CHRONIQUE PAR ...

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Carsten
le 19 juillet 2011




SETLIST

It's Electric
Give It To Me
The Prince
Sucking My Love
Helpless
Am I Evil ?

AFFILIÉ

09 juillet 2011 - Sonisphere France


Diamond_Head_Sonisphere_France_20110709

Pour sa première édition, le Sonisphere France n'avait pas annoncé un programme gargantuesque. Seulement 10 groupes par jour, 5 sur chaque scène. Sachant que la grande scène était consacrée au Big Four ce samedi, il fallait bien trouver la cinquième roue du carrosse. Choix judicieux avec Diamond Head, groupe qui a énormément influencé Metallica, qui a fait plusieurs fois la première partie de Megadeth et dont le leader Brian Tatler est à la fois ami avec Lars Ulrich et Dave Mustaine.

Pour commencer, petit retour sur un spectacle ubuesque. Vous avez sûrement eu vent de l'histoire de la mini-fosse, non ? Il faut en effet savoir que 3 500 privilégiés avaient accès à une première fosse avec une vue idéale sur la scène, et la possibilité de la quitter et d'y revenir à leur guise. Pour cela, il leur a fallu poireauter 2 heures sur le site (sans compter l'attente avant l'ouverture) avant d'être lâchés tel un troupeau de taureaux dans les rues de Pampelune à la St Fermin. Drôle de scène que ces hordes de métalleux débarquant à grandes enjambées façon cross du collège, puis soumis à un test délicat de résistance à la pression contre les barrières. Il valait mieux éviter de tomber en route sous peine de finir piétiné… Par contre, une fois le précieux sésame en poche, la plupart n'ont pas hésité à mettre les voiles pour aller bouffer ou siffler une binouze. Le set de Diamond Head se sera donc déroulé devant un parterre déjà bien garni d'au moins 25 000 personnes, dont une partie du public déjà placé pour Metallica à H-9, mais avec quasiment personne devant la scène. Vu de la scène, cela devait être sans doute un peu déroutant…

La carrière de Diamond Head, qui en est à sa troisième vie, a toujours été assez tumultueuse. Depuis 2004, Brian Tatler s'est débarrassé sans doute définitivement du chanteur historique Sean Harris, devenu selon lui trop ingérable. Il n'est nullement question de remettre en cause ses décisions, qu'il prend évidemment dans l'intérêt de son groupe, mais le choix de le remplacer par Nick Tart demeure assez incompréhensible vu de l'extérieur. Disons que celui-ci a du mal à être crédible en tant que chanteur de heavy. De par son look, son jeu de scène un peu précieux et même sa voix, on a davantage l'impression d'avoir affaire à un chanteur de pop. Ca manque souvent un peu de mordant par rapport aux versions d'origine, et encore plus par rapport aux nombreuses reprises des Mets. N'est pas James Hetfield qui veut ! Le bassiste Eddie Moohan semble davantage dans son élément et s'éclate véritablement sur scène. Quant au boss Brian Tatler, il n'a strictement rien perdu de son talent : sous de faux airs de vieux bougon, Papy fait encore des merveilles guitare en main, comme sur le fabuleux solo de "Am I Evil ?", qu'il exécute avec une grande maestria.

Niveau setlist, Diamond Head ne s'est pas emmerdé : que des reprises de Metallica ! Plus sérieusement, avec seulement 30 minutes de jeu, les Anglais se sont évidemment appuyés très largement sur Lightning To The Nations, leur grand classique. 6 titres au programme, et au final, seul "Give It To Me, extrait du récent All Will Be Revealed, nous rappelle que Diamond Head a composé quelques trucs depuis 1980. Ca tombe bien, c'est aussi dans cet album que Metallica a pioché les 4 reprises immortalisées en studio et compilées sur Garage Inc. (à ses débuts, les Horsemen reprenaient aussi "Sucking My Love" d'ailleurs). Du coup, le public du Sonisphere n'était pas trop dépaysé pendant ce set et a pu découvrir à l'occasion des versions un peu plus soft. Excellent choix que "It's Electric" en opener : un titre court (le seul avec "Give It To Me"), très catchy avec un riff irrésistible, c'est parfait pour se mettre en jambes. On accélère un peu avec "The Prince" et ses « oh oh », on monte encore d'un cran avec "Helpless", mais c'est surtout avec "Am I Evil ?" que Diamond Head tire son épingle du jeu. Tu m'étonnes, avec une compo aussi monumentale !


En voyant Diamond Head sur l'affiche, tous les amateurs (peu nombreux, l'écrasante majorité du public se foutant complètement des Anglais) se sont dit que ça ferait un petit trip nostalgie sympa pour commencer la journée, une sorte de mise en bouche en forme de clin d'œil avant d'attaquer les choses sérieuses. Ce set fut conforme à cette attente, et c'est exactement ce qu'il fallait pour lancer une journée bien chargée. Ce n'est pas maintenant que Diamond Head connaîtra la gloire ultime, mais les vétérans anglais nous ont prouvé qu'ils savaient encore se défendre sur les planches.


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