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CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 03 février 2008
Sa note : 11/20

LINE UP

-Lars Jensen
(chant)

-Christopher Kjørsvik
(guitare)

-Gøran Hope
(guitare)

-Leif Herland
(basse)

-Tom Ian Klungland
(batterie)

TRACKLIST

1)Alleviation
2)Heart Of Decay
3)Silhouettes Of A Broken World
4)Derived
5)Crow Of Passage
6)Vivid Visions
7)The Beauty Of My Funeral

DISCOGRAPHIE


Sworn - The Alleviation
(2007) - black metal melodique - Label : Twilight Zone



Black Metal Mélodique Nordique. Voilà ce que la catégorie genre du plan promotionnel pour ce premier album de Sworn promet. Il est alors facile d’imaginer ce que sera la musique sans même mettre le CD dans le lecteur: prédominance des guitares, mélodies se greffant au dessus d’une section rythmique dopée aux amphétamines et chant black, avec éventuellement quelques éléments folk. Au temps pour la surprise, il ne reste plus alors qu’à espérer que le groupe possède une vraie personnalité musicale et artistique.

Nordique, le groupe l’est bel et bien puisqu’il vient de Norvège. Mélodique aussi, sans aucun doute, et ce grâce aux guitares qui prennent un espace sonore important. Kjørsvik et Hope tissent un ensemble de lignes sur chaque titre, qui donnent toute leur ampleur aux compositions. Saupoudrées de riffs bien heavy, avec cette froideur bien caractéristique des groupes scandinaves, pas foncièrement originaux mais efficaces, les chansons sont plutôt entraînantes et l’ensemble tape bien, Herland autant que Klungland étant carrées et précis. Jars Lensen officie dans un genre plus technique que dans son one-man-band Myrkgrav et s’en sort plutôt bien. Sa voix est puissante et son timbre pas trop agressif pour les non-puristes du black metal. Le chant est d’ailleurs le seul élément vraiment black du combo, la musique étant juste du Heavy mélodique un peu sombre dans ses intonations et atmosphères. L’ajout d’un violon sur "Derived" permet de diversifier le propos et de renforcer ce vague sentiment de mélancolie que le groupe tente de transmettre.

Diversifier, tel est la recette qui aurait peut-être permis à The Alleviation de sortir du carcan des albums moyens. Varier le tempo par exemple, et non pas rester sur cet éternel mid-tempo durant l'intégralité du disque, exceptée le temps d’une petite accélération durant "Alleviation". Varier la structure des compositions aussi, les lignes de chant, ainsi que les lignes mélodiques et les riffs. Bref, éviter que toutes les compositions ne se ressemblent et que l’album soit presque l'équivalent d’une longue chanson de 34 minutes qui se répète, encore et encore. Car isolée, chaque chanson est correcte, voire bonne pour "The Beauty Of My Funeral" (le pont et le riff, entraînant et très efficace, rappelant Windir dans ses bons moments, c’est à dire l'intégralité de la discographie), mais l’ensemble à la suite est ennuyeux et semble trop long, un comble pour un album dépassant tout juste la demi-heure.

Le seul moment où l’ennui laisse place à l'intérêt est durant la minute dix que dure "Derived", un court titre instrumental destiné à aérer le disque. Des violons lancinants peignent un tableau de teinte sombre, évoquant aisément un paysage automnal, renforcé de pointes de noirs ici et là. Un artifice permet d’obtenir un son avec du grain (au contraire de la production générale, lisse et propre) qui rend le tableau plus sale. Il est fort dommage que ce soit uniquement ce titre qui sauve l’album de l’ennui général, et le seul où le groupe sort un peu du carcan sans originalité dans lequel il s'était enfermé. Dommage que ce groupe, dont la technique n’est pas à remettre en cause, manque de personnalité.


Alors que les chansons ne sont pas vraiment mauvaises, l’album est moyen. Isolément, chaque titre est efficace et mélodique, sans que le groupe ne soit capable d’atteindre le sens de la mélodie d’un Valfar par exemple. Mais leurs similarités trop frappantes, le manque d'originalité et de personnalité font qu’elles se ressemblent trop pour être dissociées, rendant l’album monotone. Seul le titre instrumental se démarque du disque, mettant le ratio d'intérêt à une minute sur 34. Cela est vraiment trop peu pour sortir cet album de la masse.


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