Klone

Entretien avec Guillaume (guitare) - le 20 juin 2010

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Gazus

Une interview de




Klone_20100620

Alors que Black Days (lire la chronique) a joui d'un fort bon accueil global depuis sa sortie, il s'est avéré décevant pour votre serviteur, vis-à-vis notamment du potentiel créatif énorme que le groupe semble contenir. Ce n'est cependant pas là une raison suffisante pour refuser un entretien en catimini avec l'un des membres de la formation poitevine, après une rencontre fortuite dans les toilettes du carré VIP du Hellfest. Dont acte.


Gazus : Ca fait quelques mois maintenant que Black Days est sorti. Quels sont les retours ?

Guillaume : Les retours presse sont très bons, à part quelques chroniques (sourires). Il y a eu de très bons retours dans la presse française, dans les magazines et puis dans les webzines en général il y a eu de très, très bonnes notes. Peut-être même les meilleures que nous ayions jamais eues. Soit c'est l'équivalent à All Seeing Eye, soit c'est mieux. Il ya quelques avis divergents sur… la façon dont l'album a été compris, des fois. Ca dépend des personnes, il y en a certains… Le truc qui revient souvent, c'est que l'album n'est pas très digeste, assez massif et qu'il faut du temps et pas mal d'écoutes avant de vraiment rentrer dans la musique. Sinon, à part ça, les retours que nous avons nous des personnes qui l'ont acheté sont vraiment très bons et nous sommes pressés de faire ces morceaux en live parce que la tournée va commencer à partir d'octobre.

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Gazus : Comment s'est passé le processus de compo ? Combien de temps ça vous a pris ?

Guillaume : Nous avons commencé à travailler dessus… nous avions déjà des bribes de morceaux qui étaient prêtes. Et nous nous sommes mis vraiment à bosser dessus l'année dernière à partir de janvier où nous avions des compos de base, on va dire, que nous avons travaillées en répète. Nous avons testé différentes choses et… c'est la première fois que nous bossons autant sur un album. Nous avons fait des répètes tous les jours, soit à deux, soit à trois avec Flo, le batteur, Yan le chanteur et moi-même avec l'autre guitariste de temps en temps. Mais il y en a qui ont des boulots à côté donc ils ne pouvaient pas être tout le temps au boulot. Et donc nous nous enfermions dans le box du confort facilement cinq six heures par jour et essayer des choses, essayer des plans batterie avec Flo parce que c'est un batteur qui vient du punk et du hardcore à la base. Donc nous lui avons fait écrémé son jeu par rapport à des gimmicks qu'il y avait dans All Seeing Eye

Gazus : Moins de poum-tchac-poum-tchac…

Guillaume : (fait des onomatopées batteuristiques) Nous avons viré des grosses caisses, essayés de simplifier vers un côté efficaces et un peu plus «power», Pantera, dans l'esprit du groupe mais qui permet de laisser de la place aux riffs. Et heu… j'ai perdu le fil de ta question ?

Gazus : Le processus de composition.

Guillaume : Oui ! Donc le processus de compo : en général, c'est un riff. On jamme dessus. Les couplets et les refrains sont bien écrits à l'avance et nous nous laissons toujours une petite part d'improvisation. On jamme sur les riffs pour voir jusqu'où on peut aller,voir où on peut l'amener et essayer différents patterns de batterie sur différents riffs. En fait, on essaye d'avoir un côté progressif : on a une structure pop et dans la structure pop, on essaye de la rendre progressive en gardant la même base couplets/refrains/couplets/refrains/break par exemple. C'est dans les couplets que nous essayons de rajouter quelque chose, et dans les refrains de rajouter une autre couche, une petite nappe en plus.

Gazus : Mais toujours de manière jam, en fait ? Pas de truc pré-écrit à part les refrains et les couplets?

Guillaume : C'est souvent pré-écrit, mais des fois nous nous permettons des jam qui font que nous trouvons d'autres riffs.

PhotoGazus : Oui, ça vient de manière naturelle.

Guillaume : Oui, ça se fait naturellement. Mais en général, les compos sont bien ficelés à l'avance. Moi quand j'amène un morceau, il ne bouge pas trop en général de comment je l'avais entendu à la base. Donc pour terminer, c'est vraiment batterie/guitare au début et ensuite il ya la basse qui arrive. Ensuite la voix et ensuite les synthés. Les synthés, ça arrive tout à la fin. C'est un peu l'élément qui rend le tout, peut-être, un peu indigeste parfois pour certains.

Gazus : Ah non, ça fait pour moi un peu office de liant. Mais justement je trouve que, comparé àAll Seeing Eye, on l'entend moins. Ou alors, c'est plus dans les textures… Mais il y a moins d'interventions de saxophone, il y a moins de…

Guillaume : Pourtant il y en a plus. Il sont peut-être… moins mixés en avant. Parce qu'il y avait beaucoup d'information et il fallait que nous fassions des choix. Parce qu'en fait, des fois on peut même confondre les nappes de guitare ou de synthé tellement on a des sons noyés dans des effets de réverb. C'est difficile de retrouver qui fait quoi, oui. Mais les synthés pourtant, il y en a… nous en avons mis une couche en plus par rapport à la fois d'avant. Pas mal de nappes, des espèces de synthés violons. Il y a encore du saxophone, mais moins de solo de sax et de nappes. Et c'est souvent les sons de Matthieu, c'est souvent des vraix sax traficotés après dans des effets, dans des pédales, dans des chaines d'effets parfois hasardeuses qui font que… comment dire ? Le trafic avec Matthieu sur les ambiances, c'est parfois un buzz de pédale qui va se retrouver enregistré, un bug de PC qu'il va bidouiller après… C'est vraiment des trucs… En fait, on bosse de la matière sonore. Nous avons beaucoup de matière de côté et une fois que nous avons cette matière, nous faisons du tri dedans et nous voyons où ça peut aller, où ça peut servir la compo.


Gazus : Justement, c'est quoi le parcours de Matthieu ? Parce qu'il a l'air assez atypique dans une formation métal.


Guillaume : Matthieu, c'est un jazzeux à la base, diplômé du Conservatoire. Il jouait avec. Il joue avec Marc Ducret. Il joue dans l' ONJ aussi. Je ne sais pas si tu vois ce que c'est. C'est l'Orchestre National de Jazz. C'est le gros truc… Et il a encore du temps pour bosser avec nous. Il faut savoir qu'il bosse bénévolement parce que nous n'avons pas les moyens de le cachetonner alors qu'il fait des cachetons à 400 € dans le milieu du jazz. Mais il continue à bosser avec nous, le projet l'intéresse. Donc c'est cool, ça fait plaisir. Après, lui, il a vraiment une multitude de projets. Il était dans Anthurus d'Archer aussi. Il a un projet avec un ancien batteur d'Erik Truffaz en ce moment, à deux-trois personnes. Il est partout. Nous, nous ne le voyons pas souvent. Il fait des concerts en Afrique du Sud, en Amérique du Sud. Il voyage vraiment, il a vraiment un planning super chargé en dates. Ce qui fait, d'ailleurs, qu'il ne sera peut-être pas sur toutes les dates à la rentrée.

Gazus : Il ne fait pas, aussi, des mémoires sur Meshuggah… ?

Guillaume : Il a fait aussi des mémoires sur Meshuggah. Ca date maintenant, parce que ça fait…oulà, il y a peut-être huit ans.

Gazus : Il l'a fait sur Nothing

Guillaume : Il l'a fait sur Nothing, carrément, ouais.

Gazus : Voilà, et là c'est le moment où je commence à chercher les questions. Et c'est là que ça devient intéressant ! Donc… justement, moi ce que j'ai reproché à l'album, en tout cas, ce qui m'a un peu bloqué, c'est effectivement ce côté très massif et très homogène. J'irai presque jusqu'à dire monochrome parce qu'il y a la pochette qui aide et qui, par contre, correspond vraiment à la couleur. Et donc je te demanderai justement comment s'est fait le choix de la pochette… Donc c'est une décision ou c'est venu comme ça, toujours démarrer souvent sur l'acccord de ré, etc ?

Guillaume : En fait, sur All Seeing Eye, on a souvent critiqué le fait qu'on ait le cul entre deux chaises. Et que ça se barrait un peu dans tous les sens. Cette fois, nous avions envie de nous re-concentrer et d'avoir un album cohérent, qui raconte une histoire. Du coup, il y a des éléments… ce que tu dis, le fait qu'il y ait des accords en ré en ouverture de morceaux. Bon, ça c'est… c'est un peu…

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Gazus : C'est un gimmick, quoi.

Guillaume : Oui, c'est un gimmick. Et après, si tu écoutes bien l'album en détail, il y a des petits thèmes genre, sur la fin du premier morceau, tu as un petit thème sur la fin avec toute une partie progressive avec une petite explosion. En fait, ce thème tu le retrouves au moins quatre-cinq fois dans le morceau, mais vu que c'est des accords différents derrière, tu ne reconnais pas forcément le thème. Il y a pleins de petites liaisons comme ça qui sont à droite à gauche. C'est ce que j'appelle moi des notes passe-partout, qiu font les liaisons justement entre un refrain et un couplet.

Gazus : Ou qui renvoie au morceau…

Guillaume : Oui. Mais on ne s'en rend pas compte forcément au début. Mais petit à petit, si le thème tu le chantes tout seul sans la musique derrière, tu te dis «Ah, mais tiens… ils n'ont pas dû se poser trop de questions.»

Gazus : C'est peut-être pour ça qu'inconsciemment, je me suis dit que… ben ça aide au côté «ça se ressemble».

Guillaume : C'était le but, justement, d'avoir un bloc. Mais en même temps, il y a quand même différentes couleurs musicales dedans. Parce que l'on passe de gros riffs Pantera à des parties plus progressives, à des trucs en effet un peu plus tooliens. L'album d'avant, c'est moi qui avait composé 90% des trucs, les paroles y compris. Et là, cette fois, nous avons plus ouvert le spectre parce que j'avais… justement, toutes les idées plus soft que j'ai d'habitude pour Klone, je les ai mises de côté pour un autre projet que je fais avec Yan, notre chanteur. Donc j'ai laissé de la place aux autres zicos qui avaient des idées aussi. Donc nous avons essayé de bien bosser les idées de chacun et d'avoir un vrai boulot de groupe, ce qui n'était pas vraiment le cas avant parce que moi j'apportais les maquettes toutes prêtes et on jouait ce qu'il y avait. Là, le fait que nous ayons un nouveau batteur qui apporte des idées et une vision du son. Et aussi, il a composé ses parties de batterie, parce qu'avant nous composions un peu aussi les parties de notre batteur. Nous étions au bout de ce que nous pouvions faire dans un schéma précis. L'album, il s'appelle Black Days, on voulait vraiment cette couleur sombre.

Gazus : Oui, c'est assez gris

Guillaume : Et justement, le fait que cela soit un petit peu redondant, ce genre d'accords, les pêches, etc, ça crée aussi une sorte d'ambiance qui fait aussi que ça peut bloquer au début. Je comprend tout à fait, les tonalités sont souvent les mêmes. Même au niveau du chant, on s'est retrouvé un moment à faire : «bon, je vais être obligé d'aller dans cette gamme de chant et je ne vais pas pouvoir aller forcément ailleurs.»

Gazus : Concernant la pochette, est-ce que vous vous l'êtes procurée directement auprès d'un artiste ou l'avez vous faites faire. Elle correspond bien à la couleur de l'album...

Guillaume : En fait, nous avons pas mal fouiné sur divers sites alors que nous faisions les prises de batterie. J'avais déjà démarché quelques personnes, dont un mec d'Ez3kiel à Tours, dont j'aime bien le travail graphique. En regardant à droite et à gauche, je suis tombé sur une fille nommée Sandra qui habite au Canada, son lien est disponible sur le myspace du groupe, j'ai vu ses travaux et bien accroché à l'ambiance qui s'en dégageait, notamment ce qui est aujourd'hui la pochette de Black Days. En la voyant, j'ai directement entendu notre musique par dessus, avec le côté prog et sombre, l'aspect shaman et psychédélique... tout ça collait parfaitement. Il a fallu après que nous discutions entre nous, vu que tout le monde n'était pas d'accord, mais j'ai eu le dernier mot là-dessus, vu qu'un seul membre était contre, sur les six membres du groupe.

Gazus : Tu m'as l'air d'être un dictateur dans ton genre ! (rires)

Guillaume : Pas vraiment un dictateur, non... Je porte le projet à bout de bras et je le défend la plupart du temps... Yann aussi en fait, pour les interviews. Mais je m'occupe des démarches, je crée le mouvement pour aller à l'enregistrement, mettre les gens en contact... Il faut bien être un petit peu dictateur sinon...
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Gazus : ... ça part dans tous les sens ?

Guillaume : Voilà. Puis il vaut mieux que quelqu'un prenne les choses en main plutôt que plusieurs personnes et que ça tourne à la prise de gueule... Les autres me font confiance, je m'en charge depuis le début, un peu par défaut c'est vrai, mais ça me plaît mine de rien. Même si ça me fait quand même chier parfois.

Gazus : Tu me disais qu'il y avait un concept dans Black Days

Guillaume : Le nom de l'album est venu avant que l'écriture des morceaux et des titres ne soit faite. C'était la couleur de départ et c'est représentatif de l'époque dans laquelle on vit. Nous n'allons pas parler de sujets politiques...

Gazus : Ça se joue plus au niveau de ressenti en fait ?

Guillaume : Exactement. Du ressenti, des émotions. Cela représente bien notre point de vue au final. En ce qui concerne les paroles de Yann, chacun les interprète comme il veut. Il a l'habitude des histoires de couples, de séparations, ce qui fait qu'il est dans un état assez noir, état dans lequel nous sommes tous à un moment pour diverses raisons d'aillleurs... Enfin bon, pas la peine de chercher un message précis dans les paroles, il s'agit d'histoires personnelles qui restent assez ouvertes. Ça reste principalement axé sur l'émotion, tout comme la musique, et sans message particulier, nous ne l'avons jamais fait et ne le ferons jamais. Il ne faudrait pas qu'on nous taxe de pseudo-gauchistes... Ça ne nous intéresse pas.

Gazus : D'où est venue l'idée d'intégrer le cover de "Army Of Me" de Björk au sein de l'album, sachant que vous l'aviez enregistré bien auparavant ? C'est juste un bonus ou bien il s'intègre au sein du concept de l'album ?

Guillaume : C'est un peu des deux. Effectivement, nous l'avions enregistré bien avant l'album et diffusé sur le net. Nous avons eu de très bons retours, du coup, nous nous sommes posés la question de le mettre ou non sur l'album, sachant que Season Of Mist nous poussait aussi à le faire. Pour nous, l'album s'arrêtait après "Behold The Silence" et du fait de l'ajout de la reprise, nous avons rajouté des bruitages à la fin, afin de pouvoir changer l'ambiance. La production n'est pas la même, elle est plus organique sur "Army Of Me". Mais au final, c'est plus un titre bonus, même s'il passe bien.

PhotoD'ailleurs, vous avez eu des retours de la part de Björk ?

Guillaume : Du tout. Nous aimerions bien mais je n'ai pas encore essayé d'avoir un retour. Je sais que Jo de Gojira est sur un projet pour sauver les baleines pour lequel il a demandé à Björk de chanter sur un titre... j'essayerai de passer par lui, étant donné que je ne sais pas du tout à qui d'autre m'adresser. C'est une question de contacts... que l'on n'a pas. C'est Season Of Mist qui s'est chargé de la démarche pour les droits, du coup nous ne sommes au courant de rien du tout de notre côté. Nous ne savions pas que ce morceau a été beaucoup repris et nous avons découvert les différentes reprises après. Notre vision était de rendre le morceau plus prog que l'original, qui ne l'est pas du tout. Nous avons donc gardé la structure couplet/refrain, mais changé les tonalités de fond de la musique, en y ajoutant des petits changements de rythme, des cassures qui n'étaient pas sur l'original.

Gazus : Comment en êtes-vous arrivés à choisir Franck Hueso comme producteur ?

Guillaume : Nous le connaissons depuis dix ans, il bossait avec Klone avant que nous n'enregistrions notre premier album. Nous avions fait des essais pour voir si nous allions enregistrer avec lui, mais nous n'avions pas la même vision de la production à l'époque. Au fur et à mesure de ses productions avec Hacride, il a évolué vers une ligne qui me correspondait plus, y compris en live. Au final, il a uniquement fait le mixage. Nous nous sommes occupés des prises de son, à part celles de batterie. De même que les synthés qui ont été fait chez Mathieu. Nous avions chacun un rôle précis et Franck nous a plus aidé à aller de l'avant dans les compositions, à partir des préproductions que nous lui avions passé. Il nous donnait son avis dessus et nous disait quelles couleurs il voyait dessus, en fonction du mixage, et ainsi de quelle manière nous devions enregistrer, le choix du son de guitare, des amplis, de la basse... Ce qui est cool, c'est que contrairement à l'album précédent où nous étions obligés d'aller à Paris pour enregistrer, ce qui a étalé le processus sur au moins deux ans, nous avons tout fait dans la foulée en nous forçant pour aller à fond. Même si nous avons un peu pris notre temps; les prises se sont faites entre mi-avril à mi-juillet, nous avons passé un mois et demi sur les prises de voix avec Yann. Tous les jours.


Gazus : Cela explique que sur All Seeing Eye le chant avec ce côté «montagnes russes»...

Guillaume : En effet, c'est possible. Sur cet album, je ne ressens pas les intentions que j'avais en tête au moment de la composition, contrairement à Black Days. Et techniquement, Yann a aussi progressé, il a beaucoup bossé et gagné en assurance en live. C'est d'autant plus cool que je sais que nous allons passer une nouvelle étape avec le prochain album.

Gazus : Klone est connu autrement que pour sa musique, notamment pour la Klonosphere et la scène poitevine qui gravite autour, un peu à la manière d'Antistatic à Toulouse...

Guillaume : La Klonosphere a été créée avant Antistatic, je voyais un peu quelque chose dans le style Team Nowhere et compagnie, mais dans un style différent...

Gazus : Tu n'es pas du genre à porter des casquettes, des joggings et rouler en monster truck avec des roues de 3 mètres de haut ?

Guillaume : Pas du tout, non ! (rires) Nous venons de la campagne profonde donc nous sommes plus dans le genre tracteurs en fait ! (rires) Musicalement, nous ne sommes pas du tout de la même école que ces personnes, y compris Antistatic. Il y a dans la région plusieurs petites niches de mecs qui sont inspirés par des groupes comme Opeth ou Devin Townsend... Des groupes que nous avons en commun, ce qui nous a permis de nous apprécier les uns les autres au départ. Il y avait donc Klone au départ, Anthurus d'Archer, l'ancien groupe de Mathieu, dans un registre très barré. Hacride est ensuite entré dans l'association où ils ont enregistré leur première démo...

Gazus : Cyanide Echoes ?

Guillaume : Ouais, je crois bien que c'est ça. Ça a été enregistré chez mes parents, dans la chambre de ma petite sœur... roots total, quoi. Nous connaissions Adrien (Grousset, guitariste d'Hacride) parce qu'il bossait dans une radio, nous sommes devenus potes puis nous sommes aidés au début... j'ai fait profité de l'expérience que j'avais gagné avec Klone, en ne partant de rien, pour en arriver à démarcher des gens, etc. J'ai donc filé un coup de main à Hacride, aussi à Trepalium... Les signatures pour Hacride sont assez vite arrivées, ce qui était très cool pour eux et les a vite fait grimper. Trepalium, eux, ont été signés chez Holy Records pour deux albums... Mistaken Element aussi... Bon, contrairement à eux, nous en avons chié sur notre premier disque en autoprod, mais c'est aussi valorisant d'avoir fait ce bout de chemin en indé total.

Gazus : Actuellement, qu'en est-il ? J'ai cru comprendre que tu avais lancé une sorte de simili-label ou de regroupement de petits groupes...

Guillaume : Je n'ai plus rien à faire pour les groupes de la Klonosphère; Klone, Hacride, Trepalium étant signés et ayant chacun un tourneur. Mon but à la base est de faire de la musique, pas de passer mon temps à faire des démarches, dès que je me décharger de quelque chose, je le fais volontiers. L'idée était plus de créer un tremplin pour accéder à des organismes plus professionnels. J'ai depuis créé Klonosphere Propagande en janvier, afin d'aider des groupes dont la musique me plaît, comme par exemple Clampdown...

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Gazus : Mindslaved aussi, j'imagine ?

Guillaume : Tout à fait, nous avons pas mal discuté, je leur ai même donné des conseils sur la prod...

Gazus : Adrien d'Hacride s'est chargé de la réalisation artistique de leur dernier EP.

Guillaume : Ouaip. Je leur ai aussi donné un avis cash sur ce que j'entendais, les défauts que je trouvais et la manière dont ils pouvaient corriger ça. Des conseils aussi bien sur le son, la production, puis sur la promotion du groupe en sachant qu'ils partent du début, sans rien dans un milieu où il y a quinze-mille groupes qui existent déjà...

Gazus : En somme, c'est un genre de parrainage ?

Guillaume : Complètement. J'essaye de faire profiter ces groupes de mes contacts qui en valent la peine selon moi et vois après pour une distribution avec Season Of Mist. Je suis donc plus ou moins comme un label, avec un travail de promotion tout en essayant de créer des contacts entre les groupes et les tourneurs et autres gens du métier. Au moins pour que ceux-ci soient au courant que ces groupes existent.

Gazus : J'ai cru comprendre que vous aviez un clip de prévu ?

Guillaume : En effet. Nous bossons sur le clip de... (un vigile nous interrompt quelques instants) Donc je disais que nous travaillions sur un clip pour "Give Up The Rest" étant donné que c'est le morceau qui semble avoir le plus d'impact. Rien que quand nous faisons nos balances et le jouons, les personnes présentes ont vraiment l'air d'aimer. Et la plupart des gens semblent d'accord pour dire que c'est le titre le plus accrocheur de l'album.

Gazus : C'est le morceau qui se détache le plus de l'album.

Guillaume : Et en même temps, c'est le titre pour lequel nous avons enregistré les voix en dernier. Si nous trouvons des personnes avec qui bosser, nous ferons peut-être un second clip, mais il faudrait que ça ne nous revienne pas trop cher... ce qui n'est pas évident pour un tel projet... Un clip peut coûter entre 3000 et 4000 euros, des moyens que nous n'avons pas en ce moment. Nous allons donc faire ça en septembre avec un mec de Paris, Jonathan, qui est motivé et a proposé des scénarios qui collent au morceau...

Gazus : Vous avez tenté de voir avec Ben Deka (réalisateur du clip de "Perturbed" d'Hacride) ?

Guillaume : Évidemment, mais il n'est hélas pas très disponible et pour ce qui est du budget... nous n'avont pas les moyens ni l'envie de mettre autant d'argent dans un clip professionnel. Mais autrement, nous aurions fait le clip avec plaisir vu que nous sommes fans de son boulot de même qu'il aime le notre. En plus d'être un ami depuis le lycée.

Gazus : Un dernier mot pour conclure ? Ou alors nous nous arrêtons là.

Guillaume : Merci pour le soutien, merci à ceux qui nous envoient des petits messages, ça fait toujours plaisir et euh...

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Gazus : Achetez les disques ? (rires)

Guillaume : Si vous le voulez, achetez nos disques, ouais ! Achetez même de préférence sur le site de Klone vu que lorsque ça passe par un intermédiaire c'est moins intéressant pour nous. Nous avons des factures à payer... Nous avons aussi une quinzaine de dates à la rentrée, un clip en préparation... ainsi qu'une reprise en version doom de "The Spell Is Cast", morceau que nous avons ralenti, pitché et sur lequel nous bossons en ajoutant de nouvelles couches... Nous verrons s'il sortira en fonction du résultat. Nous allons aussi enregistrer deux titres en live dans un gros studio parisien dont l'ingé son veut nous faire venir jouer gratos, juste pour son plaisir.

Gazus : J'y pense, as-tu ou même avez-vous déjà des idées sur le futur musical de Klone ? "All Seeing Eye" sonnait très US là où Black Days sonne quant à lui «français» dans un sens que l'on peut qualifier d'actuel, donc en bien, notamment grâce à la patte de Frank Hueso...

Guillaume : Nous voulons toujours aller de l'avant, ne pas faire de sur-place, même si nous garderons quelques éléments. Nous bossons toujours à partir de riffs, mais nous n'allons pas non plus révolutionner le riff, hein. Soit c'est un bon riff, soit c'est pas un bon riff... Nous mettons donc de côté les riffs qui nous plaisent et dont nous savons que nous pourrons faire quelque chose avec. Je pense que nous avons déjà de la matière pour faire un album, sinon deux, il nous reste à faire un tri et trouver une direction artistique. Nous ne savons pas encore si nous allons nous concentrer sur quelque chose en particulier ou bien si cela va partir dans tous les sens. Nous n'avons en tout cas pas envie de faire un album bis. Il y aura toujours la patte que nous avons posé, mais il nous faut nous ouvrir... Ensuite je ne sais pas ce que ça va donner. Mais j'ai déjà des petites idées de riffs, de voix... Et vu que nous sommes six personnes dans le groupe, nous avons moyen de pousser très loin au niveau des arrangements... ou bien épurer, je ne sais pas.

Gazus : Le champ est donc libre.

Guillaume : Ah ben le chant c'est ce que nous faisons toujours à la fin...

Gazus : Non, je parlais du champ... avec le tracteur, là, le champ qui est hyper large.

Guillaume : Ah oui, pardon ! (rires) D'un autre côté, nous aimerions aussi aller vers quelque chose d'un peu plus bourrin, avec plus de notes dans les riffs... C'est en tout cas ce qui s'annonce vu ce que nous avons comme matière. Pour l'instant. Puis nous allons éviter de refaire des trucs «tooliens», mine de rien ça m'agace, je n'aime pas.

Gazus : Tous ces beaux arpèges orientaux...

Guillaume : Ouais, voilà ! (rires) Je n'aime pas trop qu'on nous colle une comparaison du genre... du «sous-Tool» ou du «sous-Meshuggah»... Même si je préfère qu'on nous compare à ces groupes qu'à autre chose. Mais ce n'est pas le but recherché. Nous ne composons pas en nous disant : «Bon allez, on va faire un morceau qui ressemble à Tool !» Du coup en ce moment, c'est plutôt «Ah ouais mais ça ressemble un peu trop à Tool, là, ce riff...»

Gazus : Si cela peut te rassurer, autant je trouve le premier morceau très toolien, du fait de la batterie et de l'introduction, avec son aspect shamanique...

Guillaume : Perso je pensais plus à Yannick Noah, mais bon. C'était plutôt "Saga Africa" quand nous avons fait le morceau, pas du tout Tool ! (rires)

Gazus : En tout cas, malgré l'affiliation, il y avait cette patte propre au groupe. J'espère juste que vous la ferez perdurer.

Guillaume : Nous ferons de notre mieux. Pour avoir une bonne note la prochaine fois ! (rires)



Questions : Gazus
Transcription : Arroway's & Gazus


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