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CHRONIQUE PAR ...

10
Beren
Cette chronique a été mise en ligne le 19 février 2008
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jon E. Bergan
(chant)

-Marius Strand
(guitare+chant)

-Stefano Bardellotto
(guitare)

-Bjorn M. Borg
(claviers)

-Memnock
(basse)

-Tjodalv
(batterie)

TRACKLIST

1)The Emergence
2)Favourite Hateobject
3)War Incognito
4)Sum Of All Shit
5)Prime Specimen
6)Civil Paranoïa
7)At One With Decadence
8)Lord Of Locust
9)Inhale The Sulphur
10)Crawl To Exceed
11)Subtle Conversion
12)Story Of The God, The Beast And The Fools Within

DISCOGRAPHIE

Instigator (2008)

Black Comedy - Instigator
(2008) - indus electro avec un doigt de metalcore - Label : Season Of Mist



La scène metal norvégienne a beau être une belle petite famille, elle aura toujours le don d’étonner par sa propension à faire le grand écart entre les genres et à jouer avec ses propres clichés. Ainsi, même si Black Comedy est emmené par deux black-metalleux - Tjodalv, le batteur, est un des trois membres fondateurs de Dimmu Borgir et Memnock, le bassiste, a quant à lui officié au sein de Old Man’s Child - ceux-ci ne jouent pas forcément de trve black-metal méchant.

Le premier regard jeté sur la pochette d’Instigator est éloquent. Du bleu nuit à toutes les sauces, un visuel très futuriste et une typographie à l’avenant: il n’en suffit pas plus pour deviner de quel bord est ce nouveau groupe. Reste à savoir dans quelle mesure ce nouveau projet allait pomper The Kovenant, référence parmi les références de l’electro-metal norvégien. A l’écoute de "The Emergence", l'auditeur avide de nouvelles sensations ne pourra s’empêcher de lâcher un « Eurêka! » de satisfaction qui se confirmera avec le monstrueux "Favourite Hateobject": boucles électro sur blasts de batterie et guitares toutes incisives dehors, en voilà un premier morceau qui enchaîne tous les qualificatifs boisés (« ça poutre », « ça envoie le bois ») entre rythmes electro-metal de haute volée, indus décérébré et un double chant metalcore bien plus enlevé que la moyenne. Bref : rien de bien nouveau sous la grisaille norvégienne, mais un putain de sens de la répartie!

Ainsi, Black Comedy, sous ses airs de « side-project de plus » pour ses membres, pourrait bien, dans un premier temps, emporter l’adhésion. Le pire, c’est que Instigator a beau enfiler les perles – tant dans les rythmiques souvent core que dans les éléments plus atmosphériques – de son monstrueux début (le triplé "War Incognito"/"Sum Of All Shit"/"Prime Specimen" et leurs refrains entêtants comme jamais) jusqu’à son final tout en atmosphères (le bouillant "Story Of The God, The Beast And The Fools Between"), on sent bien que l’on tient là un album qui pourrait compter et qui pourrait déchaîner l’envie. Surtout, c’est l’énorme capacité des Norvégiens à faire le lien, bluffant de pertinence, entre parties électro le plus souvent hypnotisantes ("Sum Of All Shit", le break atmosphérique de "Prime Specimen", de toute beauté) et élements metal plus traditionnels (blasts, riffs de guitare couplés à la double, bien présente – chassez le naturel… - comme sur le bestial "Lord Of The Locust", réminiscences d’un bagage black-metal décidément bien difficile à masquer) qui fait plaisir à entendre.

Sur la forme, la production, musclée et ronde à la norvégienne, fédère tout autant que l’ensemble, festival de refrains dantesques et de riffs ahurissants. Instigator respire le plaisir et la recherche de l’élément-moteur d’un bon disque : le feeling. Justement, en privilégiant la qualité à la quantité, Black Comedy est parvenu, non sans redondance parfois – le disque demeure un poil trop consistant - à accoucher d’un premier long très direct et enlevé, doté d’une rare finition. Impeccablement produit, techniquement impressionnant, Instigator s’écoute avec un plaisir immédiat.


Seulement, celui-ci tend à s’estomper au fil des écoutes, la grosse claque initiale fait ensuite place à une relative lassitude et c’est sur ce point précis que l’album pêche: sur la longueur. En effet, le côté "carré" et parfois un peu trop lisse d'Instigator ne laisse pas beaucoup de place à l’émotion et à l'improvisation - mettre cet aspect un peu plus en avant, oser placer plus de plans originaux, affiner cette aura impressionnante qui fait instantanément mouche aurait pu lui valoir de récolter un ou deux points de plus au compteur. Pour le prochain?


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