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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 13 janvier 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-Holly
(chant)

-Holly D
(guitare)

-Oli
(guitare)

-Benni Cellini
(violoncelle)

-M. Stolz
(violon)

-Michael Ende
(basse)

-Specki T.D.
(batterie)

TRACKLIST

1)Kalter Glanz
2)Tanz
3)Ohne Dich
4)Eros
5)Unerreicht
6)Jeden Morgen
7)Du Und Ich
8)Helden
9)Das Weisse Lied
10)Fur Immer Und Ewig
11)Morgenrot
12)Winter
13)Mutter

DISCOGRAPHIE

Das Weisse Lied (2007)
Schuldig (2009)

Letzte Instanz - Das Weisse Lied
(2007) - gothique acoustique - Label : Drakkar Records



Pour un groupe de metal ou de rock, produire un album acoustique est un exercice qui peut s'avérer périlleux, puisque le groupe choisit alors d'effacer la caractéristique propre à la musique metal: les guitares saturées. Une prise de risque non négligeable donc, puisque la possibilité que l'intérêt musical soit grandement diminuée pour les amateurs est bien présente. Letzte Instanz ayant toujours misé sur la puissance tout du long de sa discographie, autant dire que la surprise est totale.

Le groupe ne s'est jamais réellement fait remarquer par ses prises de risques. Sa discographie, qui contient 6 albums sans inclure celui-ci, est une suite de titres plutôt consensuels, marquée par quelques micro-évolutions. Du rock gothique sympathique, une sorte d'hybride folk/Rammstein, sans être novateur, avec quelques petits écarts ici et là, comme l'utilisation du chant rappé sur Götter Auf Abruf. Voir débarquer un album acoustique pour le groupe est donc surprenant. La démarche est cependant logique: depuis leurs débuts le groupe a tenté de se démarquer de ses concurrents en utilisant un violon et un violoncelle sur presque toutes leurs compositions. Des versions acoustiques sont donc l'occasion rêvée de mettre en avant ces deux instruments, ce que fait le groupe sur ces 13 titres qui sont des réécritures de titres puisés dans leur ancien répertoire, à l'exception de 4 chansons inédites.

Les instruments à cordes sont les grands gagnants: jamais le violon et le violoncelle n'avaient été aussi présents sur des chansons de Letzte Instanz. Leur rôle apparaît clairement une fois la musique dépouillée du mur de guitares habituel. Tour à tour sautillantes ("Eros"), folkloriques ou mélancoliques, les nappes tapissent continuellement la musique pour créer une peinture riche et variée, avec les guitares mettant des touches de couleur ici et là. Les ambiances varient, oscillant entre une touche orientale (l'introduction de "Kalter Glanz"), les volutes de fumée dans un cabaret de jazz ("Morgenrot") ou encore du folk dansant et rythmé, sans jamais tomber dans le cliché type fête de la bière. Les arrangements sont ciselés et délicats, parfaitement exécutés, avec des apports par rapport aux versions sur les précédents albums. Plutôt que de simplement remplacer les guitares électriques par des acoustiques, le groupe a récrit les arrangements, ajouté certaines choses et enlevé d'autres.

Prenons l'exemple de "Jeden Morgen", la version originale sur l'album Götter Auf Abruf est un tube dansant et entraînant, mais qui manque de diversité dans ses lignes de chant. La version sur ce disque possède plus d'ampleur, grâce au remplacement de Holly D par une chanteuse sur la seconde moitié du morceau. Changement bienvenu tant le chant est le point faible de l'album. La voix trop nasillarde d'Holly D manque de puissance, et le chant monotone de certains titres les affaiblit ("Winter"). Peut-être est-ce la raison pour laquelle parmi les meilleurs titres de l'album figurent deux instrumentaux, "Eros" et "Mutter". Ces deux chansons sont de petits bijoux de mélancolie, délivrant à l'auditeur une facette méconnue de Letzte Instanz. Le groupe joue en plus une reprise de David Bowie ("Helden") et s'approprie la chanson en suivant sa propre recette plutôt que de faire une copie conforme.


Pari réussi pour le combo allemand. La réécriture des titres à la sauce acoustique est globalement une réussite, et aussi une franche surprise, tant le groupe nous avait habitués à une musique sortant peu du moule dans lequel il s'était mis. Mélancolique, fin et habilement joué, la combinaison des guitares acoustiques et du violon et violoncelle fait mouche. Les fans du groupe seront comblés, et les autres auront un album agréable, bien que s'étirant un peu en longueur.


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