Venturia

Entretien avec Charly, Lydie, Thomas & Frédéric - le 01 mai 2011

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Sebrouxx

Une interview de




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H-1 avant la balance pour Venturia. Aucun des quatre membres du groupe se semble pourtant plus stressé que cela, à l'approche de sa première date (Live report ici) pour l'année 2011. Une heure qui laisse le temps d'en savoir plus sur le prochain album, les quelques récents changements de line-up mais aussi les aspirations de chacun quant au futur du groupe tant scénique que musical. Mon tout dans une ambiance décontractée mêlant promo sur canapés rouges... et ésotérisme vauclusien!

Sebrouxx : Déjà, bonjour à tous et je vais commencer par vous laisser vous présenter sachant que nous allons, ou plutôt vous allez vous présenter différemment. Chacun de vous ne va pas se raconter, mais décrire un autre membre du groupe.

Charly (Sahona, guitare et chant) : D’accord.

Sebrouxx : Alors honneur à Charly : je te laisse commencer par l’élément du groupe que tu veux.

Charly : Honneur aux demoiselles. Je vous présente Lydie Lazulli au chant. On se connaît depuis très longtemps.
C’est une chanteuse que j’adore. Vraiment (regards complices) et aussi bien musicalement qu’humainement. On est super content d’être tous ensemble aujourd’hui et qu’elle nous accompagne.

Sebrouxx : Lydie, je te laisse continuer la danse et présenter l’un de tes autres collègues comme vous dites dans le Sud de la France.

Lydie (Lazulli, chant): Allez, je présente Thomas. Je vous présente Thomas-James Potrel (NDLA : et avec l’accent US, Thomas ayant des origines américaines) qui est, pour moi, un musicien merveilleux.

Thomas (visiblement gêné) : Oh !

Lydie (reprend) : Non, non, c’est vrai : je t’adore. Un excellent bassiste et je suis fan !

Charly : Tu vois, c’est cathartique comme présentation !

Sebrouxx : Partant de ce principe, c’est plutôt Dimanche Drucker reçoit Venturia !

Charly : C’est l’effet canapés rouges ! (NDLA : le vermillon domine le mobilier backstage de la Scène Bastille).
 
Lydie (reprend, déterminée) : Non, mais c’est vrai ! En fait, on ne s’est pas connu en jouant forcément ensemble mais plutôt par albums interposés. Il enregistrait les parties de son album, ensuite je les recevais et les écoutais. On s’est connu comme ça. Je l’ai d’abord entendu avant de le connaître. Et, oh là là ! J’ai été tout de suite séduite ! Et après quand je l’ai rencontré, ça a été que du bonheur.

Thomas (James Potrel, basse) : Et voilà. Et bien moi, je vais présenter Monsieur Frédéric Marchal, notre batteur. Ma vieille grue ! Ca fait quinze ans qu’on se connaît, plus de quinze ans qu’on se connaît et qu’on parcourt la Terre entière ensemble. On a connu plein de projets musicaux et maintenant Venturia, parce que c’est le dernier venu dans le groupe. C’est la nouvelle recrue.

Charly : Et on est bien content qu’il soit avec nous.
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Frédéric (Marchal, batterie) : Merci beaucoup.

Thomas : Et moi aussi. C’est surtout un excellent batteur, un excellent musicien mais aussi un excellent ami et ça, il le sait déjà. Voilà, c’est canapé rouge Drucker ! Tiens, Fred, je te passe le relais.

Frédéric : Moi, je vais vous présenter Monsieur Charly Sahona. Guitariste hors du commun, virtuose. Non, mieux que ça : un bon artiste. Un bel artiste et c’est lui qui m’a présenté le projet en premier, et qui m’a fait écouter les titres en premier.

Charly (sérieux) : Ça me paraissait évident. C’est vrai que Diego (NDLA : Rapachietti, précédent batteur du groupe parti il y a quelques mois maintenant) a décidé d’arrêter pour des raisons artistiques. Mais on s’entend toujours. Il y a toujours une admiration incroyable, mais c’est vrai qu’il était très occupé avec son groupe 69 Chambers et je crois que cela a plus contribué au fait qu’il voulait plus se consacrer à ce groupe et qu’il était moins dispo pour Venturia. C’est la vie. Mais effectivement ça a été une nouvelle assez hard pour moi car je ne m’y attendais pas du tout et même temps, le choix d’un nouveau batteur est devenu évident. Ça fait maintenant trois ans ; enfin je connais Fred depuis plus longtemps, mais cela fait effectivement trois ans qu’on joue vraiment ensemble.

Sebrouxx : Où en était concrètement Venturia au moment du départ de Diego ? Le troisième album (Dawn Of A New Era, dont la sortie - repoussée - est prévue pour la rentrée de septembre) était-il déjà écrit ?

Charly : En fait, il est parti juste une semaine avant l’enregistrement de l’album. On devait enregistrer en novembre et une semaine avant il m’a dit : « Il faut que j’y aille. »

Thomas : Et deux semaines après, les batteries étaient enregistrées.

Sebrouxx : Diego avait déjà écrit les parties de batterie alors ?

Charly (coupe) : En fait, je programme les démos et je les ai faites écouter à Fred. Et Fred s’est tout à fait adapté.

Lydie : Tu vois vite ce qui est humainement réalisable.

Charly : Je m’en doutais diablement car comme je te le disais, ça fait trois ans qu’on joue ensemble. Il s’est totalement fondu dans le style et il a très bien assuré. Il a fait les parties de batterie rapidement : en deux jours, c’était fait.

Sebrouxx : Tant qu’on y est dans les nouvelles recrues, comment avez-vous vécu, individuellement, puis collectivement ces changements de line-up ? Car, outre le départ de Diego, vous avez aussi connu le départ de Lydie, puis la présentation de Florine Acquisto comme nouveau chant lead… puis le retour de Lydie.

Lydie : T’es au courant de ça, toi ? (rires). J’espérais que tu n’en parles pas.

Thomas : C’est un peu le Santa Barbara du moment.

Sebrouxx : Sujet tabou ?

Lydie : Non, non pas du tout, mais comment te dire. À un moment donné, j’ai fait un choix qui n’était pas du tout en accord avec mon cœur et mon esprit. Plutôt par rapport à ma vie personnelle. Mais je l’ai regretté au moment même où je l’ai fait. Et j’ai espéré, j’ai envoyé une bonne prière à l’Univers en me disant : « Il faut que je revienne d’une manière ou d’une autre ! »

Frédéric : Tu vois, ça a marché.

Lydie : Alors l’Univers, tu fais comme tu veux, mais il faut que je revienne.

Photo_venturia_2011_2_438h_300w Thomas : Et !a s’est fait tout naturellement en fait. J’en avais parlé à Charly, je l’ai rappelé très vite pour lui de ne pas faire attention à ce que j’avais dit. Je lui ai dit : « Si tu veux, je reviens… »

Charly : …mais Florine était déjà engagée.

Lydie : Alors là, moi, pas envieuse et très généreuse, je leur ai dit : « Écoutez je vous souhaite d’être heureux ! » Et j’y croyais, j’ai même vu la photo de l’album avec la nana, j’ai trouvé ça super !

Charly : Non, ce n’était pas la photo de l’album. C’était juste une photo de présentation.

Lydie : Enfin, je trouvais ça génial et j’étais très contente pour eux. C’était pas grave, je n’étais pas aigrie. Mais j’avais du regret, oui.

Charly : Et nous aussi, on était là à se dire : « Meeeeeerde ! »

Lydie : Et envers et contre toute attente, et pour des raisons obscures qu’on ne connaîtra pas…

Frédéric :  ... et qu’on ne connaîtra jamais : te voilà juste ici avec nous à la Scène Bastille, à Paris !

Lydie : Des petites choses inattendues de la vie. Quand j’ai eu ton coup de fil (NDLA : s’adressant à Chary), je me suis dit que ma petite prière à l’Univers avait été entendue. Merci l’Univers ! Mais tu vas voir, je suis super branchée énergie, cosmos…etc Mais je ne suis pas barrée ! Je suis bien enracinée, tu vois.

Sebrouxx : Oui, ça se sent ! Mais les parties vocales étaient-elles déjà écrites avant le retour de Lydie ?

Charly : Oui mais même bien avant qu’elle ne pense à partir. On avait déjà travaillé tous les deux.

Lydie : Charly est le seul musicien dans mon entourage qui, depuis des années, connaît exactement mes capacités vocales, mes capacités émotionnelles, et tout ce que je peux transmettre. S’il y a bien quelqu’un qui me connaît et qui peux composer pour moi, c’est bien Charly !

Charly : Depuis le temps… tu m’as toujours touché niveau vocal et ça aussi, c’est incroyable après toutes ces années.

Sebrouxx : Vous avez tous et toutes un rapport bien charnel avec la musique. Quand on vous voit ainsi tous les quatre, on sent qu’on n’est pas spécialement là pour déconner.

Thomas : Oh ben, si, un peu quand même.

Lydie : Oui entre les morceaux, je fais des sketches.

Thomas : et c’est là qu’on te coupe le micro par contre !

Sebrouxx: Pas comme chez Drucker alors. Plus sérieusement, abordons le sujet de votre troisième album, prévu initialement ce printemps. Avez-vous une date de sortie plus précise à nous communiquer que le « bientôt » habituel ?

Charly : J’aimerais bien le savoir (NDLA : les rires de Lydie peuvent alors vous crever un tympan) Il est quasiment tout enregistré, il va être mixé à partir de mi-mai… Sebrouxx : Kevin Codfert (NDLA : Clavier d’Adagio et responsable du Studio X-fade et des mixes de Venturia, mais aussi Myrath et Julien Damotte entre autres) en assure le mixage d’ailleurs …

Charly : Voilà, tout à fait : c’est Kevin qui va le mixer. Et quand sortira-t-il ? Vraisemblablement, c’est pour octobre. Lion Music, le label, attend de recevoir le master pour nous donner une date de sortie.

Sebrouxx : D’ailleurs Lion Music vous aide-t-il pour assurer la promo de vos albums ou assurez-vous cette partie seuls, avec vos moyens ?

Charly : Les gens de Lion sont très sympas. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on a une liberté artistique totale. Ils sont toujours prêts à soutenir les projets que je leur propose.

Thomas : Il faut dire que Lion a beaucoup de groupes.

Charly : Ils sortent trois CD par mois.

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Sebrouxx : Lion a beaucoup de groupes, mais toutes nationalités confondues.

Charly : Le souci, c’est qu’ils ne font pas de Tour Support : ils n’aident pas les groupes à tourner.

Thomas : D’ailleurs, c’est le seul truc qui nous manque. Alors appel d’offres à des tourneurs : Venturia est prêt à se déplacer quand vous voulez.

Charly : Vous allez délirer. Diego (NDLA : ancien batteur pour ceux qui n’ont pas suivi) m’a envoyé un mail avec des contacts de tourneurs. Je ne sais pas ce qu’il en tête, mais…

Thomas : C’est super.

Sebrouxx : Revenons au troisième album. Donc tout est écrit, les guitares, la basse, la batterie et les voix sont dans la boîte. Kevin Codfert va en assurer le mixage… What else ?

Charly : D’ailleurs on va en jouer six titres ce soir.

Sebrouxx : Donc six exclusivités. Vous la jouez comme Symphony X, à proposer en live des titres qui ne sont pas encore sortis ?

Thomas : C’est exactement ça. D’ailleurs, c’est la première fois qu’on les joue tous ce soir et tous ensemble. En fait on va jouer ces six nouveaux titres, plus quatre autres tirés de deux anciens albums. Plus précisément, attends : un du premier , et trois du second.

Charly : Oui, trois morceaux de Hybrid (“Be The One”, “Why ?” et “Pearls of Dawn”) et un extrait de The New Kingdom (“Take Me Down”)

Sebrouxx : N’ayant pas encore pu les entendre, ni même en écouter un seul (NDLA : l’interview a été réalisée avant la balance du groupe), que pouvez-vous m’en dire ? Il y a une continuité avec les deux premiers albums ou au contraire un changement radical ?

Thomas : Il y a un tout petit moins de passages, de singeries comme on dit…

Charly : Ce qu’on appelle les singeries, ce sont les passages hyper-techniques…

Thomas : … les interludes hyper-techniques, hyper-compliqués, les passages à rallonge qui durent seize minutes. On a un peu réduit sur cet album-là. Après on fera peut-être d’autres choix sur l’album suivant. Le choix, c’était de faire un album ultra-efficace…

Charly (coupe) : … et accessible…

Thomas (reprend) : …plus efficace…

Frédéric : … et plus homogène aussi…

Sebrouxx : … et donc moins progressif alors ?

Charly : Je ne sais pas, tu nous diras. Moi, je trouve qu’on est plus dans le Heavy Mélodique, dans un Power Metal Mélodique.

Thomas : Les refrains sont vachement accrocheurs.

Sebrouxx : Je n’aime pas trop raccrocher un groupe au wagon d’un autre, mais faisons une exception. Tels qu’enregistrés actuellement, vous rapprocheriez ces nouveaux morceaux du répertoire de quels autres groupes ?

Thomas : Là, on va laisser Charly répondre.

Charly (réfléchit) : Mélodiquement, je pense qu’on va être dans la lignée des groupes comme Nightwish ou Within Temptation. Et rythmiquement, par contre, ça riffe énergique alors je dirais… Je dirais quoi ? Un mélange entre Pantera et, attends je prends mon iPod. Non, je ne l’ai pas. Un mélange entre Pantera et un groupe de metal moderne. J’ai écouté pas mal de In Flames, ce genre de choses.

Sebrouxx : Avec une chanteuse en plus. J’imagine bien Phil Anselmo et Anders Fridén avec une voix bien féminine, cristalline...

Thomas : Ah toi aussi !

Charly : La différence avec les groupes de Female Fronted Metal, c’est au niveau rythmique. On est beaucoup plus dynamique. C’est beaucoup plus énergique au niveau rythmique.

Sebrouxx : Donc l’intention de base était de raccourcir la durée des morceaux pour maintenir une énergie plus brute, sèche. Et aussi de rentrer dans un schéma de durée plus standard.

Charly : On a vu que l’étiquette progressive nous fermait des portes. Je sais que j’ai été en contact avec quelques tourneurs qui m’ont dit : « Non, le progressif, c’est de la musique difficile à vendre. » On a eu ça comme problème. Et en voyant, en écoutant les enregistrements qu’on avait faits en live, je trouvais que c’était une musique qui était bien à écouter sur disque, une fois bien mixée, mais que sur scène, ça manque d’efficacité.

Thomas : Oui au niveau de l’énergie, ça peut sembler un peu plat parfois. Tandis que là, ça va mieux passer.

Sebrouxx : Honnêtement, vous ne souhaitiez pas aussi et surtout vous départir de cette étiquette progressive, un peu de Dream Theater à la française ?

Charly : Oui bien sûr, mais dont on était fiers aussi.

Sebrouxx : Ça ne vous gavait pas à la longue ?

Charly : Pas du tout. D’autant qu’on est toujours content de ce qu’on a fait.

Thomas : C’est toujours sympa. Tant qu’on ne nous compare pas à Annie Cordy (NDLA : Annie Cordy, si tu nous écoutes ou plutôt lis ces lignes…)

Charly : Non, ça ne me dérangeait pas. Mais vraiment, on voulait avoir et s’ouvrir pour le live un public plus large.

Thomas : Je pense qu’on va aussi prendre plus de plaisir à rentrer dans le son.

Sebrouxx : Et pour s’ouvrir aussi ce public plus large, le fait raccourcir la durée des morceaux permettrait aussi de s’ouvrir la porte des radios avec un format single, non ?

Charly et Thomas (à l’unisson) : Absolument.

Charly : L’album sera plus court, les titres aussi et je le répète : ils seront plus efficaces.
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Sebrouxx : Est-ce que, Charly, ce virage musical n'est pas aussi imputable à l’expérience de ton album solo (Naked Thoughts From A Silent Chaos) qui proposait déjà des titres plus courts, punchy et catchy?

Thomas : Oui, c’est sûr que cet album a permis de faire ensuite la transition avec Venturia. Déjà, sur son album, Charly chante et ici aussi maintenant.

Charly : Depuis l’album solo, j’ai pris des cours de chant pour renforcer. Je voulais évoluer à ce niveau-là.

Thomas : C’est super. J’ai vu les progrès de Charly. Déjà un excellent guitariste, qui en plus se rajoute la responsabilité de chanteur qui ne doit pas être évidente.

Charly : Aussi dans l’absolu, deux guitares dans le groupe, ce serait aussi super. Mais c’est aussi pour une raison de commodité que je me suis mis à chanter. On était alors assez nombreux et Marc (NDLA : Marc Ferreira, chanteur de Venturia avec Lydie sur les deux premiers albums), qui était notre chanteur, était à New York. C’était très difficile à gérer.

Thomas : Le batteur en Suisse, le chanteur à New York, pour convenir des dates, c’était très difficile.

Charly : Là maintenant, on est tous de la même ville. Lydie habite un petit peu plus loin, mais on est dans le sud.

Lydie : Oui, je suis à côté, dans le Vaucluse. En deux heures de voitures, je suis à Montpellier.

Thomas : Ça reste tranquille. On est au moins dans le même pays déjà !

Charly : Nous, on est quasiment voisins. Avec Fred, nous sommes à trois stations de tramway. Et quatre stations avec Thomas. Ca facilite grandement les choses.

Frédéric : Si on a envie de se voir une heure pour voir un truc, un petit détail, on peut.

Thomas : Et pour boire un coup, on peut aussi se voir facilement.

Sebrouxx : Ça humanise aussi un petit plus la musique, du moins son enregistrement et ses retouches. Depuis tant d’années, on ne parle plus que de disques où chaque musicien enregistre ses pistes sur ProTools ou autres, puis les envoie par le Net… parfois à un autre musicien qu’il ne rencontrera jamais de visu.

Thomas : On le fait aussi mais par gain de temps.

Lydie : Oui, mais tu as absolument raison. Ça humanise en effet. Moi, j’ai rencontré un problème quand on a fait une télé en Suisse, la TSR…

Charly : … et même pendant l’enregistrement, tu t’en souviens ?

Lydie : Oui, mais c’est encore une autre anecdote. Moi, je parle vraiment de la télé. On partait six jours en Suisse pour répéter et, dernier jour, une émission 100% scène. C’est un peu notre Taratata ici.

Sebrouxx : C’est disponible sur Youtube d’ailleurs. Je l’ai vu. Et alors ?

Lydie : Et bien pour cette émission, je ne connaissais pas Marc. On s’était découvert par albums interposés. Et du coup, ce n’était pas évident. Je l’ai bien remarqué en regardant les images et le DVD : il est dans sa bulle. Il n’y a pas de partage avec moi. Je ne sais pas comment me situer et ce n’était pas évident.

Thomas : Là, ce qui est bien, c’est qu’on y va franchement, en toute confiance.

Charly : Pour le coup, c’est important de jouer avec des amis et ça fait maintenant gagner beaucoup de temps.

Thomas : On a tellement l’habitude de jouer maintenant ensemble, et même avant ne serait-ce qu’avec Charly, que c’en est devenu naturel. Charly, je le connais depuis quinze ans…

Lydie : Et nous depuis douze ans avec Charly.

Charly : Et oui !


Sebrouxx : Finalement, Charly, je t’avais dit une connerie quand je te parlais il y a quelques jours de Dream Theaterite aiguë chez Venturia ! Et en te demandant qui va jouer quoi dimanche !

Charly : Non, c’est pas une connerie du tout parce que c’est vrai qu’il y a eu des perturbations graves au niveau du line-up ces derniers temps.

Fred : Et au niveau perturbations, Lydie va faire ce soir le set en entier pour la première fois.

Sebrouxx : As-tu une appréhension particulière, côté scène, quant au fait d’être partie quelques temps et d’être là aujourd’hui pour cette première date du groupe en 2011 ?

Lydie : Ça a tellement peu duré que j’ai l’impression de n’être jamais partie.

Sebrouxx : Pourtant tu me disais avoir seulement dormi 20 minutes dans le train ? Histoire d’être bien sûre des paroles ou une surdose inhabituelle d’angoisse ?

Lydie (rires) : Non, j’ai dormi vingt minutes parce que je jouais hier et j’ai fini à 5h00. Il fallait que je me lève à 8h00 pour un départ de train à 10h00. Oui, j’ai très peu dormi.

Thomas : On a répété cette semaine spécialement tous les trois et elle nous a appelé en nous disant : « C’est bon, je connais tous les textes. »

Lydie : En fait, on répète aussi pour une autre formation où l’on travaille ensemble aussi. Mais on va dire que c’est plus alimentaire.

Sebrouxx : Cocktail de Nuit (NDLA : Groupe professionnel de reprises tournant essentiellement l’été dans le Sud de la France) ?

Lydie : Voilà ! Quelle connaissance ! Et j’ai bossé sur les trajets pour répéter les voix avec tous les chanteurs, parce que là en ce moment on est sur les voix !

Charly : Je n’étais pas spécialement inquiet, non.

Thomas : Maintenant, comprends qu’il n’est jamais facile de remplacer un membre du groupe. Et Lydie a une telle voix, elle me semble très difficilement remplaçable. Et si tu remplaces, tu as un laps de temps où il faut s’habituer à une nouvelle voix. Et d’un autre côté, il allait falloir s’habituer aux anciens morceaux chantés par Lydie avec une nouvelle voix. C’est difficile. Quoique… (Rire général)

Lydie : Thomas, tu es merveilleux ! J’adore !
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Sebrouxx : Bon, je vais vous laisser. À ce train-là, on va passer de Drucker au Journal du Hard !

Charly : C’est vrai que Lydie me manquait énormément artistiquement. Et à l’approche d’un nouvel album, de nouvelles dates, tu as besoin d’être rassuré.

Sebrouxx : Question bateau, d’autant que Thomas a lancé un appel d’offre aux tourneurs, mais j’ai vu qu’après cette date parisienne, vous aviez quelques autres dates en vue.

Charly : Oui dans le Sud de la France.

Thomas : On va essayer de boucler ça avec la sortie de l’album.

Charly : Et aussi faire un clip. On est en contact avec un réalisateur.

Sebrouxx : Un clip pour un premier single donc…

Charly : Tout à fait. On va le faire là, prochainement.

Lydie : D’ailleurs, j’ai fait un rêve prémonitoire.

Thomas : Tu étais en ange ?

Lydie : J’ai rêvé qu’on allait faire un clip.

Charly : Oui, je ne t’en avais pas parlé.

Lydie : Je suis un petit peu sorcière. Mais je ne fais que de la magie blanche.

Sebrouxx : Ce sera donc votre premier clip officiel ?

Thomas : J’en avais tourné un en Suisse, mais Charly ne l’a pas gardé (rires). On nous voyait faire la tournée des chambres (NDLA : ??? mais private joke évidente).

Lydie : Ah oui !

Charly : C’était énorme.

Lydie : Tu n’as pas raconté l’anecdote de Marc quand il est rentré avec…

Charly :  .. deux nanas inconnues qui sautaient sur mon lit d'hôtel à 5h du matin?

Lydie : Oui !

Charly : Euh, non, je ne l’ai pas racontée.

Thomas : Et moi, c’est le seul soir où j’étais rentré sur Montpellier.

Lydie : Marc a mis deux jours à redescendre.

Sebrouxx : Première date ce soir. Troisième album et nouvelle direction musicale. Une tournée à venir. Comment vous sentez-vous et comment allez-vous parvenir à concilier Venturia 2011 et vos engagements extérieurs au groupe ?

Thomas : On va essayer de faire au mieux et en plus prévoir quelques surprises.

Charly : Pour Venturia, il y aura tous les ingrédients de ce que l’on faisait avant. C’est la répartition, le pourcentage des ingrédients qui change. Après, on reste toujours les mêmes.

Lydie : Avec le temps, tout va bien se passer. Moi quand j'ai commencé à travailler dans Venturia pour le premier album, j’étais enceinte jusque-là (NDLA : joint le signe et la parole) Et le Métal n’était pas la musique que je connaissais le plus. Vraiment. J’étais plus branchée jazz, musiques du monde. Mais le Metal, je ne connaissais pas. Donc je m’y suis collé instinctivement, de manière intuitive. J’ai fait de mon mieux. Mais la première qu’on s’est retrouvé sur scène, je ne savais pas. Je pense que je suis restée juste, moi-même.

Charly : Mais la seconde fois, tu as été incroyable.

Lydie : Justement la deuxième, je crois qu’il y a eu le déclic, c’est-à-dire que j’avais bien eu le temps de m’imprégner et d’assimiler cette musique, ce nouvel univers que je ne connaissais pas. Parce que, voilà, je n’écoute pas forcément des groupes de Metal. Ce n’est pas forcément mon truc mais j’adore en faire avec mon groupe. J’y vais de manière intuitive et instinctive, mais j’y vais à fond de plus en plus. D’album en album, j’ai l’impression de me révéler davantage.

Thomas : Vivement le quatrième album, alors !

Lydie : Houla…

Sebrouxx : J’insiste sur le partage de votre temps entre Venturia et vos autres activités. Ne serait-ce que Cocktail de Nuit, mais aussi le second album studio de Charly, vos participations à d’autres projets comme l’album Embrace The Sun (NDLA: album réalisé au profit des victimes des récentes séismes au Japon) la partie de guitare de Charly dans le CD Guitar Addiction (NDLA: Album de shred réunissant près de soixante musiciens de renom). N’est-ce pas trop préjudiciable à Venturia au final ?

Thomas : C’est plus simple comme on te le disait dans le sens où l’on vit près les uns des autres. On peut facilement et rapidement s’organiser. Et tout va plus vite en matière de communication.

Frédéric : C’est évident : le travail va assez vite.

Charly : On respecte nos engagements cet été et on met le turbo en septembre. On a tout ce qu’il faut.

Thomas : Dis pas ça alors qu’il nous faut encore un Tour-Support (rires).

Sebrouxx : Je vous laisse donc comme la tradition l’exige ici le dernier mot. Sujet libre pour les lecteurs des Éternels ou autres.

Charly : Déjà merci pour votre soutien, pour l’intérêt que vous portez au groupe. Et merci à toi, Sébastien. N’hésite pas à nous dire ce que tu vas penser de ce concert.

Frédéric : J’espère vraiment que le prochain va vous plaire.

Lydie : Déjà, il plait à mon fils. Il est fan.

Thomas : Ouais, mais il les achète pas, lui ! Et pour peu que ce soit lui qui le mette sur le Net avant sa sortie...


Crédit photos: SnRx Sébastien ROUX
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