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CHRONIQUE PAR ...

2
Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 13/20

LINE UP

-B. Dez Fafara
(chant)

-Meegs
(guitare)

-Rayna
(basse)

-Mike "Bug" Cox
(batterie)

TRACKLIST

1)Mist
2)Tragedy
3)El Cu Cuy
4)Untrue
5)Tyler's Song
6)What's In Your Mind
7)Not Living
8)Shock The Monkey
9)Burgundy
10)Entwined
11)Feed My Dreams
12)My Mercy
13)No Home
14)Shari Vegas
15)Notion
16)Anything But You
17)Wishes
18)Apparition

DISCOGRAPHIE

Chamber Music (1999)
Dark Days (2002)

Coal Chamber - Chamber Music
(1999) - néo metal - Label : Roadrunner Records



Coal Chamber avait fait fort pour un premier album en termes d'impact, en particulier grâce aux mégatubes "Sway" et "Loco" qui avaient prouvé leur capacité à sortir un néo efficace et jumpy. Chamber Music, deuxième album de la formation, se veut un changement radical d'orientation: les Coal Chamber ont décidé de montrer qu'ils savaient faire autre chose, et nous font semble-t-il le coup de l'album de néo mélodico-travaillé. Analyse...

Le premier titre "Tragedy" illustre bien cette tendance. Les effets et claviers sont présents quand il faut, Dez ne beugle que sur le refrain et les couplets sont construits autour d'une mélodie dissonante de guitare plutôt que sur un riff bourrin. Cet exercice réussit pas mal au groupe, car cette compo est une des meilleures de l'album. Le son est moderne et bourrin comme de bien entendu, et le néo est un de ces genres qui permettent de profiter de la basse: Rayna a un son chaud et ses lignes sont solides, à défaut d'être démonstratives comme certains de ses collègues en baggy-pantacourt. Les effets sur la voix de Dez sont souvent pertinents et surtout ne sont pas systématiques: contrairement à d'autres qui se camouflent derrière des effets permanents, Dez nous prouve souvent qu'il sait chanter et que les filtres et autres vocoders ne sont qu'un renfort. Non, rien à dire, le son général de ce CD est du genre qui saute à la face.

Par contre musicalement parlant ça se gâte dès le deuxième titre "El Cu Cuy"; forcément, avec un titre pareil... Riffs (sons de guitare compris) et ambiances pourraient figurer sur à peu près n'importe quel album de Korn, et ça c'est fâcheux. Le chant mis à part c'est du kif kif. Cette faute de goût rend suspicieux, et j'ai malheureusement remarqué plusieurs passages au sein de l'album qui ont confirmé cette mauvaise impression. En parlant de faute de goût, abordons tout de suite le single malheureux de cet album, "Shock The Monkey" featuring Ozzy Osbourne himself. C'est à vomir: s'il existait des équivalents des Razzie Awards - vous savez, ces « anti-oscars » qui récompensent les films les plus nuls - dans le monde du métal, cette reprise aurait forcément gagné le titre de Pire Étron Musical l'année de sa sortie. À écouter une fois par curiosité ou pour faire rire vos amis.

Le reste de cet album est franchement inégal. On zigzague entre passages bourrins, jumpy et efficaces et ambiances groovy, dépressives et mélodiques. C'est parfois plaisant, comme l'exercice de style atmosphérique "Burgundy" sur lequel Fafara croone avec un sacré talent sur un fond d'électro douce et de chœurs féminins. Mais les erreurs « à la Cu Cuy » (je ne m'en remets pas) pullulent. Le groupe est bêtement direct et peu inventif dans ses riffs agressifs: on headbangue par automatisme car c'est du néo mais tout en se disant que le même riff joué par Korn est bien meilleur tout de même. Même le chant de Fafara sonne parfois déjà entendu, pas du fait de son grain mais de son placement rythmique en growl ou de son côté plaintif en chant clair. Les passages atmosphériques sont plus personnels mais tombent parfois dans le même piège... et cela réduit la part de vraiment bonne musique sur ce cd comme une peau de chagrin.


Conclusion: Coal Chamber n'a jamais réussi à sortir l'album béton qui l'aurait placé dans la cour des grands, et malgré une volonté d'évolution honorable Chamber Music est là pour le prouver. Quelques compos d'un bon niveau, pas mal de passages bien sentis, mais trop d'influences mal digérées et pas assez de moments de grâce. Cet album extrêmement long (dix-huit titres!) aurait grandement gagné à être élagué et raccourci, la note aurait été meilleure. Il reste les « tubes »...


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