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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 29 janvier 2020
Sa note : 20/20

LINE UP

-Pénélope "Lucia" Ladurée
(chant)

-François "Walran" Blanc
(chant+claviers)

-Vincent "Rosarius" Tassy
(chant+guitare+claviers)

-Florent "Célin" Castellani
(basse)

-Ronnie Scarnato
(batterie)

Ont participé à l'enregistrement:

-The Funeral Choir
(chœurs sur "A Romance of Thorns")

-Delfine R. MacKinnon
(chœurs+harpe sur "A Romance of Thorns")

-Catherine “Cathy” Arquez
(violon sur "Drowned Divine" et "Que les Lueurs se Dispersent")

-Ségolène Perraud
(flûte sur "Dreams (Along the Trail)")

-Céline Vernet
(flûte sur "Sur les Sentiers de Lune")

-Thierry Plet
(flûte sur "A Romance of Thorns")

-Gunnar Ben
(hautbois sur "A Romance of Thorns")

-Mathieu Vigouroux
(violoncelle sur "A Romance of Thorns", "Drowned Divine" et "Que les Lueurs se Dispersent")

TRACKLIST

1) A Romance of Thorns
2) Dreams (Along the Trail)
3) Drowned Divine
4) Blood for Lavina
5) Sur les sentiers de lune
6) Que les lueurs se dispersent

DISCOGRAPHIE


Angellore - Rien ne devait mourir



Gabriel. Je n’ai pas été un bon garçon. Entre toi et moi, le découragement m’a souvent gagné. Ce monde est à mon image. Ou pire encore. Ton soutien m’est précieux. Alors le fait que tu m’aies susurré une troisième fois un nom de plus en plus magnifique me remplit d’allégresse. Elle est sans doute la plus douée de tes élèves, Angellore.

Angellore. Elle est la plus belle. L’âge l’a rendue sombre. Tourmentée même. Je la sens écorchée vive, souffrante, en proie à de vives passions. Elle n’en est que plus resplendissante. Je l’avais quittée adolescente et maintenant… Sa beauté ombrageuse lui a causé bien des tourments. Tout était déjà écrit à la fin de La Litanie des Cendres. "Moonflower". La Fleur de la Lune - ton astre, Gabriel, ton cher astre - écrivait le prologue de sa nouvelle splendeur. Mais il ne s’agissait que de ça. Un prologue.
Bien malin celui qui aurait deviné à quel point elle allait s’affermir. La vie s’est chargée de transformer son doux caractère. Le chagrin des nuits sans sommeil, l’atmosphère de fin du monde, l’incompréhension, la déception, la trahison… Tu sais de quoi je parle. Maintenant, on a peur de ses accès de colère. Ses servants, Rosarius, Walran, Ronnie, Celin et Lucia ne sont pas trop de cinq pour la maîtriser. Et même ainsi…
Revêche, par moments. Désespérée, parfois. Violente, éventuellement. Exaltée, toujours. Et délicate, même quand elle devient rugueuse. Elle inscrit en lettre de feu, de sang, de larmes et d’amour une devise à sa porte. Rien ne devait mourir. Une devise qu’elle chantera de sa voix haut perchée ou qu’elle éructera comme le pire d’entre nous. À sa guise. Imprévisible. Tantôt lente à en désespérer, tantôt agressive en mode cavalcade post-black, elle se joue des difficultés musicales communes et montre la magie de sa mue au monde stupéfait. Angellore n’est plus le parangon d’un gothic doom death prêtant aux douces rêveries. Angellore est un fouet qui claque et vous embrasse en même temps.
Inspirée par des sentiments contradictoires, elle se veut même originale. Elle parcourt les rues des villes proches sous le nom de Lavinia la Gothique. Ceux qui ont osé rire de cette facétie le regrettent amèrement. Quel que soit le nom qu’elle choisisse, Angellore, la pourfendeuse des mécréants, exige qu’on la prenne au sérieux. Certains la trouvent trop raffinée, trop théâtrale. Qu’ils aillent renforcer le rang des barbares. Leurs bouches parfaites ne savent prononcer que des mots vides, même pas dignes de pirates édentés.
Elle inscrit en lettre de feu, de sang, de larmes et d’amour une devise à sa porte. Rien ne devait mourir. C’était l’idée initiale. Tout se corrompt, mon Ange. La fraîcheur et la spontanéité, l’authenticité sont immédiatement récupérées et perverties par l’esprit du siècle. Angellore comme rédemptrice. Rien ne devait mourir, c’est l'expansion de tout l’univers contenu dans "Night’s Dew", le mythique titre de Shape of Despair. De l’immensité d’une "Romance of Thorns" de légende recouvrant la totalité du spectre doom à la tendresse suave du francophone "Que les lueurs se dispersent", en passant par le plus taciturne "Drowned Divine", doom jusqu'à la moelle, qu’il faut savoir mériter. La Belle Parole se répandant jusqu’aux confins du multivers.


Le troisième album d’Angellore suggère les plus grand mots de pouvoir que le gothic doom death ne nous ait jamais donnés. D’une ampleur ébouriffante, Rien ne devait mourir est le coup de semonce que j’attendais. Le message aux adeptes du monde d’en bas. Préparez-vous, la guerre n’est pas finie. Et vous allez la perdre.


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