trop dans tous les sens, donc que ça n’était pas pour lui. Et puis un jour, aidé de Zan (ndlr : Dang, guitare) et Julien (ndlr : Fenril Adamo), le guitariste de l’époque, j’ai écris "Nostalgic Heroes", en instrumental. Je lui ai fait écouter et il m’a dit «ok, je lâche tout, je viens avec toi et c’est parti». Les compositions, à ce moment-là, lui ont vraiment plu.

PhotoLucificum : Donc pour toi, maintenant, MZ est devenu indissociable du chant et ne pourrait pas redevenir instrumental…

Markus : Écoute, je ne sais pas de quoi l’avenir sera fait…sur ces deux albums studios (ndlr : Nostalgic Heroes et Heavenwards) nous avons maintenant un répertoire de chanson dont je suis assez fier et je ne voudrais pas revenir en arrière, c’est sur.

Lucificum : On imagine que Jean-Jacques était un fan de Dio, vu la similitude de leurs timbres et qu’il a du être affecté par sa mort…

Markus : C’est sur, nous sommes vraiment très attristés…nous ne l’avons pas encore fait faute de temps, mais nous voulions reprendre "Last In Line" à notre dernier concert. A la rentrée, c’est sur que nous ferons un hommage…une reprise, une adaptation. C’est une perte phénoménale. Tu te rends compte, j’ai découvert Rainbow On Stage (ndlr : album live de 1977), j’avais 9 ans. C’est de là qu’est partie ma passion, et j’ai encore des frissons rien que d’en parler…


Lucificum : Ton approche de la basse est clairement atypique pour un groupe de métal : mise en avant dans le mix mais aussi dans les compos, à tel point que certains t’appelle un « basse-hero » même si tu n’aime pas ca…de quelle manière appréhendes-tu la basse dans tes compos ?

Markus : Eh bien, ça va peut-être te paraitre un peu bizarre, mais j’aime bien, lorsque j’écris une première ligne sur un morceau, me dire que c’est un orgue pour Jean-Sebastien Bach. Zan, c’est la main droite, et moi la main gauche. Alors de temps en temps, effectivement, nous nous contentons de faire des accords ou de la croche…mais j’appréhende mon jeu un peu comme une main gauche de claviériste.

Lucificum : Et tu composes basse en main ?

Markus : Il n’y a pas d’école. J’ai un petit clavier chez moi, je joue comme un âne mais j’arrive à faire quelques mélodies, et puis d’autres fois c’est directement dans la tête, et d’autre fois encore c’est à la basse. Parfois c’est difficile car c’est dans la tête mais tu n’as pas d’instrument, alors tu dois tout noter…tu écris ce que tu crois que c’est sur la partoche, puis plus tard tu prends la basse et tu le joues…et puis tu te dis «ah ouais, c’est à peu près ça»… Mais tu vois, il n’y a pas d’école. Ça vient comme ça.

Lucificum : Le néo-classique est un genre clairement anecdotique en France, il y a assez peu de représentants pour soutenir et défendre cette scène…que penses-tu de cette situation où le néo-classique semble presque boudé en France ?

Markus : Voila. C’est tout à fait le terme qui convient. Je pense que la France est un pays de merde au niveau de la musique ! (rires) Que ça soit le néo-classique ou le rock en général ! Nous sommes un pays de bouffe, mais pas de musique, je pense que tu seras d’accord avec moi ! Je me souviens de Kiss qui était interviewé à la télé à l’occasion de leur concert en France, l’année dernière…ils disaient qu’ils adoraient venir en France pour la bouffe, mais que pour la musique c’était vraiment un pays de merde, et ils avaient raison ! (rires) Le type qui était en face faisait une de ces têtes…Tu vois, un groupe comme Adagio, avec quand même des pointures dedans, sont obligés de mettre des éléments d’autres musiques pour pouvoir vendre un peu plus. Un peu de black métal, de prog’…ça n’est pas 100% néo-classique, parce qu’en France, ça n’est pas une musique qui va fonctionner. Ils devraient sans doute aller vivre au Japon pour qu’il se passe quelque chose…
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Lucificum : Oh, ils le disent eux-mêmes : leur second public, après la France, c’est le Japon. Les japonais sont fans, et il n’y a qu’à écouter un peu de la musique qu’ils font, les Malice Mizer, Moi Dix Mois…tout ça est plein d’influences néo-classiques.

Markus : Zan est complètement fan de cette musique japonaise, moi je ne connais pas beaucoup mais je ne demande qu’à découvrir. Il y a des tonnes de choses super originales. Là, en ce moment, je découvre pleins de suédois des années 2000 comme Opus Atlantica, Midnight Sun…

Lucificum : Tu dois connaitre tout ce qui est Zonata, Kenziner…

Markus : Oh, bah bien sur ! J’adore, tout ça. Mais si tu as l’occasion d’écouter le seul album de Opus Atlantica, tu verras : c’est une tuerie. Les morceaux sont beaux…tout ce que j’aime !

Lucificum : Et quels sont tes rapports avec la musique classique, d’ailleurs ?

Markus : Je n’aime pas toutes les musiques classiques…il y a des choses que je trouve trop difficiles à appréhender, particulièrement du XXe siècle. Mais j’adore le XVIIIe et début du XIXe siècle, en gros de la fin de Vivaldi à Beethoven, Mozart, Schubert, etc…Non seulement j’en écoute pas mal, mais j’essaie d’en jouer à la basse. Faire des parties de piano à deux mains, ce genre de chose, c’est très formateur. Et puis dans ces musiques là, il n’y a pas de schéma pour retenir. Quand tu joues un morceau de Malmsteen ou autre, il y a des structures qui reviennent, qui sont compréhensibles, des progressions d’accords mémorisables…Alors qu’il y a des choses en musique classique qui te décontenancent complètement, où tu ne sais pas comment il a fait pour faire une progression comme ça, comment parvenir à la retenir sans la partition, etc…C’est un autre monde, où l’on peut simplement prendre du plaisir à écouter. Sur scène, durant mon solo de basse, je reprends un caprice de Paganini, la Badinerie de JS. Bach, et ça interpelle les gens.

Lucificum : Qui sait, ça peut plaire à l’amateur de métal de base ?

Markus : Voila ! Et puis c’est dans l’inconscient collectif, ce genre de petites mélodies.

PhotoLucificum : Ceci dit, le classique, si on n’en écoute pas, on ne l’entend que dans des musiques de film ou de pub…

Markus : Ouais…ça n’est pas faux.

Lucificum : Vous faites beaucoup de concerts du côté de Lyon…c’est plus difficile de vous déplacer ?

Markus : Franchement, je crois que si on s’en donnait vraiment la peine, nous n’aurions pas trop de difficultés à tourner. Les petites salles qui nous conviennent, disons 80 ou 100 personnes – nous ne ferions pas beaucoup plus, nous ne sommes pas assez populaires – il y a ce qu’il faut en France. Organiser des petits concerts pas trop chers, avoir des petits cachets…Le problème c’est que nous avons tous un certain âge et nous ne pouvons pas nous permettre de nous barrer de chez nous pendant quinze jours ou trois semaines pour faire une petite tournée. Ça, c’est faisable quand tu as 20 ou 25 ans et que ta vie n’est pas encore faite…Nous avons nos jobs, nos familles, et nous essayons de faire au mieux, genre deux ou trois concerts par mois.


Lucificum : Vous avez signé avec Brennus Record, c’est plutôt une bonne chose, non ?

Markus : Je côtoie le gestionnaire depuis des années car nous fréquentons le même milieu, et c’est quelqu’un d’hyper sérieux. Il bosse bien, c’est ce qui nous intéresse. Nous avons quelques exclusivités, comme la distribution numérique de nos titres sur internet, et lui il s’occupe de la distribution en magasin.

Lucificum : J’ai vu que vous mettiez votre album en écoute intégrale sur votre site…c’est donc plus une volonté de vous faire connaitre que de vendre des caisses d’album ?

Markus : Exactement. De toute façon, ça fait un bail que nous savons que nous ne vendrons pas des caisses d’albums. Le principal, c’est que la personne qui a envie de nous découvrir puisse le faire le plus facilement possible. Comme nous savons qu’il ne doit pas y avoir plus de 25 magasins en France qui proposent notre album, autant le mettre sur le net. Tout le monde a accès à internet, maintenant, sauf le gars qui vit dans sa grotte au fond de la Creuse…les autres peuvent donc écouter tranquillement notre musique sur leur PC. Et si ça les interpelle, je pense qu’il y en aura quelques-uns qui feront la démarche d’acheter le disque, par correspondance ou dans un magasin. C’est en gros notre politique.

Lucificum : C’est vrai que j’étais agréablement surpris de recevoir pour la promo votre CD blisté dans la boite aux lettres, à l’heure où les labels font des coupes franches budgétaires et n’envoient plus que des mp3 à télécharger…ça fait plaisir.

Markus : C’est aussi une de nos politiques. Nous pourrions presque vendre des clefs mp3, durant les concerts (rires), mais il y a encore pas mal de gens qui sont attachés au CD. Rien que pour eux, ça vaut le coup de tirer quelques disques. Du coup nous essayons de faire notre promo avec ça. C’est plus intéressant que simplement du numérique…

Lucificum : MZ fait aussi pas mal de reprise, voire des sets entiers (de Malmsteen, par exemple)…c’est un moyen de faire découvrir MZ aux gens, aussi ?

Markus : Pas du tout. Si nous voulions nous faire découvrir, nous ferions un cover AC/DC – ce que nous avons d’ailleurs fait, nous en jouons une dizaine…Non, les reprises c’est vraiment 100% plaisir. S’il y a 100 personnes au concert, il ne doit pas y en avoir plus de cinq qui connaissent. Nous voulions nous faire un délire, je crois que dans le monde il doit y avoir trois cover-band de Malmsteen…Jean-Jacques est arrivé un jour en répète et a dit «voila, nous allons apprendre ces morceaux-là»…nous avons fait l’année dernière la première partie d'un groupe de Savoie, et nous nous sommes dit que pour ce concert, nous allions nous marrer et ne faire que des reprises de Malmsteen. C’est parti comme cela. De temps en temps, nous nous faisons des soirées cover. En avril, nous avons fait une soirée avec des reprises de Kiss, d’AC/DC…c’est super sympa.
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Lucificum : Et ça n’est pas trop frustrant de ne pas jouer votre répertoire ?

Markus : Non, vu que le concert d’après, nous allons le jouer…nous alternons, et du coup c’est cool. Bon, alors il y a toujours des mecs qui disent «ouais, ce n’est pas bien les reprises» et au concert d’après ils disent «pourquoi vous ne faites pas les reprises ?» (rires)…Il y aura toujours des mécontents, ça n’est pas grave. L’essentiel c’est de nous faire plaisir, et nous prenons notre pied. C’est ce qui importe.

Lucificum : Dans un monde parfait, avec quels artistes néo-classiques, ou même en général, aimerais-tu collaborer ?

Markus : Moi, mon rêve ultime, dont je pense que je ne le réaliserai jamais, c’est d’être le bassiste d’Yngwie. Je lui envoie mes coordonnées à peu près deux fois par an, avec des vidéos de ce que je fais, et s’il me demande de venir faire une audition, j’y vais ! Mais bon, là ce serait perso, je ne penserai plus à MZ. Sur scène, tu vois, durant mon solo de basse, je reprends "Far Beyond The Sun", et bien sur je fais les parties de guitare à la basse !
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Lucificum (impressionné) : Ah oui…tout de même…

Markus : Bah écoute, cela fait 25 ans que je joue de la basse, tous les jours, et mon maitre, c’est Yngwie. Jouer ses notes à la virgule près, ça serait le pied !

Lucificum : Déjà, moi je lutte à la guitare pour sortir un "Far Beyond The Sun", alors je n’imagine même pas à la basse !

Markus : Oh ben en fait ce n’est pas dur : il suffit de le bosser ! (rires)

Lucificum : Peux-tu me parler des projets futurs de MZ ?

Markus : Déjà, nous allons essayer de faire quelques concerts l’année prochaine. Nous avons également quelques compositions dans les cartons et nous allons essayer de les travailler un petit peu. Nous allons essayer également de faire de nouvelles reprises de Malmsteen. Par exemple, nous avons adapté "Black Star" pour deux guitares, car Jean-Jacques en joue aussi, et l’une des deux va remplacer le clavier qui joue en harmonie. Nous allons essayer de faire pas mal de morceaux de ce genre, comme "Krakatau". Mais bon, tout cela reste dans la continuité de MZ, il ne va sans doute rien arriver d’extraordinaire.


Lucificum : Nous arrivons à la fin de l’interview, mais avant d’en terminer, je voulais te raconter de quelle manière j’ai découvert MZ. Ca devait être il y a 3 ou 4 ans, et sur le forum de notre site, il y a un gars qui s’est inscrit et qui a posté un message en disant «aha, regardez ce groupe, c’est nul, le chanteur chante trop mal», donc j’ai cliqué par curiosité et c’était un lien vers…

Markus : …vers une vidéo de "Before The Sun Goes Down" (ndlr : titre présent sur l'album Nostalgic Heroes).

Lucificum : Exactement ! Et moi j’ai bien aimé, et voila, je me suis intéressé à MZ. Alors c’était quoi, c’était un genre de manière de faire une promo déguisée ?

Markus : Pas du tout. C’est un mec qui a fait ça, je ne sais pas du tout qui c’est. Le mec de la maison de disque, je lui en ai parlé – à l’époque, c’était Laurent Boquet, dont j’étais très proche – et il m’a dit «celui-là, c’est un mec que tu connais très bien et qui est jaloux». Mais je n’ai jamais su qui c’était…

Lucificum : En tous cas, ça a un peu joué en votre faveur car sans cet abruti, je n’aurais peut être jamais entendu parler de MZ…

Markus : (Rires) Il nous a quand même copieusement insultés, donc ça m’a tout de même mis les boules. Mais bon, comme tu dis, à tout malheur, il y a de bonnes choses…ça nous a fait une petite pub ! (rires)

Lucificum : C’est notre rôle de webzine : nous aimons, nous tâchons de faire connaitre !

Markus : Alors penche-toi sur Opus Atlantica, c’est une tuerie ! D’ailleurs, tu connais les projets de Richard Andersson, le claviériste ?

Lucificum : Ah, j’adore ce gars ! C’est un malade…

Markus : Bah voila. Je suis dingue de ce mec. Je suis aussi un peu en contact avec lui, et il m’a dit qu’il cherchait un bassiste, et qu’il fera appel à moi pour son prochain album. Ce mec est immense, dans tous les sens du terme ! (rires) (ndlr : Andersen doit plafonner à plus de 2m…)

Lucificum : J’adore l’album qu’il a fait avec Johanson, le chanteur de Wuthering Heights…

Markus : Ah putain, les deux albums qu’il a fait avec Space Odyssey, c’est incroyable ! Eh, tu as vu comment ça se fait descendre sur internet, ça ?
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Lucificum : Oui, c’est ce que nous disions tout à l’heure : le néo-classique est trop souvent mal accueilli en France ! Allez, une toute dernière question : nous sommes le 25 Juin 2010 et cela fait donc un an jour pour jour que Michael Jackson est mort…est-ce qu’en tant que musicien tu as été affecté ?

Markus : Oui…oui, tout de même. Il a toujours fait des musiques différentes, quand il a bossé avec Van Halen, par exemple…Il a toujours écrit des supers titres, même si ça n’était pas totalement dans mes gouts personnels. J’ai vu This Is It en DVD, et franchement, les zicos avec lesquels il joue, ils sont forts ! Et puis ce mec forçait le respect : avec ses musiciens et ses danseurs, jamais il n’élève la voix, il sait exactement ce qu’il veut, va là où il faut aller, toujours tranquillement et jamais de façon vindicative.

Lucificum : Eh bien, si tu as un dernier mot à adresser à tes lecteurs…c’est le moment !

Markus : Eh bien merci à tous les gens qui nous ont lu, et si ça leur a donné envie de poser une oreille sur la musique de MZ…c’était le but. Et puis j’en ai parlé durant l’interview, mais toute la passion que j’ai pour mon instrument…j’ai envie de remercier le concepteur de mes basses favorites, qui s’appelle Michael Tobias, il est américain et a maintenant un certain âge. Il a contribué à ma passion, et s’il y a comme moi des gens passionnés par la basse ou qui vont avoir envie de s’y pencher, et bien j’aurais gagné, là.




Crédit photo : myspace.com/mzneoclassicalmetal





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