CHRONIQUE PAR ...

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Dimebag
le 09 juillet 2012




SETLIST

Knifeman
Rape Zombie
White Tar
Shitty Future
Inveigh
Under The Rabbit
I Got Chills
They Will Kill Us All (Without Mercy)
Heart Attack American

History's Stranglers

AFFILIÉ

15 juin 2012 - Hellfest


The_Bronx_Hellfest_20120615

Première journée, première après-midi, et déjà, une affiche fait salement saliver votre serviteur. The Bronx putain. The Bronx au Hellfest ! Presque totalement confidentiel en France, ce groupe qui connaît un succès d'estime certain aux States vient fouler les planches de la Mainstage 02 pour un set qui, si il était plutôt mal engagé, a fini par constituer une des plus grosses tueries de ce festival en ce qui me concerne. Et vous allez vite comprendre pourquoi.

Mal engagé donc, on le disait. Après-midi relativement maussade sur le Hellfest, et peu de monde devant la mainstage alors que le concert débute. Mais The Bronx, avec sa bannière « The Beat That Kills », ne semble franchement pas s'en émouvoir et démarre son set pied au plancher avec un son presque parfait et une énergie des plus plaisantes. Il faut dire que les morceaux des Californiens sont clairement taillés pour la scène, le groupe évoluant dans une veine punk/hardcore bien agressive, teintée de rock plus classique et pas si basique qu'il n'y paraît. Il y un boulot monstre sur les riffs et les plans de batterie, tout le monde est ultra carré et en place, et ça se sent. Au bout de quelques morceaux et notamment le très réussi "Shitty Future", la scène commence quelque peu à se remplir devant la bande à Matt Caughthran, dont le métier (dix ans d'existence) et l'énergie très communicative semblent se répandre aux alentours de la Mainstage 02. Ce genre de signe qui ne trompe pas, et qui laisse à penser qu'il va se passer un truc génial. Ça n'a pas loupé. Déjà, on apprend en plein show que le second guitariste du groupe est malade et n'a pas pu venir, et que le mexicain enrobé qui enchaîne les riffs de malades depuis vingt minutes est en fait le gratteux attitré de H2O (autre groupe programmé lors du festoche), et qui a appris tous les plans d'une dizaine de morceaux des mecs en moins de deux heures. Balèze, et surtout bel esprit rock'n'roll. Le groupe enchaîne avec "I Got Chills", puis avec l'énorme tube "They Will Kill Us All Without Mercy" (hymne punk-hardcore assez indépassable dans son genre), et la tension commence à sérieusement monter dans le pit et sur scène.
Tout le monde est chaud, il reste deux morceaux au groupe, c'est donc le moment pour Matt Caughthran de faire un truc fou, un truc qui restera dans les mémoires de toutes les personnes présentes en ce vilain après-midi. Le petit bonhomme chauve d'1m70 à tout péter descend en plein milieu du pit, tout seul, sous les yeux effarés de la sécurité (qui tente de le retenir, puis de le suivre dans la fosse sans vraiment y parvenir) et le regard mi-inquiet mi-amusé de son roadie qui lui déroule comme il peut du câble de micro sur scène, et se met à chauffer la foule comme jamais. Tout le monde se masse autour de lui, et là, sans crier gare, ses comparses démarrent "
Heart Attack American", une des plus fameuses tueries du premier album des Californiens. Furie totale dans le pit, sauf que là, putain, là le chanteur du groupe sur scène est au milieu de la tornade, avec le public. Il pogote comme un taré, chante ses parties comme il peut car il est porté en triomphe par la fosse et baladé de-ci de-là au gré des mouvements de foule, et ce pendant les deux derniers morceaux tout entiers, ne remontant sur scène que sur le final de "History's Stranglers". C'est tout simplement le foutu truc le plus rock'n'roll jamais vu dans un concert de cette configuration, et bien du monde a dû penser la même chose ce jour-là. Respect éternel à Matt qui, à lui seul ou presque (il était tout de même aidé par son groupe de tueurs qui a envoyé le bois comme il le fallait et plus encore), a mis un énorme sourire sur le visage d'une foule pas habituée à voir un chanteur participer autant qu'elle, voire plus, à la furie et au kiff général. Le concert du groupe s'achève sous la clameur d'une foule reconnaissante et surtout deux ou trois fois plus nombreuse et compacte qu'en début de concert. Y a des signes qui ne trompent pas, vous disait-on.

Il n'y avait qu'à voir les tronches des gens quittant la Mainstage 02 après ce concert épique de The Bronx. Ravis, étonnés, surpris, car peu de monde devait bien connaître le groupe à la base. C'était la première méga claque de ce festoche, et elle est d'autant plus retentissante qu'elle était très inattendue et s'est dessinée en l'espace d'une poignée de minutes. Quelques instants de folie d'un showman complet, qui a rendu inoubliable le déjà très bon concert qu'était en train de donner son groupe. Merci à lui, merci à The Bronx pour ce morceau de bravoure. ÇA, c'était digne du Hellfest les potes.


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