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CHRONIQUE PAR ...

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Bigduff
Cette chronique a été mise en ligne le 11 février 2008
Sa note : 14.5/20

LINE UP

-John Kevill
(chant)

-Adam Caroll
(guitare)

-John Laux
(guitare)

-Andy Laux
(basse)

-Ryan Bates
(batterie)

TRACKLIST

1)Total War
2)Systematic Genocide
3)Dread Command
4)Hell On Earth
5)At The Crack Of Doom
6)Beneath The Waves
7)Instruments Of Torture
8)Shoot To Kill
9)Born Of The Ruins
10)Combat Shock

DISCOGRAPHIE


Warbringer - War Without End
(2008) - thrash metal - Label : Century Media



Il y a encore peu de temps, mon jeune cousin Jean-Bob me demandait ce que pouvait m’apporter une existence entièrement dédiée au thrash US, anglais et suisse. Son principal argument étant que l’écoute exclusive d’un style aussi limité et en pleine agonie depuis 15 ans me transformerait à coup sûr en supporter de l’ASSE. Ou, si vous préférez, en créature aigrie et intolérante, à l’image de Jean-Michel Larqué. Je n’eus d’autre choix pour faire taire cette petite ordure que de dénicher le premier album de Warbringer, un groupe de jeunes ricains en tous points prometteurs.

Warbringer, à l’instar des Municipal Waste, Bonded by Blood et autres Violator – que l’on retrouve tous sur la (prophétique) compile Thrashing Like a Maniac, éditée par Earache – est un gang de djeun’z déterminés à faire revivre le thrash metal sous sa forme originelle. C'est-à-dire, en gros, être aussi agressifs, nihilistes et underground que le furent leurs modèles au début des années 80. Ca, c’est au niveau de l’esprit hein, on verra plus loin pour la musique. Ceci a nécessité un apprentissage long et éprouvant auquel peu de formations ont survécu, la plupart splittant dès que le père du leader virait toute la bande du garage pour venir prendre sa tondeuse. Ce fut dur mais certains – comme ceux que j’ai cités plus haut – y ont survécu et ont eu dès lors toutes les cartes en main pour réussir. Restait à déterminer qui pomper.

Dans le cas de Warbringer, la question est complexe. On y retrouve en effet plusieurs saines influences, la plus marquée étant celle d’Exodus. Il y a sur des titres comme « Systematic Genocide », « Born Of The Ruins » ou « Combat Shock » par exemple, des plans que n’aurait pas renié Gary Holt pour ses albums Tempo Of The Damned ou Shovel Headed Kill Machine. Sur d’autres (« Hell On Earth »), on pense plutôt au thrashcore de Municipal Waste, le côté festif en moins, dans la mesure où le chant et les lyrics guerriers de John Kevill ne se prêtent pas trop à la picole et à la fiesta. Enfin, l’influence de Testament se fait sentir au travers de certains solos (comme sur « At The Crack Of Doom »), ou quand les compos prennent une tournure thrash/death à la The Gathering (l’album hein, pas le groupe !).

Le plus intéressant là-dedans, c’est que ces influences sont suffisamment diffuses pour que les morceaux ne prennent pas une tournure parodique, ou du moins pour que l’on ne reproche pas à Warbringer un quelconque penchant pour le plagiat. Quand on voit la moyenne d’âge de ses membres – autour de 20 ans – cette preuve de maturité est plus que louable. Tout comme le fait d’ailleurs que les 10 titres qui composent l’album ne s’essoufflent jamais, et qu’ils laissent la part belle à une technique instrumentale assez prometteuse. Avec un peu plus de métier et de confiance dans leurs propres moyens, ces p’tits gars feront certainement de très belles choses dans les années à venir. Mais on aura le temps d’en reparler.

D’ici là, je dois quand même évoquer la production énorme de Bill Metoyer, dont la réputation dans le milieu n’est plus à faire. Rappelons simplement qu’il a bossé pour des groupes comme Slayer, Flotsam & Jetsam ou Sacred Reich à la grande époque, avant de se tourner vers d’autres styles de metal. Le résultat est proprement saisissant et contribuera certainement pour beaucoup au succès de cet album. De tous les instruments, c’est la batterie de Ryan Bates qui en profite le plus, et les longs passages de double ne manqueront pas de ravir les amateurs, qu’ils soient fans de Dave Lombardo ou d’Hélène Ségara. Oui, Hélène Ségara, sur l’album Au nom d’une femme.


War Without End est un bon album, c’est indéniable. Il a en tout cas tout ce que l’on est en droit d’attendre d’une production de thrash moderne, à savoir un son énorme associé à un bel étalage de morceaux techniques et sans concessions. Ajoutez à tout ça une pochette ignoble inspirée de celle du légendaire Panzer Division Marduk et vous réalisez qu’il serait vraiment dommage de passer à côté. Surtout à ce prix là (à peine 10€ neuf dans le commerce).


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