1563

CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 27 janvier 2008
Sa note : 12/20

LINE UP

-Necro
(chant+guitare+batterie)

-Equimanthorn
(guitare+basse)

TRACKLIST

1)Possessed By The Beast
2)Nights In The Cursed Chapel
3)Blessed By Hellfire
4)Rest In Morbid Darkness
5)Bestial Crucifixion
6)Vomit Up The Blood Of Jesus
7)Shadows Of The Dead
8)Final Strike Of Doom
9)The Lust For Cruelty

DISCOGRAPHIE


Pest - Rest in Morbid Darkness
(2008) - black metal - Label : Season Of Mist



Rêvez-vous de voyager dans le temps ? Pest aussi. Le duo suédois souhaite revenir au début des années 1990, quand furent jetées les bases solides d’une grande aventure musicale: celle du black-metal scandinave. En manque de Delorean, ils décidèrent donc de voyager dans le temps musicalement, de prendre volontairement racine dans le terreau musical de l'époque et de ne surtout pas en sortir. Recréer la magie de ces temps bénis en quelque sorte. Sauf qu’il n’y a aucune magie dans la musique de Pest.


S’inscrivant en plein dans la mouvance true black, Pest reprend tous les ingrédients du genre: minimalisme, répétitions et production crasseuse. Autant dire que Pest fait du Darkthrone, minus l’ambiance glaciale et le génie pour trouver le riff efficace. L’argumentation semble facile. Après tout, n’importe quel groupe faisant du true black se réclame de Darkthrone, ce qui est complètement logique. Cependant, Pest reprend vraiment toutes les ficelles. Les riffs sont simplistes, répétés constamment durant la chanson. La batterie tape une série de blast en continu avec très peu de break et de changements de rythmes. Mais la mayonnaise ne prend pas, et ce malgré la performance vocale de Necro tout à fait honorable (le bonhomme possède une voix écorchée pleine de puissance). Une faible ambiance enrobe l'auditeur, un peu froide, dans des teintes de gris. Mais la noirceur propre au black-metal ne se fait jamais sentir, la violence crue de la musique ne parvient pas à effrayer, c’est plutôt un vague ennui qui la remplace au fil des écoutes.

Alors tout n’est pas à jeter et l’album comporte de bons passages. Notamment quand Pest met de cotés ses velléités black pour nous servir un riff rock’n’roll, qui donne alors une furieuse envie d’headbanguer, comme sur "Nights In The Cursed Chapel" et "Bestial Crucifixion", ce dernier possédant cette trace rock dans sa rythmique plutôt que dans le riffing. Très efficaces, ces deux chansons apportent de l’ampleur et de la diversité à cet album, ainsi qu’un peu de surprise. Le dernier titre est encore plus surprenant. Long de presque quinze minutes, soit trois fois plus que les autres chansons, il détruit tout ce que Pest avait construit jusque là. Au tempo lent sur une bonne partie, bâti sur une structure beaucoup moins linéaire que les autres titres, le morceau tisse une ambiance funèbre et morbide. Cette introduction avec un solo de guitare, le riff à la dixième minute, la lourdeur générale de ce morceau hybride entre doom et black, construit quelque chose impossible à ressentir durant le reste de l’album. Dommage qu’il faille attendre la fin du disque pour ressentir le premier frisson.


Restant des puristes du genre, Pest plaira surement à tous les nostalgiques de true black era 91-94, en admettant qu’ils arrivent à retrouver le même frisson qu’à l'époque. Quelques moments suffisamment efficaces suffisent à faire de ce disque un album plaisant, mais sa durée de vie est franchement limitée.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6