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CHRONIQUE PAR ...

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Magmahot
Cette chronique a été mise en ligne le 23 février 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Philippe "Pat" Tougas 
(chant+guitare+basse)

-Claude Leduc
(guitare+basse)

-Philippe Tyrant Boucher
(batterie)

TRACKLIST

1) Le dernier crépuscule (instrumental)
2) Into the Vaults of Ingurgitating Obscurity 
3) Voidspawn
4) Scriptures of the Typhlodian
5) The Voices from Beneath the Well

6) Vecoiitn'aphnaat'smaala 
7) Tales of the Majora Mythos Part 1

DISCOGRAPHIE


Chthe'ilist - Le Dernier Crépuscule
(2016) - death metal - Label : Profound Lore Records



La scène de metal extrême canadien me surprendra toujours, capable de nous sortir des chef-d'œuvres intemporels de nulle-part pour ensuite se refermer sur elle-même et attendre une éventuelle nouvelle percée. On citera Cryptopsy, Gorguts, Quo Vadis, Martyr et Augory entre autres qui ont enchanté une génération entière avant de disparaître dans le parfait anonymat, ou pire en ce qui concerne les premiers cités. La vague actuelle qui tient en Beyond Creation son porteur de flamme a néanmoins beaucoup de choses à dire, et il serait dommage de ne pas s'intéresser de près à ce qu'elle a à nous proposer.

Chthei'ilist fait partie de cette nouvelle vague revigorante. Ayant sorti un premier essai de très bonne qualité en 2012, le groupe compte dans ses rangs des membres de Serocs et un certain Philippe Boucher de Beyond Creation. Gage de qualité ? Pas vraiment, on voit tous les jours des groupes constitués de musiciens talentueux se casser la gueule bien fort. Est-ce le cas pour les québécois ? On va gâcher la surprise et dire que pas du tout. Les gars de Chthe'ilist sont doués, mon dieu qu'ils sont doués. Le Dernier Crépuscule est la première grosse sortie du groupe, on saluera d'ailleurs le choix de la langue de Molière pour le nom de l'album, fait assez rare tout de même pour être souligné. Le disque commence donc avec une petite intro sympathique, assez lourde sans être ennuyante, qui donne le ton pour ce qui va suivre : à savoir du riff, du riff et encore du riff. Les plus attentifs remarqueront une certaine ressemblance avec du Demilich, ressemblance bienvenue tant elle apporte un côté « maîtrisé » à la prestation des musiciens, sans pour autant la faire tomber dans du simple clonage. Car ces derniers ne se contentent pas de superposer des riffs n'importe comment, pas du tout. Les gars portent une vraie attention aux atmosphères et surtout à l'homogénéité globale de leur disque, surtout quand celui-ci comporte des morceaux provenant de la démo de 2012.
La musique du groupe rappelle un certain Labyrinth Constellation de Artificial Brain dans les atmosphères mises en place, mais en version moins asphyxiante, moins apocalyptique. L'écoute de l'album n'est quand même pas une promenade de santé tant ce côté peu plaisant plane tout au long de l'écoute, réussi à coups de vocaux torturés et de distorsions continues (je recommande d'ailleurs "Scriptures Of The Typhlodians", morceau le plus réussi en terme d'atmosphère). Les soli quant à eux sont très bien placés et ne tombent jamais dans la démonstration ou le remplissage, mais contribuent à donner plus de profondeur aux différentes chansons sur lesquelles ils sont joués. Je vais d'ailleurs prendre un peu de temps pour parler du dernier morceau : "Tales Of The Majora Mythos". Déjà, la référence à Zelda est très appréciée pour le fan que je suis. Aussi, les treize minutes proposés sont un pur concentré de riffs mythiques, joués de façon à faire monter la tension tout au long de l'écoute et contribuant encore plus à imposer un certain côté progressif. Le tout comporte quand même des mélodies mémorables (oui, vous m'avez bien entendu, de la mélodie) qui donnent à ce morceau et à tout l'album en général un aspect unique et inimitable. En témoigne son final étouffant, puissant, magistral.

On pourra accuser l'intensité qui retombe un chouïa vers le milieu du disque, pour ensuite remonter vers la fin. On pourra aussi accuser l'excès d'homogénéité, poussée à tel point que les morceaux sonnent faussement identiques à la première écoute. Mais Le Dernier Crépuscule est le genre d'albums qui nécessite une oreille attentive pour être apprécié à sa juste de valeur, surtout que les paroles s'y trouvant sont de vraies pépites Lovecraftiennes et contribuent à augmenter encore plus le potentiel de réécoute. 2016 n'aurait pas pu mieux commencé ! Hâte d'écouter ce que les canadiens ont à nous proposer dans le futur en tout cas, en espérant que ce ne soit pas leur « dernier crépuscule ».


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