CHRONIQUE PAR ...

100
Merci foule fête
le 05 juillet 2013




SETLIST

Give Me All Your Love
Ready an' Willing
Can You Hear the Wind Blow
Don't Break My Heart Again
Is This Love
Gambler
Love Will Set You Free
Pistols at Dawn
Steal Your Heart Away
Forevermore
Best Years/ Bad Boys/ Children of the Night
Fool for Your Lovin'
Here I Go Again
Still of the Night
We Wish You Well

AFFILIÉ

21 juin 2013 - Hellfest


Whitesnake_Hellfest_20130621

Surgi du royaume d'un soleil mourant, un cri bestial déchire le halo des premiers rayons d'été.
Le jour décline mais de ses pâles phalanges glisse une ultime offrande sur les occiputs des fidèles oscillatoires : Udo, le gnome vociférant, est de retour. Sauf qu'Accept est programmé le lendemain et qu'aux dernières nouvelles, Mark Tornillo est toujours l'unique chanteur au sein du gang teuton. Bon sang, mais quel improbable mystère plane sur la scène principale n°1 ?


Pas besoin d'invoquer les mânes du commissaire Bourrel, il suffit de viser le backdrop  : il y est écrit Whitesnake. Mais alors, Udo ? Si vocalement le doute ne semble pas permis, celui-ci s'installe lorsque l'on observe le responsable des couinements éraillés qui déferlent sur la copieuse assistance. Une crinière mordorée et ondulante qui coiffe une silhouette de beau gosse en lutte contre les affres du vieillissement et dont la taille dépasse sans conteste le mètre-cinquante : définitivement il ne peut s'agir d'Udo. Et puis Whitesnake ne serait pas Whitesnake sans son leader fondateur dictateur David Coverdale. Il faut donc se résoudre à l'évidence : la goule qui déraille dans les aigus, se vautre dans les graves et fait ce qu'il peut pour ne pas se casser la binette dans les médiums est bien l'ex-Deep Purple. Pour qui ne l'a pas entendu en concert depuis un bail, ça fait un vilain choc. Car si l'on veut bien croire qu'en configuration plein air il soit tentant de tirer un peu sur les cordes vocales pour maintenir un niveau honorable de puissance, il n'en reste pas moins que le résultat est assez désastreux, Coverdale ayant choisi l'option de passer en force sur quasiment tous les titres. Pourtant, ses suaves intonations qui ont fait pâmer tant de demoiselles et damoiseaux auraient avantageusement remplacé ces hurlements douteux qui font passer le pourtant magnifique "Fool for your Lovin'" pour un mauvais titre de revival thrash et "Still of the Night" pour un inédit honteux d'Accept .
Bien sûr tout n'est pas à jeter dans cette prestation d'une heure et quart : le son est costaud même si la basse se fait parfois un peu trop entendre tandis que la set-list est difficilement attaquable puisque les titres bluesy ne sont pas oubliés – "Ready an' Willing" constituant l'un des rares moments où le sexagénaire en jean et chemise ouverte assure un minimum. De plus, les trois titres issus du dernier – et superbe – album Forevermore (2011) sont judicieusement choisis. Rien à reprocher non plus aux musiciens, Doug Aldrich envoie du solide à la guitare et le revenant Tommy Aldrige tape sur ses fûts avec une ferveur intacte. Là où le bât blesse est que le groupe se met au diapason de son chanteur et mise sur la puissance au détriment du groove – ça colle assez bien avec les nombreux titres issus de 1987, le disque de tous les succès, moins sur les chansons plus anciennes - les errances vocales de Coverdale rendant le brouet d'autant moins ragoûtant. Et puis même si cela fait partie du show, on est en droit de trouver de plus en plus grotesques les caresses à l'entrejambe et le micro suggestivement brandi à hauteur de bassin de la part d'un type qui pourrait être le grand père de certaines jeunes filles présentes dans le public. Enfin, ça au moins c'est plutôt rigolo. Nettement moins drôle est l'exécution du morceau "Forevermore" dont la si belle introduction est littéralement massacrée par un chant au sommet de sa fausseté et une guitare mal accordée. Au secours.


Le Serpent Blanc a beau être constitué de musiciens de très haut niveau et proposer d'excellentes compositions, sa performance lors de cette édition du Hellfest a grandement laissé à désirer. Peut-être est-ce la présence des groupes thrash sur la scène mitoyenne qui a inspiré le chant hurlé de Coverdale mais le moins que l'on puisse dire est ce dernier n'a pas fait honneur à la subtilité et la variété de son répertoire. On connaissait le frontman plutôt habile pour tomber les filles mais mise à part une fan pas trop regardante (et entendante) de trve black metal, on ne voit pas trop quel spécimen du beau sexe serait susceptible de succomber à ces chansons d'amour expectorées façon sorcière en rut. « Is this Love ? » Non, pas là, non.

(crédits photos : www.OZIRITH.com - HELLFEST Productions)


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