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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 13 janvier 2008
Sa note : 9/20

LINE UP

-Sabine Edelsbacher
(chant)

-Langvall
(guitare+claviers+basse)

-Andreas Eibler
(guitare)

-Roland Navratil
(batterie)

TRACKLIST

1)Shine
2)Move Along Home
3)Centennial Legend
4)Wild Chase
5)And the Road Goes On
6)What You Leave Behind
7)Elsewhere
8)October Sky
9)The Canterville Prophecy
10)The Canterville Ghost
11)On Sacred Ground (Bonus Track)

DISCOGRAPHIE

Shine (2004)

Edenbridge - Shine
(2004) - mélodique - Label : Massacre



Groupe autrichien créé durant la fin des années 90, Edenbridge est plutôt prolifique. Avec quatre albums sortis entre 2000 et 2004, c'est le moins que l'on puisse dire. Sans compter que le groupe est constant dans la qualité, ne produisant que des albums médiocres, sans personnalité et sirupeux, de vagues copies de Nightwish, les émotions en moins. Shine, le quatrième essai du groupe, allait-il relever la barre ou confirmer le statut de second couteau du groupe ?

La chanteuse Sabine Edelsbacher, qui officie seule derrière le microphone (pas d'alternance chant masculin/féminin chez Edenbridge), possède un timbre de voix proche de celui de Sharon del Adel, moins aigu cependant, mais tout aussi doux et angélique. Elle ne tombe pas dans le piège du tout lyrique et alterne entre le chant pop et un chant avec une pointe d'opéra. Techniquement, il n'y a aucun défaut, c'est du côté de l'originalité que le bât blesse. Sans aucune personnalité, son timbre pourrait se confondre avec celui de dizaines d'autres chanteuses, metal ou non d'ailleurs. Si l'on ajoute à cela un manque cruel d'émotions dans sa voix, le résultat est franchement plat. Les seuls moments où elle se démarque sont durant les refrains, plus précisément ceux de "Shine" et "Move Along Home", particulièrement entraînants.

Les trois premiers albums du groupe avaient pour défaut principal d'être mielleux, de manquer d'énergie en somme. Pour Shine, le groupe avait décidé de remettre les guitares en avant, pour plus de lourdeur. Le résultat final est décevant, car les guitares ne sont pas spécialement mises en avant tout au long de cet opus, elles sont même desservies par une production manquant un peu de pêche. On retrouve quelques riffs acérés et entrainants sur une petite moitié de l'album, ce qui donne un bon boost en énergie aux compositions ("Shine", "Move Along Home", "Wild Chase" entre autres), qui en ont bien besoin quelques fois, le rythme n'allant jamais au delà du mid-tempo. Langvall se permet même deux petits solos bien posés sur "Move Along Home" et "The Canterville Ghost", qui donne une petite touche personnelle. Sur le reste de l'album, les guitares sont essentiellement utilisées pour soutenir la section rythmique, laissant aux claviers le devant de la scène.

Claviers qui sont présents tout le long de l'album, soit pour nous servir des lignes mélodiques niaises et mielleuses, soit pour tenter de créer des ambiances lors de passages atmosphériques. Malheureusement, ces tentatives sont vouées à l'échec car les passages ne contiennent aucune accroche. Défaut récurrent à nombre de compositions d'ailleurs, plus particulièrement aux ballades, en plus de manquer d'originalité et d'être proche du ridicule ("Centennial Legend" et ses clochettes, ne parlons pas du plagiat de "The Show Must Go On" sur "What You Leave Behind"). Même les chansons les plus pêchues tombent dans ce travers, rien n'accroche l'esprit et elles en deviennent ennuyeuses, comme sur "The Canterville Ghost" ou "And The Road Goes On", qui cumule en plus le défaut d'être trop longue avec ses 8 minutes. Les seuls moments intéressants au final sont "Move Along Home" et son ambiance orientale, le passage irlandais festif sur "Wild Chase" et la chanson "Shine", la plus longue de l'album – proche de 9 minutes -, avec sa construction intelligente.


Sans originalité, sans signature personnelle, tombant dans le mielleux bien trop souvent, Shine ne relève en rien le niveau et enfonce même le clou: Edenbridge joue en troisième division, dans cette masse de groupes que presque rien ne discerne. Seuls quelques passages sauvent l'album d'être complètement mauvais, mais ne suffisent pas à relever le niveau global, car 8 minutes bien pour 52 minutes d'ennui en contrepartie, c'est un mauvais ratio.


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