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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2007
Sa note : 14/20

LINE UP

-Chad Smith
(chant+basse)

-Brandon Crane
(guitare)

-Bryan Gentry
(guitare)

-Bobby
(batterie)

TRACKLIST

1)My Eyes Itch
2)Weakman Suicide
3)Platinum Lie
4)Nobody Knows
5)Jacob's Ladder
6)Pipebomb
7)Suffocate The Truth
8)Bleed The Dream
9)Becoming
10)Raze To The Ground
11)To The Nines
12)Crooked Smile

DISCOGRAPHIE


Hemlock - Bleed The Dream
(2007) - hardcore thrash metal - Label : Candlelight



Tiens, un groupe de hardcore-metal qui n'est pas un groupe de metalcore, ça fait bizarre. Hemlock est un cas à part dans le paysage actuel : comme s'il refusait de sombrer dans la tendance actuelle de melting-pot débridé (qui donne parfois des merveilles d'ailleurs), le groupe semble vouloir conserver des racines clairement ancrées dans le hardcore tout en y ajoutant une touche de modernité. La démarche n'est ma foi pas inintéressante, et pour une fois qu'on n'aura pas à expliquer comment du chant pop-punk vient s'immiscer entre deux plans de mélodeath scandinave ça fait toujours plaisir.

L'identité hardcore si affirmée d'Hemlock est avant tout incarnée par le chant hargneux, revendicatif et surtout rythmiquement très traditionnel. Le grain thrash est plus violent que chez Agnostic Front ou Madball, mais au niveau du placement des paroles sur les riffs c'est kif-kif. Le son est à l'image du chant : trop thrash pour être classé dans le hardcore old-school mais pas très loin non plus, et la batterie faiblarde est le seul point faible du son de Bleed The Dream. Idem pour les compos : la base core est indéniable, mais Hemlock a le chic pour ajouter le petit détail inattendu qui surprend comparé au feeling roots du reste. Le riff à la Hemlock est souvent ultra-classique, comme dans "Suffocate the Truth" ou "My Eyes Itch" dont les trois-quarts sont du bon vieux old-school de base pour mosh-pit. Sauf que le deuxième titre cité envoie un break de basse mélodique totalement imprévu qui engendre un passage métal énorme, et que le premier est brisé en son centre par des plans groovy et mélodiques de toute beauté. Puis le core revient...

Cette approche du « hardcore plus » se retrouve sur la première partie du cd : du chant clair surgit d'on ne sait où sur "The Platinum Lie" et surprend agréablement, le chant hurlé part ça et là dans des digressions aiguës plus black, "Weakman Suicide" balance un pont qui va flirter avec le Slayer de South Of Heaven, etc. Jusqu'au morceau-titre où la donne change brusquement : intro dissonante, riff de guitare ternaire et tordu, vocaux malsains modulés, on a soudain l'impression d'avoir affaire à un autre groupe... surtout quand un chant clair metalcore apparaît pour la première fois sur un refrain! Et ça continue sur un "Becoming" bien (trop) catchy qui marque retour de la mélodie tant au niveau des guitares que du chant. "Raze To The Ground" est tout aussi atypique : riff start-stop simpliste, puis passage heavy-thrash avec harmonies de guitare à la clé. "To The Nines" présente le seul passage clairement néo-jumpy du cd... La deuxième moitié du l'album est dédiée à l'expérimentation et cette dichotomie rend de fait l'écoute déstabilisante.


Bleed The Dream est donc un album loin d'être mauvais mais qui se révèle décousu. Le groupe a réparti ses idées d'une fort étrange manière, saupoudrant le dernier tiers du l'album de beaucoup d'idées osées après avoir posé des bases toutes autres au départ. Le tracklisting est vraiment mal pensé car l'enchaînement des chansons rend le tout schizophrène et pas vraiment défini. En organisant mieux ses plans et en créant une réelle dynamique d'album Hemlock aurait pu sortir un cd impressionnant... mais au final ce disque n'est que prometteur. C'est déjà ça, mais c'est un peu frustrant.


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