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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été mise en ligne le 09 février 2008
Sa note : 13/20

LINE UP

-Gisa Vatcky
(chant)

-Mordechai "Mordy" Hauser
(guitare)

-Jamie Teramo
(claviers)

-Fabrizio Grossi
(basse, guitare acoustique)

-John Macaluso
(batterie)

+ guests

TRACKLIST

1)All I Never Wanted
2)Hear Me
3)Breathe In Water
4)Better
5)Taken
6)Superman
7)Island
8)Remember (I.O.U)
9)Real Life Fairytale
10)Far Enough
11)Shattered Life
12)Go

DISCOGRAPHIE

Indigo Dying (2007)

Indigo Dying - Indigo Dying
(2007) - Rock mélodique à tendance hard FM - Label : Frontiers Records



Ce self-titled du nouveau groupe formé par le patron de Frontiers Records, Serafino Perugino autour du producteur attitré du label Fabrizio Grossi et de la chanteuse chilienne Gisa Vatcky, qui possède, à la lecture de la biographie, un CV assez impressionnant (elle a entre autres travaillé avec Placido Domingo, Andrea Bocelli ou Meat Loaf) a décidément tout pour tromper son monde.

Là où un artwork typé heroic-fantasy nous aurait emmené tout droit, connaissant Frontiers, vers des contrées heavy néo-classiques et là où l’on aurait pu effectivement s’attendre à une énième sortie hard FM (Frontiers n’est pas vraiment réputé pour la variété de son catalogue), le projet Indigo Dying nous plonge dans un monde plus sucré, pop et direct qu’à l’accoutumée. Une tentative enfin assumée de diriger son label vers d’autres mondes musicaux et de varier (enfin) les plaisirs ? Peut-être bien.

Car à l’écoute de cet album de rock mélodique aux volutes pop, on se dit que l’on ne tient peut-être là pas meilleure preuve de la volonté du label italien de se sortir du cliché dans lequel il s’est lui-même petit à petit enfoncé au cours des années. Bien sûr, les accents FM sont toujours de la partie, mais comment ne pas résister à la splendide voix de Gisa Vatcky ? Pour une fois, cette voix n’en fait pas trop ("All I Never Wanted", "Far Enough", explosifs), demeure techniquement irréprochable et ne se fourvoie pas dans un mimétisme agaçant – l’expérience personnelle joue ici très certainement son rôle.

Seulement, pourquoi débuter un album relativement novateur pour Frontiers par trois reprises dont – attention les yeux – une de Kelly Clarkson ("All I Never Wanted", que l’on fredonne sans se rendre compte) et une autre d’Anggun ("Breathe In The Water") ? Aussi efficaces soient-elles (mention spéciale pour la reprise d’Anggun, méconnaissable grâce à l’apport de Michaël Kiske, que tout le monde reconnaîtra), elles nuisent à la pertinence du projet, surtout qu’il vient de naître.

Bien que ce détail m’ait surpris, le ton général de l’album est donné à partir de "Better", premier morceau original de ce projet : l’orientation hard-rock FM est délaissée pour un rock épuré, mélodique et hit-making au sein duquel les plans de guitare, très soignés malgré une production faiblarde, se taillent la part du lion, loin de plans hard FM/power-metal auxquels on aurait pu s’attendre à la vue de la pochette de l’album. Un premier détournement réussi, à l’image de "Shattered Life" ou de "Go", ballade finale folk (!) plutôt réussie où Gisa Vatcky démontre l’étendue de sa palette vocale.


Indigo Dying demeure très classique dans le fond (ce qui ne fera pas décoller la note), mais sort du lot habituel proposé par Frontiers, ce qui constitue une surprise finalement bien agréable. Reste que le style pratiqué ne plaira pas forcément, loin s’en faut, aux amateurs de hard FM dont Frontiers s’est fait le cœur de cible, et dans une plus large mesure, aux amateurs de compositions énergiques, à cause d’un problème de production blafarde qui ne rend pas hommage à la batterie et surtout aux guitares, paradoxalement mises en avant ; un détail qui demeure fâcheux malgré la relative qualité du travail accompli sur ce disque.


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