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CHRONIQUE PAR ...

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Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 01 mars 2008
Sa note : 10/20

LINE UP

-Stevie Branch
(chant+guitare+claviers)

TRACKLIST

1)Rock Star
2)Bugs Crawl In
3)Goodbye
4)Days Go On
5)All the Hits
6)Bitter
7)Watch You Die
8)Lips of Red
9)Sex Action
10)The Worms
11)We All Fall Down
12)Sacred Heart
13)Raining When I Go
14)Kill the King

DISCOGRAPHIE

Let Us Prey (2008)

Spyder Baby - Let Us Prey
(2008) - indus - Label : PHD Blind Prophecy




Quand le bon côtoie le passable, voire le mauvais, cela donne un disque pas toujours évident à évaluer, sauf si l’un prédomine par rapport à l’autre. Mais dans le cas de Spyder Baby, jeune one-man-band américain, le ratio est proche de 50/50, ce qui complique tout de même bien les choses. Alors que penser de ce groupe qu’Al Jourgensen lui-même a pris sous son parrainage après la sortie de leur demo, Bugs Crawl In, en 2004 ?


Que le leader de Ministry ait pris sous son aile ce groupe n’est en aucun cas une surprise, tant la parenté musicale est évidente. Les noms de Deathstars, Wednesday 13 ou Marylin Manson n’auraient pas plus fait sourciller. Il est possible de retrouver dans Spyder Baby tout de ce qu’il y a de commun entre ces groupes: esprit punk, sonorités électroniques industrielles mélangées aux guitares grasses bien distordues, une imagerie sombre (les photos promos de Stevie Branch sont édifiantes) et un poil déjantée. Que du classique en somme et si Spyder Baby ne prend pas de risque quelconque ou du moins un peu d'originalité, il y a de fortes chances que cette sortie passe complètement inaperçue des amateurs du genre.

Alors des chansons originales ou au pire, juste bonnes, il y en a: "We All Fall Down" par exemple, fichtrement efficace et entêtant. Surtout avec son kitchissime refrain sur lequel Branch susurre des « Come on Baby » plutôt jouissif, avec des sonorités électroniques qui se font plus organiques que sur le reste du disque. Autre chanson qui tue, et sans conteste la meilleure de l’album, ce "The Worms" sombre, jouant plus sur l’ambiance et les atmosphères. Percussions et chant clair lugubre donnent une touche noire que le reste de l’album ne possède pas, même s'il veut désespérément s’en approcher. Ironique de constater que l’un des meilleurs titres de l’album est le seul en co-production avec Al Jourgensen justement. Sans être diablement original, du punk-indus proche de ce que fait Ministry sur la trilogie anti-Bush, "Bitter" est une chanson explosive, qui part dans tous les sens et possède ce grain de folie qui manque cruellement sur le reste de Let Us Prey.

Car le reste de l’album est globalement sans originalité. Alors quelques fois les chansons sont suffisamment efficaces pour que cela soit pardonné (le refrain sensuel sur "Sex Action", les riffs bien punks sur "Bugs Crawl In"), et les titres ne durent jamais longtemps et vont droit au but (entre 3 et 4 minutes). Cependant cela ne suffit pas et cette suite de sonorités entendues mille fois, de compositions répétitives (que ce soient les guitares ou les plans électroniques, répétant la même rythmique encore et toujours), sans parler du chant de Branch qui est proche du cliché du genre, sans réelle personnalité et rappelant Brian Warner plus d’une fois, ne fait que donner l’impression d’un disque mauvais, malgré les bons moments qui le parsèment. Et en équilibrant, Let Us Prey est un disque moyen sans aucune balance, le bon côtoyant la copie sans originalité.


Disque en demi-teinte. Trois chansons vraiment bonnes et efficaces, qui raviront les amateurs d’indus en mal de sensations fortes, pour pas loin de 33 minutes restantes d’un indus-metal sans originalité, certes dynamique et efficace durant certains moments, mais trop répétitifs pour être pleinement appréciables. Les mauvaises langues diront que c’est le disque parfait pour les fans de Deathstars ou Wednesday 13. Elles n’auront pas tort.


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