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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 18 décembre 2007
Sa note : 14/20

LINE UP

-Keryann
(chant)

-Draven
(guitare)

-Ozed
(guitare+chœurs)

-Mr Loop
(claviers+chœurs)

-Xand
(basse+chœurs)

-O.R.
(batterie)

TRACKLIST

1)To Dust
2)Phantasms Or Perversity
3)Great Collector
4)Everyone
5)Without Conscience
6)Burn
7)Inner Fear
8)Weak Again
9)Shoot The Clown
10)No God
11)My Own Spread
12)Nightmare Circle

DISCOGRAPHIE


Zorglüb - Schizoid Affective Disorder
(2007) - indus - Label : Autoproduction



Zorglüb est un jeune groupe de Reims, formé en 2000. Après deux demos et un album, Things Are Pickin'Up, qui avaient recueilli de bonnes critiques dans la presse spécialisée, le groupe modifie son line-up et introduit en son sein Xand, O.R et Keryann. Il sort alors une nouvelle auto-production, Zorglüb étant toujours sans label. Cependant la possibilité d'être distribué par Season Of Mist se profile à l'horizon. Espérons que ce disque arrive bientôt dans les bacs français, car ce groupe prometteur le mérite amplement.

Lourdeur, ambiances sombres et rythmiques martiales, voilà l'essence substantielle de cet album. Les douze chansons de Schizoid Affective Disorder sont de véritables brûlots indus-metal. Les influences sont évidentes: Oomph, même si les guitares sont plus mises en retrait et servent généralement de support aux instruments électroniques, et surtout Samaël période Reign Of Light. Le timbre de Keryann est d'ailleurs proche de celui de Vorph, en plus rauque et granuleux cependant. Certaines sonorités aussi rappellent le groupe suisse, comme "Everyone" ou encore le tubesque "Phantasms Or Perversity". Cette chanson pourrait aisément devenir un single idéal pour les clubs gothiques: durée adéquate, rythme soutenu et un refrain facilement mémorisable, soutenu par une mélodie catchy. Cette chanson va droit au but, sans jamais tomber dans le piège de la simplicité: les arrangements sont relativement complexes mais font mouche, pour un résultat dansant et entraînant.

Même si certains moments rappellent un peu trop les influences originelles du groupe, à aucun moment il ne faut parler de plagiat. Le groupe commence à posséder une touche personnelle. En premier lieu, cette basse si en avant, fait plutôt rare dans l'indus/electro metal. Sa forte présence renforce le bon travail effectué par le batteur, la section rythmique étant un contributeur important à la lourdeur de l'album. Lourdeur assurée aussi par les guitares, même si elles restent plutôt dans le fond de la scène, et par les beats électroniques qui martèlent sans pitié. A noter que la production est de qualité, chaque instrument est en place et la puissance est au rendez-vous. Tout cela est certes efficace mais ce disque serait vite ennuyeux s'il n'était composé que de rythmiques martiales et de chansons violentes. "My Own Spread" et "Burn", les deux chansons les plus faibles de l'album, tombent dans ce travers et manquent de points d'accroche. En conséquence, rien n'en ressort et elles alourdissent l'album, malgré leur courte durée. Les titres ne sont d'ailleurs jamais très longs, avec une moyenne de trois minutes et demie.

Le groupe cherche à se démarquer de ses prédécesseurs et utilise des atmosphères malsaines, qui sied parfaitement à la violence des compositions. Les nappes de claviers y participent grandement bien entendu, en créant un ambiance urbaine en décomposition. Outre cela, quelques artifices participent aussi. Des samples sont utilisés à diverses occasions, comme cette musique de fête foraine que l'on trouve sur "Shoot The Clown", ou la musique type film d'horreur sur "Great Collector". L'incursion de mélodies jouées au clavier, le passage proche de l'ambiant sur "No God", ou encore les percussions sur "Weak Again", tous ces ajouts contribuent à la variété de l'album. Le disque contient tout de même plusieurs défauts. Le manque de variété dans le chant est le plus évident, et le plus pénalisant aussi. Keryann ne module presque pas sa voix, et son timbre monotone devient ennuyeux sur la longueur. Mais aussi le manque de maturité évident qui transparaît de temps à autre, que ce soit par des passages rappelant un peu trop Samaël ou encore Moonspell periode The Butterfly Effect, ou encore ce passage de batterie manquant de justesse sur "Great Collector".


Fouillé et varié, Schizoid Affective Disorder contient une série de chansons violentes et puissantes, aérées avec des atmosphères sombres. Il reste ancré dans la tradition indus-metal, tout en ayant une touche personnelle. Comportant des titres qui se détachent du lot, autant en négatif qu'en positif, ce second album de Zorglüb n'est pas excellent, loin de là puisqu'il est entaché par quelques erreurs de jeunesse, mais reste au-dessus de la moyenne du genre, et est à lui seul la preuve que Zorglüb est un groupe qui mérite que l'on s'y intéresse.


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