CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 27 juin 2010




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

19 juin 2010 - Hellfest


36_Crazyfists_Hellfest_20100619

«Dis, tu as vu Born From Pain ? - Oui mais de loin seulement, c'était rempli de monde. En fait je les ai entendus mais je ne ne voyais pas la scène. - C'était hallucinant, une bonne décharge de hardcore comme ça fait du bien. - Hé, mais moi aussi j'ai envie... Bon ben je vais aller dans la Terrorizer Tent et moi aussi j'aurai ma décharge de core dans la gueule. Ah, c'est 36 Crazyfists... Bon, au moins ça sonne assez core comme nom.»

Et une fois l'introduction sur bandes finie, les Alaskiens envoie dans les gencives leur metal-core plutôt bien calibré, sur les ondulations physiques exagérées du bassiste et les mouvements du chanteur qui rappelleraient presque de petits échauffements d'un joggeur jouflu. Chanteur (Brock Lindow de son nom) dont le chant clair peine à convaincre au début du set, tandis que son chant beuglé s'avère réussi quoiqu'assez basique, sinon générique. Un peu à l'instar des riffs que le groupe envoie. Néanmoins, le son est bon et les musiciens, guitariste excepté, semblent s'en donner à cœur joie, devant un public visiblement plus que réceptif au vu des nombreux et violents slams qu'il effectue. En bref, malgré le clair manque d'originalité dont ils font preuve, les membres de 36 Crazyfists arrivent à convaincre une très large partie de l'audience.

En effet, l'ensemble est bien sympatique, bien que musicalement on puisse hésiter entre les termes «lassant» et «convenu». La bonne humeur que distille les musiciens aide pourtant à rester aux alentours. Les mospharts sont nombreux, sinon trop, mais sont la preuve de l'efficacité du groupe sur le public, tandis que Brock Lindow incite bien souvent à la pagaille dans le pit par des «Let's make some noise ! (motherfockers)» et autres «Put your fists in the air ! (motherfuckers)» de circonstance. Son chant clair s'améliore d'ailleurs au fur et à mesure des titres, bien qu'assez approximatif et peu articulé, comme si on entendait un vague clone de Mike Patton chantant avec le nez... sans nez. L'ambiance est bonne, le chant s'améliore, au même titre que les morceaux joués... Que voilà un intéressant crescendo.

Crescendo, voilà le maître mot de ce set au démarrage pas forcément convaincant. Au bout d'une demi-heure, on se surprend à hocher du chef et à contempler la fosse se diviser en deux pour un Wall of Death qui s'installe sur des arpèges post-core dissonants, avant de se refermer dans un choc violent dès que la purée repart. Les compos semblent plus catchy, sinon meilleures. Cela vient-il de leur qualité ou bien de l'ambiance crée par le groupe ? L'avant dernier morceau offre un moment core à souhait dans son intro, subissant des changements de plans qui laissent place à des riffs groovy, en beat-down ou mid-tempo, le tout saupoudré d'un bon gros feeling rock'n roll, tandis que le tout dernier titre joué laisse place à un circle pit des familles et s'avère efficace de bout en bout. Hasard ou non, il s'agit en plus de deux extraits du futur album du groupe.


Au moment de faire le bilan, on peut dire que 36 Crazyfists sait y faire. Car pour peu que l'on soit vaguement amateur de metalcore, il est difficile de ne pas se laisser prendre au jeu. Présent sur scène musicalement et humainement, le groupe fait passer un moment au final fort agréable. Et dire que ça n'était vraiment pas gagné au départ...



Crédit photo: http://www.myspace.com/36crazyfists


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