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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 02 mars 2017
Sa note : 12/20

LINE UP

-Renato Gallina
(chant+guitare)

-Jason Kells
(guitare)

-Matthew Skarajew
(basse)

-Paul Mazziotta
(batterie)

Ont participé à l'album :

-I'da
(chant sur "Nightside of Eden")

-Tony Mazziotta
(contrebasse sur "Cerulean Transience of All My Imagined Shores")

TRACKLIST

1) The Tree of Life and Death
2) Your Prophetic Throne of Ivory
3) Excoriate
4) Nightside of Eden
5) A Burial at Ornans
6) The Spirit of the Tall Hills
7) Cerulean Transience of All My Imagined Shores

DISCOGRAPHIE


Disembowelment - Transcendance into the Peripheral



Yooooooooo. Yaaaaaaaaa. Ooohhhhhhh. Vous connaissez bien ces onomatopées qui sortent naturellement de la bouche lorsque la section rythmique frotte une corde sensible en nous, non ? Il se trouve que Disembowelment possède – possédait, devrais-je hélas dire – un master en Wooooooooo, spécialisation doom-death. Et un doctorat en Heeeeeeeeee. Des cerveaux, que c’étaient, ces petits gars.

Et ils ne payaient pas de mine en plus, avec leur look de groupe label 4AD. D’ailleurs, m’est avis qu’ils en écoutaient, des groupes de 4AD, vu la teneur de "Nightside of Eden", "The Spirit of the Tall Hills" et "Cerulean Transience…". C’était d’ailleurs ça, la spécificité de cet éphémère projet qui renaîtra vingt ans plus tard sous le nom de d.USK puis Inverloch : alterner les yoooooooooo avec des choses toutes légères. La combinaison caverne/cieux, quoi. Une sorte de Shape of Despair avant l’heure. Avec de grosses nuances tout de même : pas de claviers, peu de chœurs et des mélodies bien plus axées new-age et trip tribal. Ah, et autre grosse différence : l’utilisation parcimonieuse mais significative du blast. Du coup, la comparaison avec Shape of Despair est foireuse ? Un peu, mais on attire le chaland comme on peut. Transcendance into the Peripheral peut se targuer d’être l’un des albums les plus lourds du doom-death du début des nineties et l’un des plus originaux également. Pas le meilleur malheureusement, la faute à des titres trop longs et un peu approximatifs, "Your Prophetic Throne of Ivory" en tête, où la combinaison sombre/clair est assez mal posée.
Le même diagnostic peut-être émis pour "The Spirit of the Tall Hills", et "Excoriate" donne dans le brutal death pas folichon. À vrai dire, seuls les titres issus de l’ep Dusk possèdent la cohérence requise : l’excellent "The Tree of Life and Death" d’une lourdeur impressionnante, le funeral "A Burial At Ornans" - avec un nom pareil forcément... - et l’extatique "Cerulean Transience…". Et encore : la production leur a enlevé une partie de leur aspect massif. Ça me rappelle la blague de la femme accouchant d’un bébé se réduisant à une simple oreille. La mère murmure des paroles d’amour au maigre fruit de ses entrailles, mais le docteur lui lance un « Vous fatiguez pas, il est sourd ! » Vous me demanderez donc « Si tu n’aimes pas l’album, pourquoi tu le chroniques, tronche de cul ? » Pourquoi ? Parce que d’abord, par principe, le metal australien, c’est bien. Ensuite parce que malgré toutes ses imperfections, Transcendance into the Peripheral jette les bases d’un mélange musical Enfer/Paradis qui enverra au septième ciel un nombre important de fans par la suite.


Disembowlement avait fait très fort avec Dusk, mais le passage au grand format n’est pas réussi et ce Transcendance Into the Peripheral est rempli d’approximations. La flamme sacrée habitant les musiciens a dû s’éteindre entre temps et le groupe ne sortira d'ailleurs pas de second long format. Il m’empêche que les titres présents sur l’ep sont excellents et que l’on tient ici des pionniers méconnus du doom-death mystique. Rien que pour ça : respect éternel.


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