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CHRONIQUE PAR ...

42
Wotan
Cette chronique a été mise en ligne le 07 mars 2008
Sa note : 16/20

LINE UP

-Beatriz Albert
(chant)

-Rubén Villanueva
(guitare)

-Javier Jiménez
(guitare)

-Diego de Francisco
(claviers)

-Daniel Melián
(basse)

-Iván Ramirez
(batterie)

TRACKLIST

1)If Only ...
2)Ecstasy
3)So Close, So Far
4)Endless Road
5)Sincerely
6)True Friendship Never Dies
7)We’re Here Now
8)Redemption
9)For You
10)Enough Is Enough
11)Out in the Cold
12)When the City Is Quiet
13)A Merced de la Lluvia

DISCOGRAPHIE


Ebony Ark - When The City is Quiet



Quand un groupe sort un disque intéressant dans un genre saturé de groupes de niveau moyen (pour rester poli), c’est toujours une bonne surprise. Ebony Ark n’est pas un énième clone officiant dans le metal symphonique ou le metal gothique, mais plutôt une révélation, qui avait déjà prouvé qu’elle possédait un certain potentiel avec Decoder, en 2004. Un changement de label et de line-up plus tard (remplacement des postes de batteur et claviers), le jeune groupe ibérique sort When the City Is Quiet, aux qualités indéniables.

Plutôt que d’être une copie de groupes à la mode dans le milieu du metal symphonique, Ebony Ark signe une musique personnelle et à l'identité forte. Le groupe ne bouleverse pas les bases du style, ce n’est ni sa prétention ni son propos, mais sa reprise d'éléments fondateurs du genre pour les intégrer à ses compositions donne un résultat excellent. Son mélange de power/metal symphonique aux accents progressifs est redoutable et place le groupe aux cotés d’After Forever ou Madder Mortem. Sans jamais tomber ni dans le pompeux, ni dans le mielleux, les 13 titres qui composent cet album sont diablement efficaces et dynamiques, et terriblement heavy. Que ce soit des mid-tempos bien lourd, des ballades pleines d'émotion ou encore des chansons pop teintées de claviers vintage, le groupe varie son propos et excelle dans chaque genre, pour notre plus grand plaisir.

Reprenant autant des ficelles du genre gothique – claviers omniprésents sans être envahissants, certaines lignes de chant, orchestrations – que du power metal – riffs incisifs, surtout comparé à Decoder sur lequel les guitares sont plus en retrait, rythmique bien puissante -, chaque composition de l’album est un titre immédiatement accessible, tout en recelant une foule de détails, et plusieurs écoutes sont nécessaires au final pour appréhender pleinement les chansons. Que ce soit le très bon refrain entraînant de "If Only ...", les claviers vintage sur "Redemption", les clochettes sur "We’re Here Now" ou plus généralement, les compositions complexes et recherchées ou les sonorités discrètes du clavier, une multitude de choses se cachent sous les mélodies enivrantes de l’album. En effet, sans parler de metal prog pur et dur, le groupe intègre quelques éléments progressifs dans sa musique. Pas de démonstration technique, mais juste des sonorités 70s au travers des claviers, des passages en décalage complet avec le reste de la composition (comme ce court plan blues débarquant sur "Out In The Cold", surprenant mais faisant son petit effet) ou plus simplement au travers de la structure des chansons.

Une partie de l'identité d’Ebony Ark provient du chant de Beatriz Albert, une chanteuse polyvalente et puissante comme il en existe peu dans le genre. Sans contestation possible, elle possède sa place parmi le podium des chanteuses de metal féminin aux cotés de Floor Jansen. En solo sur l'intégralité de l’album (excepté le chant death sur "We’re Here Now"), sa voix puissante enchante, rugit et s'apitoie, selon les humeurs. Versatile, elle est capable aussi bien de chanter telle une rockeuse en furie ("If Only ...") que de faire du lyrique (sur l’excellent "When the City Is Quiet", le plus sombre et symphonique des titres). Quand elle se calme pour se faire douce et émotionnelle, elle ne tombe jamais dans le trop plein et dose parfaitement ses sentiments. "Sincerely" en est le plus parfait exemple, cette power-ballade en crescendo est un instantané des talents de Beatriz, pour se terminer sur une partie joliment émouvante, avant l’explosion finale qui vous laissera pantois.


Un conseil: prenez le temps de déguster ce When the City Is Quiet, afin de bien vous imprégner de ces refrains enivrants et accrocheurs, ces mélodies entêtantes et ce rythme lourd. Maîtrisé et personnel, ce second album d’Ebony Ark est sans conteste la preuve qu’une écriture personnelle de genres mille fois visités est possible. Le groupe navigue avec aisance dans le genre et se moque des modes pour nous proposer sa vision de la musique, vision agréable s'il en est.


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