17526

CHRONIQUE PAR ...

113
Ptilouis
Cette chronique a été mise en ligne le 18 octobre 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Devin Garret Townsend
(chant+guitare+claviers+basse)

-Dave Young
(guitare+claviers)

-Mike St-Jean
(claviers)

-Brian Waddell
(basse)

-Ryan Van Poederooyen
(batterie)

Guests :

-Anneke van Giersbergen
(chant)

-Ché Aimee Dorval
(chant)

-Katrina Natale
(chant)

TRACKLIST

1) Truth
2) Stormbending
3) Failure
4) Secret Sciences
5) Higher

6) Stars
7) Transcendence
8) Offer Your Light
9) From the Heart
10) Transdermal Celebration (Ween cover)

DISCOGRAPHIE

Ki (2009)
Epicloud (2012)
Z2 (2014)
Transcendence (2016)

Devin Townsend Project - Transcendence
(2016) - metal prog gris - Label : Inside Out Music



Depuis Epicloud, beaucoup reprochent à Devin Townsend de faire toujours la même chose. Toujours le même disque avec sa dose de morceaux mur de son, de rythmiques enlevées, de couplets avec Anneke van Giersbergen au chant et de chœurs à n’en plus finir. Et comment leur donner tort lorsque l’on voit qu’Epicloud n’était qu’une redite un peu pâle d’Addicted, que Sky Blue semblait dans la même veine et que Dark Matters changeait un peu la donne, mais lorgnait fortement vers un Deconstruction en plus digeste ? Bref, Devin Townsend commence à tourner en rond et il est grand temps de changer. C’est donc avec curiosité que l’annonce d’un nouvel album, composé davantage en groupe, a été prise. Son nom : Transcendence,  et il est vrai que l’album possède une couleur à la fois nouvelle et terriblement familière.

Nouvelle car pour une fois, les autres membres du groupe ont davantage participé à l’écriture de l’album. C’est simple, sur la majorité des titres, tous les membres sont crédités à la composition et cela se ressent sur les morceaux. La place des soli de guitares se fait plus importante, que ce soit sur "Stormbending", "Failure" ou "Secret Sciences", ce qui en surprendra plus d’un. Les morceaux s’avèrent en général plus mélancoliques aussi, plus lents et lourds à l’image de "Failure" à la fois martial dans sa rythmique et doté d’un refrain extrêmement mélancolique. On pourra citer l’excellent "Stormbending" qui possède aussi ce contraste entre des moments très lancinants et un solo de guitare presque joyeux. Une réussite. A l’image de ces deux compositions, "Secret Sciences" ne se laisse pas apprivoiser tout de suite avec ses lignes alambiquées et sa relative lenteur. Pourtant, les mélodies restent très facilement en tête et font parfois penser davantage à l’époque du Devin Townsend Band qu’aux années récentes. Cette idée de travailler en groupe se voit même dans la présence moins marquée des voix féminines, utilisées à bon escient sur "Transcendence" et "From The Heart".
Pour autant, on ne changera pas le Canadien et certains tics de composition resteront toujours présents. Que ce soit l’envie de remettre au goût du jour un vieux morceau, cette fois-ci "Truth" d’Infinity, ou de mettre le paquet au niveau des couches de sons. Parfois cela marche très bien comme sur la géniale "Higher", morceau complètement hallucinant passant d’une intro acoustique fleur bleue à une série de montagnes russes cauchemardesques ponctuée de coups de butoirs et de hurlements pour déboucher sur un final grandiloquent où Devin Townsend nous éclabousse de sa classe. Mais par moment, cette présence des chœurs et des couches sonores devient lourde comme sur la positive "From The Heart". Et même si la deuxième partie de l’album possède ses moments de bravoures avec la très enlevée "Offer Your Light" et son refrain démentiel, ou la plus aérienne "Transcendence", le reste s’avère plus anecdotique. "Stars" reste un morceau assez convenu pour le Canadien et "From The Heart" sympathique, mais un peu rude en fin d’écoute. Petite surprise, la reprise finale de Ween, "Transdermal Celebration", constitue une réussite. Enfin, pour être tout à fait complet, la production de l’album est impeccable, une des meilleurs du groupe.


Transcendence, malgré ses tics de composition parfois agaçants, est un album loin d’être parfait mais terriblement attachant. Contrairement aux précédents disques assez directs, le Devin Townsend Project nous livre ici une œuvre qui se laisse apprivoiser avec le temps, montrant que le groupe peut aussi fonctionner lorsque le Canadien se met davantage en retrait et nous laisse espérer qu’à l’avenir Devin Townsend  sortira davantage de sa zone de confort.
P.S : Il y a un deuxième disque intitulé Holding Patterns, plus direct, qui lui aussi possède d’excellents morceaux notamment les quatre premiers. Apparemment, ceux-ci ne rentraient pas tout à fait dans l’ambiance générale de l’album. Dommage !



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 5 polaroid milieu 5 polaroid gauche 5