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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 27 janvier 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-The Magus
(chant+basse+claviers)

-Baron Blood
(basse+claviers)

TRACKLIST

1)The Sound Of Lucifer Storming Heaven
2)Order Of The Black Sphinx
3)For The Elder Magi: I-Eibon The Necromancer
4)Architecture Of Exquisite Madness
5)Knights Of The Black And White Eagle
6)The Invisible Empire
7)HellSeher
8)Les Litanies de Satan – Act II: From Hell

DISCOGRAPHIE


Necromantia - The Sound of Lucifer Storming Heaven
(2007) - black metal - Label : Dockyard1



Certains groupes possèdent une telle personnalité musicale qu’il est facile de reconnaitre n’importe quelle de leurs chansons après avoir écouté un seul titre de leur répertoire. Dans le cas de Necromantia, l'absence de guitares au profit de basses leur confère cette signature sonore unique et immédiatement reconnaissable. Ayant produit 3 albums entre 1993 et 2000, le groupe hellénique revient après un hiatus de 7 ans, toujours sans guitariste dans leur line-up.

L’absence de guitare et la prépondérance de la basse donne un rendu particulier, bien plus grave bien entendu, mais aussi plus sombre au final. Point de riffs froids et acérés, mais plutôt des nappes rythmiques vrombissantes et noires qui enveloppent l’auditeur, ponctuées ici et là de quelques accords ou solos. Qu’ils soient lents et lourds ("Architecture Of Exquisite Madness") ou qu’ils possèdent un coté un peu heavy ("For The Elder Magi: I-Eibon the Necromancer" et "HellSeher" – à noter que le groupe s’auto-cite et reprend le même accord dans les deux chansons), ces passages appelés à remplacer les riffs de guitares sont dérangeant et malsain. Dérangeant, car chez l’auditeur peu habitué à ce manque de fréquences moyennes, ils sont presque dissonants, hors de place. Sans compter que le chant vomi et criard (même s'il n’est pas trop aigu pour les canons du black metal) de The Magus crée une véritable dichotomie, en opposant deux extrêmes dans le spectre des fréquences.

Complètement intègre dans sa démarche (preuve en est ce refus de mettre des guitares durant leurs 18 années de carrière), ce nouvel opus ne dérive pas de leurs inspirations premières et se veut résolument tourné vers l’occultisme et le satanisme. Les nappes de claviers participent activement à la création d’ambiances diverses et sont bien intégrées aux compositions complexes. Les chansons ne sont pas linéaires, et les breaks rythmiques pullulent. À ce propos, la précision de Fotis Bernardo (batteur de Septic Flesh et musicien de session pour cet album) est à relever, dommage que son travail soit desservi par la production (nous y reviendrons). Le disque est essentiellement mid-tempo, mais certains passages plus rapides introduisent une dose de violence bienvenue, tandis que d’autres moments plus calmes forment le cœur de l'atmosphère enveloppant cet album.

Comme toujours depuis ses débuts, Necromantia se repose sur les nappes de claviers et les passages d’inspirations classiques pour bâtir un feeling occulte. Bien amenées, ces nappes amplifient la musique et créent une ambiance ritualiste comme sur "For The Elder Magi: I-Eibon The Necromancer" ou encore épique, renforcée par des chœurs sur "Order Of The Black Sphinx" et "Architecture Of Exquisite Madness". Cette chanson, largement la meilleure de l’album, possède une touche Lovecraftienne dans le titre et la construction: folle et imprévisible, et aussi grâce à l’ajout de rires démoniaques. Dommage que la partie up-tempo soit plus faible. Dommage aussi que la production ne soit pas à la hauteur. Non pas qu’elle soit trop propre, elle est au contraire plutôt sale: le chant est bien démoniaque et rocailleux, la basse claque bien. Mais elle est trop plate, sans aucune puissance ni aucun relief. La batterie est bien trop faible, ainsi que le rendu général.


Pour un groupe qui possède autant de bouteilles, il est plutôt dommage qu’il soit si peu connu et que le nom de Necromantia reste définitivement dans l’underground. Espérons que cet album, bien construit et possédant une aura définitivement sombre, change la donne. Bien que desservie par une production plate, il renferme d’excellents moments épiques, tourmentés et violents, avec une ambiance occulte construite sur une base riche et ample.


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