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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 17 décembre 2017
Sa note : 17/20

LINE UP

-Tom Whitty
(chant+guitare)

- Al Llewellyn
(chant+basse)

- Matt Unsworth
(batterie)

TRACKLIST

1) Of Mice and Mountains
2) This Is Fire!
3) Iron Strengthens Iron
4) Traitors in the Palace
5) To End All Flesh Before Me
6) Backbreaker
7) All the Devils Are Here
8) Nothing Seems Right

DISCOGRAPHIE


Dyscarnate - With All Their Might
(2017) - death metal - Label : Unique Leader Records



Dyscarnate revient en cette année 2017 qu’il entend marquer par un disque qui, s’il n’était pas attendu, risque de durablement frapper les esprits. Ou comment offrir une ode à la puissance et à la brutalité, avec une maîtrise impressionnante. Vous voilà prévenus.

Le trio britannique qui avait éveillé l’intérêt des amateurs de bestialité avec la sortie de leur deuxième album, And So It Came to Pass, a décidé de garder le même esprit destructeur tout en faisant évoluer sa musique sur bien des points. Œuvrant toujours dans un registre death moderne, les Anglais ont affiné leurs compositions qui deviennent de véritables brûlots. Le single paru cet été, "Iron Strengthens Iron", annonçait d’emblée la couleur. Le groupe n’est pas revenu pour amuser la galerie. La violence dégagée par ce titre, avec un riff somme toute assez simple mais bougrement efficace, a fait naître de nombreux espoirs quant à la qualité de With All Their Might, qui ne seront pas déçus. Bien au contraire. Le trio a décidé de regarder dans le rétroviseur et de nombreux passages évoqueront des souvenirs tout droit issus des années 1990 et 2000. L’on songe en effet aux grands noms du metal de cette période, à commencer par Pantera. Le groove insufflé dans les titres provient certainement de cette inspiration. N’allez cependant pas imaginer que Dyscarnate se soit ramollis. Il pratique toujours une musique aussi virulente que possible. Gojira pourrait également être invoqué, mais dans une version débordante de testostérone, sans oublier Misery Index ou Dying Fetus. Voire Meshuggah sur "This Is Fire!" L’une des grandes qualités de la formation est de se servir de ses influences pour élaborer des morceaux personnels, sans tomber dans le plagiat stérile.
Mêlant death, groove et passages fleurant bon le hardcore hargneux, Dyscarnate parvient à confectionner des titres qui ont pour dénominateur commun l’intensité. Pour qui n’est pas allergique au mélange des genres, il se pourrait fort bien que ce troisième opus devienne une référence, tant le groupe parvient à agglomérer ces divers éléments dans une symbiose parfaite. Privilégiant le mid-tempo, les Britons entendent éclater la figure des imprudents qui oseraient se frotter à leurs méfaits. À grand renfort de riffs en béton armé, ils annihileront aisément toute résistance. Difficile en effet de ne pas être impressionné par l’énergie et la robustesse de l’ensemble. "To End All Flesh Before Me "ou "All the Devils Are Here", pour ne citer qu’elles, sont des odes à la violence. Peu de temps morts ici, mais une musique directe et spontanée. Rien d’alambiqué, juste des passages qui font l’effet d’un uppercut en plein visage. L’agressivité omniprésente est telle que l’auditeur est submergé par un déluge de rythmes et de notes qui ne lui laisseront aucune seconde de répit. Comme sur leurs sorties précédentes, les vocaux graves de Tom Whitty sont associés à ceux plus aigus du nouveau-venu, Al Llewellyn. La complémentarité des deux chanteurs est réellement palpable et constitue une plus-value non négligeable pour des compositions pourtant déjà abouties. Quant au son, il est vraiment impressionnant. Jacob Hansen qui s’est chargé du mixage et du mastering a réalisé un excellent travail qui rend justice aux morceaux des gars d’Horsham.

Dyscarnate est un groupe qui figurera sans nul doute parmi les bonnes surprises de l’année 2017. Les intégristes du death, hermétiques à tout apport extérieur ne supporteront assurément pas cet album. Les autres prendront quant à eux un plaisir immense à se faire molester comme il se doit. Et espéreront avoir la chance de se faire brutaliser en live, imaginant le chaos et la bagarre que les trois anglais initieront, à n’en point douter.


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