CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 21 juin 2009




SETLIST

Hunting High & Low
Kiss of Judas
Speed of Light
Phoenix
Winter Skies
Eagleheart
Black Diamond

AFFILIÉ

Stratovarius
Wacken
(31 octobre 2007)
Paris - Trabendo
(01 novembre 2015)
Paris - Elysée Montmartre
(13 novembre 2005)
Paris - Zénith
(19 avril 2003)
Paris - La Cigale
(31 mars 2013)

21 juin 2009 - Hellfest


Stratovarius_Hellfest_20090621

Certaines choses refusent obstinément de changer dans le monde du métal : par exemple la phrase « Stratovarius vient de traverser une période difficile parsemée de nombreuses mutations » n'a jamais cessé d'être vraie depuis 2003, et on ne peut jamais être sûr que la guégerre entre Tolkki et ses ex-collègues ne va pas repartir tambour battant à un moment où un autre. Maintenant que Polaris (chronique ici) est dans les bacs, qu'allait donner le groupe sur scène ?

Jetez un coup d'œil à la setlist et vous aurez la réponse tout de suite : comme on pouvait le craindre, Stratovarius a donné un set best-of classique avec une prise de risque minimum, délaissant en grande partie son petit dernier pour balancer tube sur tube. L'impression de faire face à une machine parfaitement huilée mais sans réelle âme est d'autant plus forte que l'attitude des musiciens est monolithique. Jörg Michael garde les yeux sur sa batterie, Kotipelto enchaîne les poses sans interagir avec les autres musiciens, Jens Johansson fait vaguement le clown… encore une fois il n'y a que Lauri Porra qui semble réellement s'éclater. Le talent brut du bassiste (il en rajoute partout, avec une classe sans faille) n'a d'égal que sa capacité à faire le ciment entre les autres membres, et on peut affirmer sans trop de risques que son arrivée est ce qui est arrivé de mieux à Stratovarius depuis une bonne décennie.

Et ce remplaçant alors ? Matias Kupiainen n'est pas très beau et plutôt statique (ça ne change pas de Tolkki au moins), mais par contre niveau shred ça ne rigole pas du tout. Son jeu est beaucoup moins sale que celui de son prédécesseur, beaucoup plus fluide et précis, et sa capacité à s'approprier les soli ("Kiss of Judas") ou bien à les reproduire note pour note ("Black Diamond") force le respect. Excellente recrue donc, même si son approche purement technique et dépourvue de feeling renforce encore l'impression de pilote automatique déjà évoquée. Car sorti d'un "Winter Skies", power-ballade sans grand intérêt où Johansson fait du Clayderman au piano, tout ça manque cruellement de surprise et d'ambition. Kotipelto peine dans les aigus mais c'est le seul défaut objectif du tout vu que le son est tout à fait correct. Et si le public apprécie généralement ce greatest hits pour l'instant, le groupe n'est pas sur une bonne pente.


On peut effectivement se demander combien de temps tout cela va fonctionner. Stratovarius se repose presque totalement sur les tubes de l'ère Tolkki, et à force ça va forcément coincer. On ne peut qu'espérer qu'ils réussiront un jour à tourner la page, car ils se dirigent lentement et sûrement vers un statut de groupe hyper efficace mais totalement has-been. Et ce serait vraiment triste…


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