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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 27 août 2017
Sa note : 8/20

LINE UP

-John McEntee
(chant+guitare)

-Chuck Sherwood
(basse)

-Kyle Severn
(batterie)

TRACKLIST

1) Muse
2) Rites of the Locust
3) Visceral Hexahedron
4) The Horns of Gefrin
5) Incorporeal Despair
6) Xipe Totec
7) Lus Sepulcri
8) Stormgate Convulsions from the Thunderous Shores of Infernal Realms Beyond the Grace of God
9) Messiah Notrum
10) Omens to the Altar of Onyx
11) Ancients Arise

DISCOGRAPHIE


Incantation - Profane Nexus
(2017) - death metal doom metal sans génie - Label : Relapse Records



Dure vie que celle du chroniqueur : nombreux ont déjà été les papiers dont l’introduction évoquait le syndrome de la page blanche. Et celui-ci risque bien de s’ajouter bêtement à la pile sans rien apporter. Pourtant, de telles « afflictions » ne sont-elles pas à imputer d’abord à l’artiste dont il est question ? N’est-ce pas d’abord parce que sa musique a suscité l’indifférence ou tourne tellement en rond sans être pour autant exceptionnelle que rien ne vient à l’esprit de l’auditeur chargé de disserter à son propos ? Nul besoin de relancer le débat opposant les partisans du changement et de l’immobilisme, mais force est de constater que ce dernier, s’il ne vient pas avec l’excellence ou la médiocrité, ne mène pas toujours aux sabirs les plus inspirés.

Incantation, gros poisson du milieu, responsable de quelques sorties cultes du genre, pas besoin de pousser davantage les présentations, les quelques lignes sur lesdits albums phares le feront très bien. Plus de vingt ans de carrière, dont découle un savoir-faire reconnaissable, et une patte de plus en plus imitée par des groupes n’hésitant d’ailleurs pas à franchir le pont vers le black déjà lancé par la formation depuis ses débuts. Evidemment, tout n’est pas au même niveau dans leur discographie, et les sorties en pilotage automatique n’ont pas manqué, amenant parfois quelques titres de qualité, laissant souvent de marbre pour qui connaît bien le travail des New-Yorkais. Avec une césure de trois ans, les expectations étaient de mise pour un album qui suivait deux autres travaux montrant un groupe revenu en pleine forme après quelques turpitudes dans les années 2000. Et pourtant…Ici Incantation riffe à vide, tente de faire illusion, colle entre eux des passages sans grand rapport ("Muse", qui enchaîne les progressions vues et revues, sans génie, avant de s’embourber dans une fin abominablement lente), collant du doom un peu partout et se reposant sur une production massive ; tout le contraire d’un Vanquish in Vengeance qui en tirait judicieusement parti.
"Incorporeal Despair" en est symptomatique : des power chords prolongés, quelques arpèges dissonants, une basse avec de la reverb, fort bien, mais cela ne va nulle part dans les faits, et ne mérite sûrement pas d’être allongé sur trois minutes. Idem pour l’autre interlude, qui participe lui aussi à un remplissage assez malvenu et atypique. Même tragédie pour les titres qui font la part-belle au visage patibulaire du groupe : que ce soit "Xipe Totec" ou "Rites of the Locust", qui sonnent vains, avec des riffs éculés au possible, qui fleurent la panne d’inspiration à des kilomètres, en plus de cruellement manquer d’efficacité. Les rares leads parsemant l’ensemble n’éclaircissent en rien le tableau, comme le montre bien un "Visceral Hexahedron" qui ne parvient toujours pas à captiver correctement, malgré une accélération correcte, bien vite noyée dans d’autres éléments affligeants de banalité. Bien que l’aspect blasphématoire soit toujours de la partie, avec un McEntee désormais bien à l’aise dans son rôle de vocaliste, tutoyant les Pillard et autres Corchado, il ne transparaît réellement que sur les trois derniers morceaux, les seuls à se sauver de ce pseudo-marasme.


En trois ans, Incantation a donc composé un EP de moins d’un quart-d’heure complété par du death d’ascenseur vaguement occulte et quelques interludes inutiles. Un constat inquiétant, qui déçoit forcément alors que le groupe était revenu sur le devant de la scène de belle manière. On se contentera donc de ranger piteusement Profane Nexus aux côtés de Decimate et The Infernal Storm, et d’attendre patiemment quelque chose de meilleur, en profitant des nombreux clones qui auront fait, sans grande difficulté pour le coup, mieux que l’original.



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