CHRONIQUE PAR ...

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Guiomzappa
le 02 juillet 2012




SETLIST

Intro: Puppet's Strange Vision
Desert Urbania
Unfed Pendulum
The Shiver
The Quantum Symphony

AFFILIÉ

15 juin 2012 - Hellfest


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Ce qui est bien avec un festival comme le Hellfest, c'est qu'il y en a pour tous les goûts. Les aigris diront certainement que ça manque de dubstep, de britpop ou d'autres joyeuseries mais le metal est un monde vaste et la palette des sous-genres colorée. Aujourd'hui, on a le droit à un représentant du metal avant-gardiste, québécois qui plus est.

L'introduction des musiciens sur scène se fait sur l'instrumental "Puppet's Strange Vision", morceau electro au beat caractéristique joué sur bandes comme le seront toutes les parties de claviers, le poste étant vacant depuis la sortie de leur dernier album Fables of the Sleepless Empire. Au climax de l'intro, ils enchaînent avec "Desert Urbania", titre parfait pour la scène tant il tape fort et contient toute la furie dont peut faire montre le groupe. D'expérience, on se doute que la complexité des compos et les enchevêtrements complexes des divers instruments que l'on peut entendre sur disque peut être un gros frein à l'appréciation d'un concert du genre ; pas cette fois, tous les zicos sont audibles à part peut-être le bassiste Chaoth  sur certaines parties les plus brutales, mais il compensera largement sur tous les plans où la 9 cordes est à l'honneur (et Odin sait qu'il y en a !) ainsi qu'en montrant sa joie d'être ici en multipliant les clins d'oeil au public ou encore en sautant d'un bout à l'autre de la scène.
Dans l'ensemble, hormis quelques approximations au niveau de son micro, les parties de chant de la chanteuse Leïlindel, tant le growl que la voix claire, se fondent très bien avec celles des deux guitaristes. C'est d'ailleurs sur ces parties chantées à trois que le public réagit vivement, impressionnés et enjoués par la précision d'exécution. Le violoniste, avec son air de ne pas y toucher, nous envoie de belles envolées bien placées et reste une pièce maîtresse lors des grosses bouffées métalliques signées Unexpect, et avec des morceaux frôlant les dix minutes, on a le temps d'en manger quelques-unes. Leur musique est dense, virevoltante, puissante et progressive dans le sens où chaque titre nous prend par la main et nous propose un voyage riche en couleurs, Comme quasiment aucun riff ne se répète, il y a de quoi être captivé sans interruption. La majorité du public est enthousiaste voire se dépense sans compter (il n'est que 14h30), entrant dans une sorte de fusion : on se rassemble sous une tente, on fait partie du Grand Tout et on se laisse emporter, comme moi à l'instant.


Syriak, le guitariste aux dreadlocks gigotantes, nous dit que le groupe est heureux d'avoir traversé l'Atlantique pour participer au fameux Hellfest, plaisir partagé par le public en feu au bout de 45 minutes. Si le format assez court qu'impose ce genre de programmation n'est pas le plus adapté pour des musiciens qui ont tant à dire, cela implique de donner le meilleur de soi-même, et ce fut le cas aujourd'hui.


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