CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
le 28 juin 2009




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

Suicidal Tendencies
Paris - Elysée Montmartre
(17 avril 2007)

21 juin 2009 - Hellfest


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Autant le dire franchement, votre serviteur ne peut être considéré comme un die-hard fan de Suicidal Tendencies. Il adore Lights, Camera… Revolution, aime beaucoup How Will I Laugh Tomorrow et The Art Of Rebellion, apprécie déjà moins Join The Army et Suicidal For Life, a du mal avec le premier album et déteste carrément Freedumb et Free Your Soul And Save My Mind. Bref, s'il avait dû voir Suicidal Tendencies sur scène, il aurait voulu le faire au début des années 90. Mais le gang de Venice sur scène, même aujourd'hui, ça ne se refuse pas…

Alors oui, le line up a beaucoup changé depuis le temps. Trujillo est parti amasser les billets chez Metallica, le prodigieux Rocky George évolue désormais dans les rangs des déjantés de Fishbone, R.J. Herrera est porté disparu… Seul Mike Clark est encore là pour faire le lien avec cette époque glorieuse où Suicidal Tendencies tenait le haut du pavé dans le paysage metal. Peu importe puisque de toute façon, comme me l'avait indiqué mon collègue Fishbowlman qui les avait vus à Paris en 2007, le set de Suicidal s'articule principalement autour de la facette hardcore du groupe. Je m'attendais donc à un concert sympa mais sans plus du fait du choix des morceaux… et je me suis planté. Lourdement. Parce que ce set du Suicidal Tendencies fut une vraie boucherie, incontestablement l'un des meilleurs moments de ce Hellfest 2009.

Déjà, parce que Mike Muir a embauché un commando de tueurs pour remettre son gang sur les rails. A la guitare, Dean Pleasants, un compagnon de longue date qui a participé à tous les albums de Infectious Grooves, le cousin un peu consanguin de Suicidal Tendencies. A la basse, Steve Brunner, un slapper fou qui n'a pas à rougir de la comparaison avec Trujillo. Et à la batterie, Eric Moore, un musicien énorme dans tous les sens du terme, adepte des roulements à rallonge sans jamais perdre le tempo, et qui nous offrira un court solo hyper spectaculaire. Ensuite, parce que ce set s'est déroulé dans une ambiance hyper festive plutôt rare pour un concert assimilé metal. Quand on dit hardcore, on pense immédiatement à la scène new yorkaise et ses sonorités lourdes et agressives. Là, c'était plutôt vitesse, groove et fun à tous les étages.

Suicidal Tendencies attaque pourtant par le morceau le plus metal de son set, un des écrins de son répertoire, l'un des plus représentatifs aussi : le célèbre "You Can't Bring Me Down", avec son riff monstrueux et son impayable clip qui tournait en boucle sur MTV à l'époque. Un morceau que Muir prend à bras le corps, cavalant sans cesse d'un côté à l'autre de la scène. Vu la corpulence du bonhomme, on se dit qu'il est impossible qu'il tienne le rythme pendant presque une heure ! Et effectivement, on le sent un peu à la peine sur la fin du titre, quand il doit débiter un texte à la Antoine De Caunes. Mais peu importe, il retrouve juste assez de souffle pour gueuler son célèbre « Fuck You », avec l'aide d'un public déjà déchaîné. Pas de doute possible, Suicidal Tendencies n'est pas venu juste pour cachetonner mais pour foutre le feu à Clisson !

Après cette mise en bouche décapante, place à des morceaux plus légers, surtout en live. On a presque l'impression d'assister à un concert de ska sans les cuivres vu la frénésie qui s'empare du public, même les gens situés loin de la scène. A commencer par Nick, mon compère d'un soir, embarqué dans un mini circle pit avec de parfaits inconnus. Un public dont la participation est souvent sollicitée : à un concert de Suicidal Tendencies, vous pouvez être sûr que vous allez gueuler un paquet de fois les initiales « S.T. » ! Sur "We Are Family", sur "Pledge Your Allegiance", au moment où le concert prend fin… Sans compter la litanie de refrains à beugler type "War Inside My Head", "Send Me Your Money" et sa démonstration de basse, ou encore "Cyco Vision". Et c'est avec grand plaisir que l'on se glisse dans la peau de Suicyco Maniacs d'un soir !


Putain de concert de Suicidal Tendencies, qui se finit de façon apocalyptique avec le spectacle de 150 ou 200 spectateurs qui montent sur scène, à tel point qu'on ne peut même plus distinguer les membres du groupe ! Dommage qu'un abruti ait sali un tel moment de grâce en tentant de piquer du matos avant d'être rattrapé par la sécurité. Bref, c'était loin d'être gagné, mais Suicidal Tendencies est venu, a vu et nous a botté le cul, et violemment en plus ! J'aurais pas aimé être la place de Dream Theater qui passait juste après…


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