CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
le 29 juin 2009




SETLIST

Je teste ma voix
Bienvenue en Enfer
Ours et compagnie
Toutes les filles qui jouent au foot
J'aime bien m'mettre de la crème (sur le visage)
Chacun ses soucis
Petit enfant abandonné
Je suis ambidextre
Je suis narcoleptique
Will Smith
Dans la vie
Wa Ouh! Wa Wa Ouh!
Je suis un pacemaker
Je marchais dans la rue (avec des chaussures de ski)
Elle change la K7 dans la tête du chat
Montrez-moi vos miches Madame
Tu m'as sauvé la vie
Je collectionne des canards (vivants)
MySpace.com

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Compromets-moi (sur bande)

AFFILIÉ

21 juin 2009 - Hellfest


Andreas_&_Nicolas_Hellfest_20090621

Chez les Eternels on est des oufs. Notre webzine est orienté métal/rock/prog mais nous avons décidé de chroniquer un duo parodique ne jouant qu'en acoustique. Hé ouais, on est comme ça, on en a rien à foutre de la vie, on est de rebelles t'entends ? Quoi ? Le duo en question est composé de deux chanteurs de métal oeuvrant dans Ultra Vomit et Era Nova ? Le concert en question a en plus eu lieu au Hellfest devant un public de métalleux ? Comment ça, c'est LOGIQUE ? Nan nan nan, tu déconnes. On est des rebelles, point barre.

Trois jours durant, tels les Mambo Kurt du Hellfest, Andréas & Nicolas on fait se poiler les festivaliers sous le chapiteau du Metal Corner. Votre équipe favorite ayant eu pas mal de concerts à couvrir, ils ont dû attendre le dimanche pour aller se payer une tranche de lol devant les deux compères. Et quel souvenir ! Devant un public totalement acquis à sa cause qui connaît en grande partie toutes les chansons par coeur, le duo (trio si on compte la batterie électronique, à la fois pro dans le jeu et cheap dans le son) s'en est donné à coeur joie. Comme Ultra Vomit, Andréas & Nicolas commencent le set avant le set : débarquant en peignoirs personnalisés pour installer leur matos, ils font le soundcheck sur... la chanson du soundcheck, intitulée "Je teste ma voix". Le matos en question soulève d'ailleurs moult interrogations : un paravent, une caisse métallique remplie de conneries, un tabouret avec un chat-robot qui bouge la tête (!!)... on sent que ça va être culte.

Et culte, ça l'a été. Commençant direct sur le tube interplanétaire "Ours et compagnie", les deux larrons posent tout de suite l'ambiance... à savoir une parodie ultra maîtrisée, où la rigolade ne masque jamais un professionnalisme de tous les instants. Les harmonies vocales sont parfaitement calées (depuis combien de temps ces deux-là chantent-ils ensemble ?), pas une note ne tombe à côté et le spectacle est réglé comme du papier à musique. Le spectacle c'est surtout l'affaire d'Andréas : sans guitare dans les mains l'homme est libre de jouer avec les multiples accessoires du set : ours en peluche, perceuse, portraits de Will Smith, tout y passe. Et si le brun au cheveux courts assure la mise en scène, le blondinet aux cheveux longs se pose une fois encore comme un chanteur bluffant. Si chez Ultra Vomit ce sont Lemmy et Abbath qui sont à l'honneur, avec Andréas Nicolas imite Anastacia et Renaud («tatatsoin !») avec une aisance presque perturbante. Sa performance est à l'image du show : décontractée en apparence mais pro à l'extrême en réalité.

Les titres s'enchaînent et font tous mouche. Il y a "Petit enfant abandonné", son cynisme hilarant et ses choeurs géniaux. L'enchaînement "Ambidextre" / "Narcopletique" / "Will Smith" surréaliste, chaque chanson faisant moins d'une minute et étant basée sur exactement la même musique. "J'aime bien m'mettre de la crème (sur le visage)" qui voit le visage d'Andréas disparaître sous une couche effrayante de Nivéa... on ne regrette vraiment que l'absence du fabuleux "Compromets-moi" dans la setlist, tant ce titre relève du surréalisme pur et du mauvais goût le plus absolu. Par contre il y en a une que le groupe ne peut pas éviter : "Je collectionne des canards (vivants)" hymne absolu popularisé par la version Ultra Vomit. Et ça ne loupe pas : Andréas fait monter un maximum de monde sur scène pour que chacun puisse connaître son heure de gloire en beuglant « coin coin coin » face au public (il paraît même que des chroniqueurs du webzinat français auraient cédé à la tentation), ce qui rend ce final encore plus fabuleux. C'est la joie, c'est le bonheur, c'est la fraternité, c'est le Bien.


Le côté parodique du groupe risque de faire passer le commentaire qui suit pour une exagération mais il n'en est rien : Andréas & Nicolas ont donné un des meilleurs sets du Hellfest, c'est tout. La manière dont le duo balance ses « super chansons » calées au micropoil tout en faisant mourir de rire son auditoire est digne des grands. A mi-chemin entre chanson et théâtre, le spectacle de ces deux-là est à voir au moins une fois dans sa vie... qu'on soit métalleux ou pas. Encore !


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