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CHRONIQUE PAR ...

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Cosmic Camel Clash
Cette chronique a été mise en ligne le 16 mars 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Thomas
(chant)

-Yann
(guitare)

-Nick
(piano+arrangements)

TRACKLIST

1)À contre-coeur
2)Dans une autre vie
3)Les 9 vies du chat
4)Sans conséquences
5)Ensemble
6)Érotique
7)La pluie et le beau temps
8)Pour toujours
9)Passionnément
10)Troubles
11)Ouvre les yeux

DISCOGRAPHIE


Vicki Vale - La vie après l'amour
(2008) - chanson musique classique - Label : At(h)ome



Une guitare toujours acoustique. Un chant doux. De fins arrangements de piano et de violoncelle. Un recueil de chansons sombres et désespérées, basées sur la rupture amoureuse et les regrets. Une totale absence de violence musicale... « mais qu'est-ce que ce groupe fait chroniqué chez les Éternels ? » vous demanderez-vous. La réponse est à trouver du côté des membres : Vicki Vale est en effet le side-project commun de Thomas d'AqME (chant) et de Yann de Mass Hysteria (guitare), qui ont visiblement décidé de délaisser la saturation le temps d'un album tout en nuances.

Vicki Vale est une formation de musique calme et introspective comportant les deux musiciens cités dans l'intro ainsi que Nick McRoberts, multi-instrumentiste, arrangeur et chef d'orchestre de son état. Le résultat musical est très réussi : les arpèges de Yann se mêlent à des thèmes aux cordes et au piano qui donnent à chaque titre une profondeur et une finesse certaines. Les bonnes mélodies vocales viennent brillamment compléter le tout, Thomas n'appuyant presque jamais son chant et restant dans un registre voilé qui colle parfaitement et renforce le côté cinématographique du tout. La mélancolie est bien sûr prépondérante : l'ambiance de "Dans une autre vie" rappelle la bande-son de La Leçon de Piano, le violoncelle de "Sans conséquences" et la manière dont le tout se répète sans cesse rend le titre lourd et lancinant, presque hypnotique... tout en étant de plus en plus riche car même si le thème central ne bouge pas, chaque nouveau couplet voit de nouveaux instruments s'ajouter. Cette approche "à la Boléro de Ravel" est d'ailleurs reprise sur l'énergique "Troubles" : cette compo plus catchy que ses consoeurs part d'un riff dépouillé de guitare acoustique pour terminer bardée de cordes et de piano lors d'un final saisissant.

Cette finesse constante des arrangements (merci Nick) permet à La vie après l'amour de se hisser sur le haut du pavé : les arrangements de cordes sur "Érotique" collent le frisson (ceux qui connaissent "Harbor" sur Host de Paradise Lost pourront se faire une idée), l'alchimie entre les arpèges, les cordes et la mélodie vocale bien trouvée des "9 vies du chat" est parfaite... il n'y a donc au final que les textes pour gâcher le tout. Car Thomas reste égal à lui-même, et se montre capable d'aligner des paroles recherchées à un moment et de gros clichés simplistes le moment d'après. Au rayon réussites il y a "La pluie et le beau temps", métaphore filée bien trouvée et bien menée qui lie amour et météo... au rayon échecs il y a ces phrases prises ça et là au fil de l'album, phrases qui foutent parfois en l'air l'émotion dégagée par leur côté bateau. Quelques exemples :

« On croit tout savoir l'un de l'autre, mais en fait on ne sait rien. »
« Trop d'amour tue l'amour, mon amour. »
« Tu voulais être dans ma tête, mais j'aimerais que tu n'y sois plus. »
« Des larmes coulent de tes yeux, tu ne me verras plus. »

Le thème général des textes finit également par être étouffant : on sait depuis AqME que Thomas a visiblement des démons à exorciser niveau ruptures amoureuses, mais à force de l'entendre se lamenter sur le fait que ça finit toujours par foirer on sature. Heureusement que quelques chansons se placent sur un autre plan, comme "Ensemble" qui traite du désir de continuer, ou "Érotique" qui se passe d'explications. Le décalage entre la beauté de la musique (lignes vocales comprises !) et la pauvreté chronique des paroles reste vraiment frustrant et ternit l'album.


La vie après l'amour est un bel album auquel on aurait aimé mettre une super note. Chacune des pièces musicales est belle, profonde, hypnotique, fine... mais les textes ont beau être plus chiadés que chez AqME, ils ne sont pas à la hauteur du reste. Il en résulte donc un album que l'on aurait pu se repasser inlassablement, mais qu'on se contentera de mettre de temps en temps pour profiter de ses formidables ambiances.


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