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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 26 février 2019
Sa note : 18/20

LINE UP

-Andreas März
(chant+guitare)

-Nicolao Dos Santos
(chœurs+guitare)

-Raoul Zillani
(chœurs+basse)

-Christian "Cassiel" Schmidt
(piano+batterie)

TRACKLIST

1) The Silver Apples Of The Moon
2) Sea Foam Empyrean
3) Saturnalia For Posterity
4) Wolves & Seagulls
5) Where My Vessel Dwells
6) Spheroid Nine
7) The Altstadt Abyss

DISCOGRAPHIE


Steorrah - The Altstadt Abyss
(2018) - death metal progressif et expérimenal - Label : Fastball Music



Chaque année, je découvre un album perdu, un peu bizarre, que personne n’écoute et qui, pourtant, est magistral. Or, quand on cherche des reviews de Steorrah, on ne trouve pratiquement rien. Ou alors, c’est en allemand [ndlr: ce qui peut se concevoir compte tenu de l'origine du groupe]. Bien que je parle (un peu) la langue de Goethe, ce n’est pas très rassurant pour la renommée du groupe... Steorrah nous apporte pourtant une pépite avec son troisième opus, The Altstadt Abyss (Altstadt signifiant « vielle ville » en allemand). Petite perle de death metal progressif perdue au milieu des pages de Bandcamp, vous allez devoir écouter ça d’urgence !

Qualifier la musique de Steorrah de death metal progressif serait leur faire offense. Le lecteur imaginerait du death metal à rallonge, alors que The Altstadt Abyss est avant tout expérimental. C’est ainsi qu’il faut prendre le terme de progressif. En effet, la musique des Allemands possède une base death, avec des riffs heavy et du growl. C’est le ciment des morceaux. Mais l’ensemble réserve tant de surprises qu’on ne peut les réduire à cela. L’albums e révèle être un voyage étrange qui nous emporte là où l’on ne l’aurait pas imaginé. On ne va pas se mentir, aux premières écoutes,on se sent bousculé, voire perdu. Les changements de cap sont fréquents et parfois brusques, plongeant l’auditeur dans l’angoisse. Et de l’angoisse, Steorrah en a à revendre. Les ambiances sont glauques, poisseuses et sombres. Cela permet de lier les morceaux et leurs différentes parties. Car malgré la grande variété de passages que le groupe propose, tout reste cohérent. Et pourtant, il y a de quoi faire: passages jazzy, orientaux, oraison funèbre, piano… Les Germains utilisent tous les moyens à leur disposition pour nous plaire.

Les musiciens jouent en parfaite osmose sur cette réalisation. Basse,guitare, batterie, piano, chant… Tous sont là pour se compléter. Si l’un est mis en avant, c’est pour la bonne cause. Le chant, un peu particulier, ajoute une épice supplémentaire, convenant parfaitement aux étranges ambiances développées. Ce sont peut-être les guitares que l’on remarquera le plus au final. Leur variété est appréciable. Envolées lyriques, des arpèges saturés, des riffs heavy: le panel est large. Le tout est porté admirablement par le son créé pour l’enregistrement. On entend très bien les différents instruments et les guitares ont un côté rétro qui donne une patte singulière à The Altstadt Abyss. Cela participe de son côté unique. On pense parfois à quelques groupes: Code et son album Mut pour les ambiances et les arpèges saturés, My Own Private Alaska pour l’instrumental au piano "Spheroid Nine". Il y a pire comme références ! Steorrah maîtrise à merveille le rythme de son œuvre, alternant passages calmes et énervés. À l’image du dernier morceau, plus dynamique, qui enchaîne après une séquence au piano. À la fin du recueil, point de lassitude : on veut le réécouter.

The Altstadt Abyss a tout de l’album que vous allez adorer. Non seulement, il est génial de bout en bout, avec une atmosphère unique et une personnalité très affirmée mais en plus vous serez le seul (ou presque) à l’écouter. Cela vous donnera d’autant plus une raison de vous extasier en soirée en vous écriant, accablé: « Tu ne connais pas Steorrah ?! Et leur album The Altstadt Abyss ? C’est un chef d’œuvre ! »



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