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CHRONIQUE PAR ...

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Demostan
Cette chronique a été mise en ligne le 27 août 2020
Sa note : 17/20

LINE UP

-Petros "Asgardlord" Leptos
(chant)

-Demetris "Spartacus" Demetriou
(guitare)

-Nikolas "Sprits" Moutafis
(guitare)

-George "Stainlesz" Papaioannou
(basse)

-Fotis Mountouris
(batterie)

TRACKLIST

1) Servants of the Elder Gods
2) Assassins of Carthage
3) Disillusions
4) Invoking the Master
5) The Scarlet Citadel (Chronicles of the Barbarian King pt.I)
6) Fyres of Koth (Chronicles of the Barbarian King pt.II)
7) Psionic Transmogrification
8) Instrumental
9) Blestem

DISCOGRAPHIE


Solitary Sabred - By Fire & Brimstone



Sorti chez No Remorse Records le 13 mars de cette année, By Fire & Brimstone est le troisième album de Solitary Sabred, groupe de heavy-power chypriote. Cet opus est assurément plus jouissif et plus abouti que son prédécesseur, Redemption Through Force, album autoproduit déjà qualitatif où le groupe semblait encore fourbir ses armes, car son talent le destinait à des niveaux bien supérieurs…

.. Et nous y sommes ! By Fire & Brimstone m’a séduite dès les premières secondes. D’entrée de jeu, on est happé dans une spirale colorée, d’une diversité renversante. "Servants of the Elder Gods", triomphal d’entrée, nous plonge directement dans le bain, sans faire de manière. Le groupe est au sommet de sa forme, et il nous le fait savoir. Ouvrant sur un rythme troupier, "Assassins Of Carthage" nous offre des riffs droits dans leurs bottes, menés par une voix farouche aux harmonies vocales étendues ; on voit d’ici une armée à l’avancée inexorable, tous glaives levés. Avec "Disillusions", l’album se poursuit sur un rythme plus posé et solennel, appuyé de riffs faisant corps avec une frappe implacable. La guitare, comme une seconde voix aux harmonies ciselées, donne joliment la réplique au chanteur. "Invoking The Master", quant à lui, se pose comme un conte d’épouvante ; la voix rôde et bondit, fidèlement accompagnée par les instruments et les chœurs qui lui apportent du relief. Sans être les parties les plus exubérantes de l’album, car manquant un tantinet de frisson, les morceaux "The Scarlet Citadel" et "Fyres Of Koth" nous retiennent néanmoins au cœur de l’intrigue et en occupent dignement le centre, nous créant ainsi une attente pour la suite… qui n’est en rien décevante, on peut le dire ! "Psionic Transmogrification" apporte en effet une coloration plus étrange et accablante à l’ensemble. Les derniers morceaux ne sont pas en reste ; annoncé par un intermède instrumental, "Blestem" conclut l’album sur une tonalité fataliste et quelque peu assombrie.
En vérité, on peut dire que chaque morceau de l’album apporte sa pierre et ses couleurs à l’édifice, offrant chacun son approche au cœur d’un ensemble cohérent, comme des éclairages jetés sur différentes scènes d’un même vaste et riche tableau. La construction est très maîtrisée, et aucune véritable faiblesse ne vient fausser ou ralentir le déroulement de cet album mené de main de maître, qui se tient avec la cohérence d’un grand conte à rebondissements. De grands noms de groupes me viennent à l’esprit en l’écoutant ; un peu de Maiden, un peu de Judas Priest, un peu de King Diamond. Je pense à Maiden période Dickinson pour le chant d’Asgardlord dans les passages où il se fait conteur fantastique (n’hésitant pas à devenir plus grondant et agressif quand il le faut) ; et je pense à Judas lorsqu’il pousse sa voix, tout en force et en beauté, dans les altitudes, jusqu’à flirter avec des pointes à la King Diamond. Judas, je le retrouve aussi un peu au niveau des instruments, qui nous offrent un pur régal de maîtrise et de musicalité. Au sein d’un même morceau, on est chaviré en permanence par des variations rythmiques parfaitement senties, entre les envolées épiques et des passages plus posés et quasi rampants, presque doom, dignes d’un Candlemass, oserais-je dire.


En réalité, on peut dire qu’à l’image de la pochette, toutes les références, bien que reconnaissables, ont été parfaitement assimilées pour modeler ici une œuvre unique et harmonieusement bigarrée, propre à procurer un plaisir d’écoute complet. Aucun doute pour moi quant à cet album : c’est de la fine crème, digne déjà de figurer au palmarès des plus belles sorties de cette année.





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