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CHRONIQUE PAR ...

24
Crafty
Cette chronique a été mise en ligne le 18 février 2008
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Dam
(chant)

-Seb
(guitare)

-Momo
(guitare)

-Nico
(basse)

-Momol
(batterie)

TRACKLIST

1)Epinephrine Part I
2)La porte des songes
3)Labyrinthe
4)Sept secondes
5)Fight
6)Epinephrine Part II
7)Lycanthrope
8)Corps à corps
9)La torpeur
10)Sortilèges
11)Fragments

DISCOGRAPHIE

Fragments (2008)

Tanen - Fragments
(2008) - postcore emo - Label : Trendkill Recordings



Oh ! Une bien jolie pochette. Mais c’est du Derek Hess ! Le responsable de moult pochettes de groupes tels Converge ou bien NoFX est aussi derrière l'artwork du premier essai de Tanen. Mais derrière la pochette il y a la musique. Et il va être difficile de faire mieux en terme de références : mastering de Pelle Henricsson (Refused, Poison the Well) et Magnus Lindberg (Cult of Luna) dans un studio qui a accueilli Breach ou bien Meshuggah. Pour donner une comparaison, c’est comme un nouvel avant-centre qui serait de la descendance de Guivarc’h et qui aurait été formé par Dugarry et habillé par Ginola. Ça en jette, assurément.

Gare à ne pas rater le cadre quand même. Voire pire, une entorse en pleine course. Pas de claquage parce que bon, le groupe a quand même derrière lui 5 ans d’existence, c’est bien assez long comme échauffement. D’autant qu’ils en ont chauffé des scènes à Poitiers. Première chose à signaler : le chant est en français (enfin sauf pour une piste mais ça on s’en fout, et puis même on n’y comprend rien donc on s’en fout doublement en fait), deuxième chose : il est omniprésent. Pas que cela soit forcément gênant, juste que l’aération des compositions est un des gros atouts des albums réussis dans le genre. Parce que parties aériennes ne signifie pas forcément perte d’intensité, et que c’est même souvent le contraire. Mais bon, passons. Car derrière globalement on a affaire à du lourd, rien que l’ouverture est puissante, racée, bien foutue… L’amateurisme non, clairement pas. En revanche, l’originalité… Non plus.

Il faut rendre à César etc.… Le truc est carré, bien foutu comme déjà dit, le son impec’, le tout est brut de décoffrage, « direct dans ta gueule parce que de toute façon, t’aimes ça salaud » pour résumer l’idée. À ce petit jeu là ce sont les grattes qui s’en sortent le mieux, ça joue intensément, ça ferait presque mouiller la culotte du premier ado pré pubère en manque de sensations fortes, "Labyrinthe" ou "Lycanthrope" c’est un peu tout ce qui plaît dans le genre, bien condensé, à la Converge ou Envy. En ça, l’amateur peu exigeant trouvera son compte, ajouté au fait que le groupe s’est visiblement taillé une bonne réputation en live (c’est de toute façon le genre de musique qui se prête bien à l’exercice). Mais on en revient toujours au même point : l’originalité de Fragments ne saute pas aux oreilles, et si vous n’aimez pas le genre, ce n’est même pas la peine d’essayer. De plus, le chant aurait gagné à être plus parsemé, moins étalé partout comme s'il fallait montrer que le chanteur a les plus grosses cordes vocales.


De manière générale Fragments n’est pas raté, loin de là. Seulement nous voilà en 2008, et la sensation de déjà entendu est toujours autant obstacle à l’écoute. Pourtant, secrètement, on a de quoi espérer que d’autres albums cultes voient le jour. En attendant Tanen reste de toute façon en lice pour décrocher un ballon d’or. Par contre il faudra peut-être faire attention aux bonus tracks, parce-que déjà elles sont bonus et que donc ce n’est pas facile à voir (et c’est dommage tant le premier bonus est bon), et ensuite parce que faire du Brassens un peu paillard à la fin de ce disque, c’est un peu comme essayer de faire un petit pont sur Maldini, dans l’absolu c’est possible mais faut pas abuser quand même…


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