17896

CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 02 avril 2018
Sa note : 14/20

LINE UP

-Tommy Carlsson
(chant+basse)

-Jimmy Lundqvist
(guitare)

-Pontus "Penki" Samuelsson
(guitare)

-Martin "Fjalar" Michaelsson
(batterie)

TRACKLIST

1) World Inferno
2) Condemned to the Grave
3) Serial Murder (Death Squad)
4) The Soul Collector
5) Dead and Buried
6) Insane Slaughter
7) Into Eternal Fire
8) Suffer
9) The Hour of the Casket
10) The Blood Breed

DISCOGRAPHIE

Raging Death (2013)
Obliteration (2015)
World Inferno (2017)

Entrails - World Inferno
(2017) - death metal aux accents thrash - Label : Metal Blade Records



Ils sont vieux et ils transpirent la Suède et le death. Entrails a vécu une résurrection il y a quelques années façon mort-vivant. Visiblement, sous terre, il n’était pas au courant que le monde avait changé. Comment ça on enregistre en numérique ? Comment ça le death metal a évolué ? Que nenni ! Le monde des morts se refuse à tout ça et c’est l’Enfer que le groupe promet à vos haut-parleurs. Dans tous les sens du terme !

Entrails a ce côté fascinant des groupes old-school. Bloqués dans une spirale infinie, nos musiciens semblent complètement imperméables au monde musical qui les entourent. Au-delà du style étiqueté, c’est le son de la galette qui va faire crisser des dents. Si vous ne supportez pas les bruits de perceuse de vos voisins le dimanche après-midi, passez votre chemin. Rarement les guitares n’ont été aussi dégueulasses. Comment est-ce possible, avec le matériel d’aujourd’hui, de produire un son aussi affreux ? Ce n’est plus de la nostalgie, c’est du masochisme! Peut-être que le groupe, frustré de ne pas avoir pu participer à la scène de Stockholm dans les années 90 (ils n’étaient pas parvenus à enregistrer le moindre album à l’époque) ont-ils, par fétichisme, récupéré une vieille console de mixage d’époque, où se mêlent poussière, tâches de gras et relents de bière ? Heureusement, la pauvre qualité du son concerne surtout les guitares rythmiques (et donc la basse, qui paraît inexistante). Mais vous êtes prévenus : quand les riffs de guitare se lancent seuls, sans batterie, cela a l’effet d’une râpe à fromage. Si vous êtes ouverts aux expériences extrêmes, vous pouvez passer au second paragraphe.

On l’aura compris, Entrails est réservé aux véritables fans du genre, capables d’endurer (voire d’apprécier ?!) un son venu d’outre-tombe et que l’on préfèrerait avoir oublié. En faisant abstraction de tout cela, que reste-t-il ? Un bon album. Comme quoi, tout est possible... Tel un film tourné caméra à l’épaule qui donne la gerbe, World Inferno a son charme. Moins death old-school qu’auparavant, avec des accents thrash appuyés, le groupe propose une musique un poil plus moderne. Le chant est particulièrement réussi et participe beaucoup au plaisir de l'écoute. Les quelques leads de guitare sont bien trouvés et apportent mélodie et efficacité. Car on peut vanner Entrails sur son passéisme musical et sonore, mais le groupe sait composer des morceaux. Les musiciens bossent avec une belle synergie et la musique se révèle accrocheuse. Agressivité, vitesse, maîtrise du tempo, chant percutant... Même si la galette ne restera pas dans les annales, elle mérite son écoute et se découvre plus agréable que prévue. Les qualités des compos parviennent (presque) à faire oublier la prod'. Un beau tour de force ! L’ambiance, moins glauque que dans leur précédent effort, fait dans la maison hantée… Et finalement c’est ce qu’on retiendra de cet effort : c’est bien écrit, mais quel son dégueulasse !

Avis aux courageux : Entrails nous propose un album de death/thrash bien foutu. N’y cherchez pas d’originalité, mais un bon moment à passer. Énergique et efficace, ce World Inferno fonctionne et sait nous transmettre son énergie. Une fois qu’on arrive à accepter de torturer nos enceintes, c’est une bonne surprise qui nous attend. Alors, si vous faites le malin en disant que le metal c'était mieux avant, il est temps de prouver votre valeur... Allez m'écouter Entrails et prenez votre pied en regardant vos photos de vacances de Stockholm.


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6