CHRONIQUE PAR ...

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Gazus
le 03 octobre 2010




SETLIST

N/A

AFFILIÉ

29 septembre 2010 - Paris - L'International


Pure_Reason_Revolution_Paris_-_L'International_20100929

Alors que l'Internationale n'est plus le genre humain depuis belle lurette, l'International offre chaque jour des concerts gratuits en plein Paris, en plus de bénéficier d'un bar plus que sympathique et d'une atmosphère visiblement agréable. Du coup, lorsque les anglais de Pure Reason Revolution sont de passage afin de présenter leur futur album Hammer and Anvil dans un tel cadre, rater un tel événement revient à faire de vous un traître à la solde du Capitalisme. Ou un trader. Ce qui est bien pire, avouons-le.

Une fois les balances finies, les choses peuvent enfin se passer à fond. "Les Malheurs" permettent d'ouvrir le bal et de goûter au son, fort bon de la soirée, devant un public bien fourni. D'emblée, les harmonies vocales, véritable force du groupe frappent par leur mise en place et leur précision. Les voix de Jon Courtney et Chloë Alper, aidées par celle de Jamie Wilcox se croisent, s'emmêlent et se superposent sur un tapis rock/electro accrocheur dès les premières notes. Il s'avère dès lors quasi impossible de ne pas sauter, emmené par les grooves distillés par le batteur Paul Glover, soutenu par les nombreux backbeats programmés. Les choses se musclent par la suite, les guitares étant bien plus présentes que sur album, créant une balance parfaite entre les deux orientations du groupe. Ce n'est pas un concert de rock mâtiné de prog, ce n'est pas une soirée disco/electro. Non, c'est bel et bien un concert de Pure Reason Revolution.

Si les tubesques "Victorious Cupid" et "Deus Ex Machina" sont joués, le but de la soirée est surtout de jouer de nouveaux titres comme "Black Mourning" et "Last Man Last Round", qui s'incorporent fort bien à l'ensemble du set, sans choquer pour le moins du monde. La rupture se fait réellement sentir lorsque Chloë délaisse sa basse pour son micro, avant que le groupe n'entame un "Fight Fire" que n'aurait pas renié Prodigy ou encore The Chemical Brothers. Les beats sont lourds et agressifs dans une atmosphère oppressante, le tout mené par un chant féminin scandé/clamé. On est alors bien loin des horizons progressifs de "The Dark Third", tandis que les musiciens se démènent et transpirent comme des diables dans l'ambiance presque étouffante d'une cave de bar. Avant que l'introduction de "The Bright Ambassadors Of Morning" ne débarque, embarquant un public connaisseur ravi pour un voyage d'une dizaine de minutes.

Bien que les yeux soient le plus souvent rivés sur le duo Jon/Chloë (et surtout sur Chloë), ceux-ci ne volent pas la vedette, chaque membre du groupe ayant son instant de communication avec le public, notamment un Jamie en bataille constante durant la soirée avec ses retours et son son de guitare. Et lorsque les Anglais quittent la scène, ce n'est que pour revenir trois minutes plus tard pour un rappel fort long avec deux titres de The Dark Third, alors que le batteur Paul Glover proposait quant à lui un bœuf de jazz. Là encore, force est de constater que malgré les différents horizons visités par le groupe, celui-ci arrive à chaque fois à imposer sa marque de fabrique et ce au delà des lignes de chant une fois de plus sans faute. Pas un morceau ne fait tâche, chaque instant s'écoule dans une fluidité et une continuité qui impressionne, alors que riffs électriques, beats électros, lignes de synthés et martèlements de fûts s'enchaînent sans fatigue aucune.


Une bien belle mise en bouche que cette soirée. L'occasion de confirmer que comme sur disque, Pure Reason Revolution fait preuve d'une maîtrise et d'une fraîcheur insolente, avec de beaux nouveaux titres qui passent sans accroc l'épreuve de la scène. Rendez-vous en novembre pour une salle plus conséquente et ce, en tête d'affiche. Vous n'avez aucune excuse, Camarades !


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