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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 16 février 2008
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Mikael Sehlin
(chant)

-David Szücs
(guitare)

-Anders Nyström
(guitare)

-Michel Bärzén
(basse)

-Kenneth Helgesson
(batterie)

TRACKLIST

1)Genetic Waste
2)Take Control
3)Pass Away
4)Burned
5)Relations To The Humanity
6)The Bloodchain
7)The Fallen
8)Day Of The Dead
9)Resemblace Of The Past
10)Reborn
11)Til Death Do Us Apart

DISCOGRAPHIE


Degradead - Till Death Do Us Apart
(2008) - melodeath - Label : Dockyard1



Björn Gelotte, Jesper Strömblad, Daniel Svensson, Göteborg, death mélodique, Suèdois, In Flames. Voila, vous savez tout : j’ai fini ma chronique. Je peux maintenant me consacrer à mes passions, le vernissage artistique de tessons de bouteille et la collection d’écrous inoxydables. C’est fou le temps que ça me prend. Quand on pense que certains, comme Bigduff, se passionnent pour des choses futiles et passées de mode comme le thrash, on réalise à quel point l’homme est capable de perdre son temps en activités inutiles – voire nuisibles – sans se remettre en cause. Consternant.

Ah vous êtes encore là ? Vous voulez en savoir plus sur ce premier album de Degradead ? Allez, après tout c’est pour cela qu’on me paye grassement (sic). Premier album, donc. Et sans surprise, vu les éléments donnés dans la première phrase d’introduction, on a affaire à du death metal mélodique, qualifié d'« avenir du metal » par Jesper Strömblad. Bien sûr, personne ne prendra cet argument promotionnel au sérieux et il y a fort à parier que Degradead va avoir bien du mal à tirer son épingle du jeu vu le manque de prise de risque. La production est formatée mais efficace, les influences sans surprise mais bien digérées et le tout sonne efficace et maîtrisé. En ressort donc un produit qui ne surprendra pas les vieux briscards de l’école nordique de death metal, mais qui malgré tout sera susceptible de leur faire tendre l’oreille.

Parce qu’on trouve de bonnes choses sur Till Death Do Us Apart. Rien de révolutionnaire, et pas de quoi non plus crier au génie, mais largement de quoi remuer la tête en rythme. Les titres sont structurés de façon simple et efficace, sans recherche de concept ou d’effets de style, et ont tous à peu près la même optique : la fusion entre violence et mélodie – et ce même si la violence est prédominante. Pourtant, les titres se veulent – qualitativement parlant - relativement hétérogènes, Degradead se montrant parfois redoutablement efficace sur certains refrains ("Day Of The Dead", "Relation To The Humanity", "Take Control") et se vautrant méchamment sur d’autres ("Burned", "Pass Away", "The Fallen"). D’autant plus que les refrains sont (comme souvent, mais ici un peu plus qu’ailleurs) les pivots des chansons, et l’occasion pour Mikael Sehlin de faire étalage de son chant clair. Chant clair qui, bien que ne brillant pas par sa technique à toute épreuve, s’avère efficace même si amené de façon diversement pertinente d’un titre à l’autre.

Le pire étant atteint quand on perçoit des relents de MTV rock (comme sur le moyen "The Fallen" et le mauvais "Pass Away"). Au niveau plus proprement musical, on notera une certaine science du riff efficace comme sur "The Bloodchain" ou "Take Control". On notera toutefois avec une certaine amertume le manque d’imagination des introductions : "Burned", "The Bloodchain", "Day Of The Dead", "Ressemblance Of The Past" et "Reborn" commencent toutes sur le même accord plaqué accompagné d’un coup de grosse caisse pour introduire le riff qui suit… Malgré ces défauts pas loin d’être rédhibitoires, on note de savoureux extraits - en plus des refrains évoqués plus hauts – comme ce passage mélodique sur "Reborn" ou l’ajout de synthés (qui pour le coup font penser à Pain) sur "Resemblance Of The Past". On passera par contre sous silence les moments acoustiques (en particulier le dernier titre de l’album) disséminés ça et là, tout à fait dispensables.


Degradead souffle donc le chaud et le froid, alternant les passages enthousiasmants et les autres décevants voire franchement irritants. On ne s’étonnera donc pas de ne pas voir cet album révolutionner le genre et se contenter de rejoindre la horde grouillante d’albums de melodeath de facture moyenne, en attendant une éventuelle suite qui permettrait au groupe de se détacher du lot. Si j’étais prof, je dirais « peut mieux faire ».


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