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CHRONIQUE PAR ...

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Flower King
Cette chronique a été mise en ligne le 06 novembre 2007
Sa note : 8/20

LINE UP

-Jordan Rudess
(claviers+programmation)

-Rod Morgenstein
(batterie)

+ une floppée de guests

TRACKLIST

1)Dance On A Volcano
2)Sound Chaser
3)Just The Same
4)JR Piano Medley: Soon - Supper's Ready - I Talk To The Wind - And You And I
5)Piece Of The Pi
6)Tarkus:
i)Eruption
ii)Stones Of Years
iii)Iconoclast
iv)Mass
v)Manticora
vi)Battlefield
vii)Aquatarkus

DISCOGRAPHIE

The Road Home (2007)

Rudess, Jordan - The Road Home
(2007) - rock prog - Label : Magna Carta




Mais qu’est-ce qu’a voulu faire Jordan Rudess sur ce disque ? Rendre hommage aux grands pontes du progressif qui ont bercé son adolescence ? Faire étalage de ses nouveaux sons pour satisfaire les fans en rut ? On l’a compris, le clavériste a été bien brave de vouloir concilier les deux options, mais le résultat final donne l’impression d’avoir le cul entre deux chaises déséquilibrées…



Sur The Road Home, donc, Jordan nous offre quatre reprises des grands noms du rock prog des seventies, un medley dans la même veine, plus l’inclusion incompréhensible d’une composition personnelle que l’on passera sous silence, par respect pour la musique électronique. Le livret nous indique que tous les titres ont été « arrangés » par monsieur Rudess. Une expression plus conforme à la réalité serait « rallongés en dépit du bon sens » ; c’est ainsi que les sections instrumentales de "Dance On A Volcano" et "Just The Same" se voient affublées de parties quasi-metal prog qui n’ont d’autre intérêt que de permettre aux potes guitaristes de Jojo de faire leur petit numéro. Ces ajouts n’ont rien d’horrible en soi, mais tombent comme un cheveu sur la soupe, surtout quand la reprise était jusque là une copie conforme du morceau originel.

Pour être honnête, on note d’autres tentatives d’arrangements ici ou là… mais pas pour notre plus grand bonheur. "Sound Chaser" a lui aussi droit à son instru rallongée avec, surprise, un solo de continuum (...), mais ce qu’on retient finalement, c’est que cette version réussit le non-exploit d’être moins pêchue que son modèle. Que voulez-vous, Jojo n’a pas d’ami bassiste, alors il s’est chargé de reproduire au clavier toutes les parties de Chris Squire… monumentale erreur, alors que cette basse grondante était justement l’assise qui permettait au groupe de décoller sur les sections véloces. Reste l’épique "Tarkus", peut-être celui qui a le plus souffert de ce rafistolage 2007. Il faut bien le dire, une grosse partie du charme de ce titre d’ELP réside dans ce son vieillot, au grain quasi-fantomatique, impossible à reproduire de nos jours. Résultat : la section spectrale "Stones Of Years" prend des allures de jazz d’ascenseur, l’imposant "Mass" n'est plus qu'un rock banal… et l’auditeur déchante.

Et ce ne sont pas les guests en pagaille qui vont y changer grand-chose : certes Rod Morgenstein est un batteur impressionnant, mais il est bien le seul à tirer son épingle du jeu ici. Et à moins que la simple lecture de leurs noms vous mette en joie, on aura bien du mal à ses satisfaire des interventions passe-partout de Neal Morse, Steven Wilson ou Nick D’Virgilio au micro. On ne s’émerveillera pas plus de la palette de sons, aussi variée que dérisoire, que nous offre le maestro. Finalement, c’est sans apparat qu’il offre le meilleur de lui-même : dans ce medley au piano où s’enchaînent avec vertige les thèmes les plus emblématiques du progressif. C’est virtuose et élégant à la fois, et c’est assez rare pour qu’on se permette de le souligner.


Il n’empêche que Rudess a raté son coup : les amateurs des morceaux originels écouteront d’une oreille dubitative ce ravalement de façade d’un goût pas toujours sûr, si bien que seuls les fanas du bonhomme pourront y trouver un tant soit peu leur compte. Ils doivent d’ailleurs être les seuls à avoir lu cette chronique jusqu’au bout…


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